La mort en sursis

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Whisper

Pour les Blancs, tout ce qui est humiliant. Pour les autres, ce sera le Patriarche.

61 ans

Masculin

Indépendant

Célibataire


► COMPÉTENCES
• Rituels
2

• Métamorphose
0

• Armes blanches
0

• Armes à distance
0

• Corps à corps
0

• Don 1
Magnétisme

2

• Don 2
Sirène

2

• Don 3
Clairvoyance

1

• Don 4
Projection astrale

1

• Don 5
Umbrakinésie

1

• Charisme
0

• Éloquence
1

• Négociation
1

• Office
2

• Perception
0

• Discrétion
0

• Résistance mentale
0

• Résistance physique
0

• Résistance spirituelle
1

• Chance
0


► PERSONNAGE
• Où vivez vous ?
Cela paraît si loin, désormais. Le soleil caressait la peau des siens et agressait celle des colons. L'on faisait appel à ses services, ainsi qu'à celle de sa famille, pour communiquer avec les Orishas. Et puis un jour, ce fut son tour. Son tour de tout perdre, avant d'être embarqué sur un négrier. Comme tant d'autres.

Depuis, il s'est vengé. Il a tout pris : l'esprit de ses ravisseurs, leur maison, leur rêve. Tant qu'il vivra, ils seront en sursis. Lorsqu'il mourra, tout sera détruit.


• Et la famille ?
Tous morts. Tués par la superstition et par les gueules de feu des colons. Il soupçonne un complot avec certains des siens ; les bokors ne sont pas bien vus de tout le monde. Seul survivant de la trahison, il n'a guère de descendance. Pas d'héritier à qui transmettre son savoir. Tout est perdu.


• Avez-vous bonne réputation ?
Les yeux de la colonie se braquent sur son échine tels des parasites. Les esprits leucodermes lui sont tous plus ou moins hostiles. Qu'y a-t-il de pire qu'un nègre ? Un affranchi. Une créature qui a osé se soustraire à sa condition, et qui se tient là, toute souriante derrière son comptoir, comme leur égal. À vomir.
D'autre part, ses frères et sœurs lui montrent respect et allégeance. Il est le sage, le patriarche, le vieil homme respectable et loyal. Certains se demandent, peut être, pourquoi il ne se montre pas plus belliqueux avec ces Blancs qui ne manquent jamais la moindre humiliation.


• Et la santé, tout va bien ?
En bon apothicaire, Whisper a de quoi se soigner. Mais il sent la vieillesse le rattraper. Ses os le trahissent, ses poumons sifflent. On le voit souvent avec une canne. Ce qui ne l'empêche pas de tirer sur la pipe du défunt père Bartlett - une provocation de plus.


• Dieu et toute la troupe ?
Existe-t-il ou non ? Peut-être, peut-être pas. Toujours est-il que ce "Dieu" est prétexte pour l'humiliation , l'asservissement voire la mort des siens. L'abaissement de sa religion au rang de diablerie.
En bon pragmatique, Whisper se fait bien volontiers passer pour converti. Mais au fond, il pratique encore le vodoun.
Tout son être est dévoué aux Orishas. Aja le guide dans sa quête des herbes médicinales. Il sourit en voyant Oshun s'ébattre dans la rivière. Il dialogue parfois avec Olodumare en mirant le ciel. Les rites ont échappé à sa mémoires ; mais il sait qu'il leur doit toujours une pensée.


• Avez-vous besoin de travailler pour vivre ?
Whisper est désormais le gérant de "Bartlett's", l'apothicairerie de la ville. Il faut bien renflouer ses stocks, acheter des vivres... Se rendre indispensable.


• Quel est son avis sur les gitans ?
Il a déjà eu l'occasion d'en rencontrer, pour affaires. Se méfie quelque peu des Belkhan - maudits ou non. Sourit poliment aux diseuses de bonne aventure. Marginaux ou non, ils restent des peaux claires.


• Quel est son avis sur la tribu indienne ?
Le cercle de feu lui a permis de rencontrer les fils et filles du Grand Esprit. Avec eux, il se montre plus cordial, moins bourru qu'avec les blancs. Sans être des frères à cause du sang versé pour les mêmes raisons, ils demeurent des alliés de poids.


• Se sent-il concerné par la guerre entre les français et les anglais ?
Français ou Anglais, ils restent des blancs. Aucun ne vaut plus que l'autre. Aucun ne mérite d'être sauvé. Mais il sait que les seconds le prendront comme chair à canon si l'occasion se présente.


► MAGIE
• Quel est son avis sur les arts occultes ?
C'est un art qui ne saurait être occulte que s'il est utilisé pour de mauvaises raisons. Les chrétiens,
égocentriques et mégalomanes, ont décrété que ses pratiques l'étaient. S'ils le découvraient, ils l'appelleraient "sorcière".
Plus que familier, Whisper a toujours vécu avec cet art. C'est un héritage. C'est ce qui le rattache à ses racines - et pour rien au monde il ne l'abandonnerait.


• Pratique t-il les arts occultes ?
Poupées maudites et sortilèges. C'est à cela que les chrétiens ont réduit la religion vodoun, pratiquée par le peuple Yoruba auquel Whisper a été arraché. Descendant d'une lignée de bokors massacrée par les colons, il a longtemps réprimé son pouvoir avant d'arriver chez les Bartlett. Toujours fidèle aux dieux Orishas, Whisper s'est spécialisé dans la conception de poisons et de cataplasmes. Un don qui lui a bien servi lorsqu'il a capturé l'âme de sa maîtresse pour lui arracher sa liberté. Rosamund Bartlett demeurera son premier et dernier zombi. L'apothicaire s'est davantage concentré sur les charmes de protection et de dissimulation. Couplés à des poupées ou à des talismans, ils lui ont permis maintes fois d'échapper à la vigilance des inquisiteurs. Après tout, qu'y-a-t'il à craindre d'un ancien esclave...?


• Quels sont ses dons ?
Ses pouvoirs de guérisseur lui permettent de conserver une bonne image auprès de ses pairs, tout comme ses capacités à interagir avec son entourage. Malgré son corps vieillissant, son esprit reste vif. Il peut se passer de ses yeux pour percevoir les ombres, et se détacher de sa carcasse pour dialoguer avec des âmes trop éloignées pour ses jambes. La seule tache d'ombre demeurant ce qu'il a fait à ses esclavagistes, usant entre autre du rare et controversé don de Sirène.


• Fait-il partie d'une lignée de sorciers ou d'un coven ?
Voilà quelques années que Whisper dirige le cercle de feu. Blessé, acculé, le patriarche a retenu les leçons de ses prédécesseurs : ne jamais se montrer belliqueux. Pas ici. Pas maintenant. Alors, il panse les plaies de son refuge à l'agonie, gardant la même pensée protectionniste que ses frères et sœurs. Ce qui ne l'empêche pas de jeter un œil, de temps à autres, aux autres lignées et covens afin qu'aucun d'eux ne complote contre eux.


► STORYLINE

• 1629 : Naissance au Nigeria.
• 1639 : Sa famille, une lignée de bokors, est massacrée par les colons. Il est déporté avec quelques autres survivants sur un négrier et part pour le Nouveau Monde.
• 1642 : Il est acheté par les Bartlett, venus de Warwick Bay pour se trouver des domestiques. On lui donne le nom de Whisper. Passant de main en main au sein de la famille, il redécouvre petit à petit ses pouvoirs. Dans le même temps, il découvre l'art d'utiliser les plantes comme médicaments avec les Bartlett, apothicaires de père en fils.
• 1649 : Le cercle de feu repère et contacte Whisper, qui accepte de les rejoindre.
• 1659 : L'inquisition tue le patriarche, la matriarche et quelques autres membres du coven. Whisper est nommé patriarche et jure de ne plus jamais laisser un tel massacre se reproduire.
• 1670 : Le père Bartlett meurt, laissant son épouse Rosamund seule avec leur fils et l'esclave. La veuve est réticente à rendre sa liberté à Whisper malgré qu'il soit vieillissant. L'esclave commence dès lors à élaborer un plan pour arracher sa liberté.
• 1680 : Le fils Bartlett épouse une fille de Harrisburg. Avant qu'il ne parte, Whisper l’ensorcelle afin qu'il prenne à sa place le retour de force.
• 1688 : Whisper parvient à changer en zombi son ancienne maîtresse, la forçant  signer son affranchissement. Il prend le contrôle de la demeure et de l'apothicairerie.
• 1690 : Ère de jeu actuelle.

18 janvier 1688

Agressée par la lumière du soleil hivernal, la créature demeure affalée sur son dossier. Sa main tremble, hagarde, vers sa crinière grise. Son visage fripé ne rayonne plus. Son regard vitreux fixe la porte tandis que sa tête dodeline à la manière d’un pendule. Dans son crâne, quelque chose a changé. Les griffes élimées de sa conscience rachitique s’accrochent, ripent et cassent, pour ne laisser qu’un vide brumeux. Engeance soumise et pathétique, Rosamund Bartlett toise le boyau de sel qui entoure la table. Frontière infranchissable – et ce n’est pas faute d’essayer.  Ses doigts et ses orteils rougis témoignent de sa lutte contre le sortilège. Ses prunelles striées de sang aussi. Mais l’étau qui peu à peu s’est resserré sur ses membres, lorsqu’elle s’est réveillée, lui a fait payer l’affront fait au nouveau maître de maison.

Poussée du pied, la porte s’ouvre à la volée, cognant contre le mur.

C’est une grande ombre trapue appuyée sur une modeste canne en bois. La tête un peu rentrée dans les épaules, penchée sur le côté. Un grand manteau couvre ses épaules forgées par le travail. Et il y a son regard. Ce regard. Qui fixe et qui jubile dans son petit air faussement interrogateur. L’Amie Bartlett n’arrive même plus à serrer les poings. Les mots qu’elle voudrait éructer à la gueule de cette raclure d’esclave demeurent noués dans sa gorge. Whisper. Le murmure sans nom. Le serviteur traître. La petite vermine. La sorcière… Et le voilà qui s’avance en esquissant un petit sourire en coin. Et de glisser, onctueux, de sa voix rocailleuse et profonde :

« Vous avez vraiment l’air pâle, Mrs Bartlett. Je dirais même pâle comme la mort. Votre voyage s’est bien passé, j’espère. »

Et d’esquisser un rictus devant le regard furibond qu’elle lui adresse. Il pince les lèvres.  La voir ainsi, prisonnière, ne lui procure pas tant de jouissance que ça. Il manque quelque chose. L’ancien esclave s’avance jusqu’à la moribonde. Sa canne fait gémir le parquet. Debout, il reste là à la dominer du regard. Là. C’est un peu plus intéressant.

« Laissez-moi vous raconter quelque chose, Rosamund. Vous permettez que je vous appelle ainsi ? Nous allons être très bons amis, maintenant que vous avez signé ceci. »

De la poche de son manteau, il extirpe une feuille de papier un peu jauni. Avec une lente et sadique délicatesse, il déplie le document avant de tendre le bras pour le montrer.

« Je soussignée Rosamund Bartlett, née Leigh, affranchit et donne la liberté à Whisper, âgé d’environ 60 ans, esclave nègre, en considération de ses services et de sa fidélité. Je me désiste de tout droit de propriété et autorité que j’avais sur lui.

12 janvier 1688. »


Les orbites de la revenante s’écarquillent. L’écriture est authentique, tout comme la signature qui l’accompagne. Crispée sur sa chaise, elle lève les yeux vers Whisper. Furibond, il ôte de sa vue la précieuse missive. Son sourire a disparu, sa mâchoire est contractée de rage.

« Vous n’avez jamais voulu entendre. Vous n’avez jamais voulu voir ce que j’avais amassé pour ma liberté. Alors, il a bien fallu que je vous force un peu, Rosamund. »

Le prénom de la matrone est jeté comme un reste de bile. Il laisse un instant de flottement. Seul le pliage du papier creuse le silence qui étouffe le bourreau devenu victime. Il jubile. C’est sa scène. Alors qu’il était moins qu’un figurant, le voilà protagoniste faisant céder le dramaturge au moindre de ses caprices. Et l’acte ne se terminera que lorsqu’il l’aura décidé. Sans ciller, l’affranchi lui lance un regard terrible sous la broussaille de ses sourcils grisonnants.

« Bien sûr, ce n’est pas tout. Pour vous soumettre, il a bien fallu que je paie. Devinez un peu avec quoi ? »

La lèvre inférieure de Rosamund tremble. Son souffle se raccourcit. Non, il n’aurait pas osé…

« Votre fils… »

Le bâtard.

« Il se pourrait que, dans les prochains jours, il se donne lui-même son châtiment. Mais comme c’est un homme libre, je lui ai laissé le choix entre l’horreur totale et l’ignoble péché. La différence est subtile, je l’admets. Harrisburg en parlera longtemps. »

Il se rapproche encore. Se penche un peu vers elle. L’odeur de tabac emplit les narines de la femme. Elle reconnaît l’ignominie qui se trouve dans la pipe de son défunt mari. Mais c’est un tout autre frisson qui glace son échine.

« Qu’est-ce que ça vous fait, de tout perdre comme ça ? Ça fait quoi d’être trahie ? De devoir rester là, impuissante et sénile comme une vieille chèvre attachée à son piquet. En train de regarder vos proches mourir… En train de regarder vos ennemis tout anéantir. Ne plus avoir le contrôle de sa volonté. Dirigée par un autre. Vous, c’est à partir d’aujourd’hui. Moi, c’est depuis cinquante ans. »

Cinquante ans marqués sur la peau, dans les yeux, dans les os, dans le crâne. Cinquante ans qui ont presque effacé de sa mémoire ses origines couvertes du sang de ses ancêtres massacrés.  Cinquante ans qui ont failli lui faire oublier sa dignité. Cinquante ans sous l’égide des Bartlett, qui l’ont fait passer de main en main comme un objet qu’on jette. Et cette mégère qui n’a pas voulu le libérer, afin qu’il puisse mourir en paix. Le visage criblé d’une haine sirupeuse, il ajoute :

« Vous ne manquerez de rien. Vous regarderez juste ceux que vous aimez se détruire. Vous me regarderez juste piller tout ce que vous avez, comme vous avez volé ma vie. Immobile. Impuissante, jusqu’à ce je vous trouve une autre utilité. Vous crèverez esclave, mais bien traitée. Vous devriez me remercier. »

Un rictus sarcastique termine son monologue. Rosamund le regarde, la bouche béante et édentée, la carcasse tremblante. Quelle chance. Cette morue increvable pourrait aisément passer pour sénile. Whisper aurait aimé ne pas en arriver là. Tant pis pour elle.

« Maintenant, dormez. »

La tête de l’ancienne maîtresse tomba avec lourdeur sur son torse. Déjà, un filet de bave commence à perler à la commissure de ses lèvres. Satisfait, le sorcier contemple un instant son œuvre avant de se glisser, de nouveau, à l’extérieur. Vers la boutique. Sa boutique, où quelqu’un l’attend. Un membre du cercle dont il est le chef depuis bientôt trente années. Le seul genre de personne à pouvoir l’apaiser, au moins un peu. Ils l’ont choisi après la mort de ses prédécesseurs lors de la purge. La vue de ses mentors pendus et brûlés, si ce n’est pire, écorche encore ses rêves. Jamais ils ne referont la même erreur.

Jamais…


► DERRIERE L'ÉCRAN
Cendre

20 ans. Mais je veux toujours pas ranger ma chambre :c

Par magie, évidemment.

Nope !

Contente qu'on soit arrivées à bout de ce forum (et de sa belle mise à jour) ! J'espère qu'on va bien s'amuser ♥

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Le marteau des sorcières

félicitation tu es validé!

Quelle histoire, quelle plume! Cela fait froid dans le dos cette façon de voir à quel point il est facile d'être manipulé et être réduit à l'ombre de sois-même! Ce personnage est haut en couleur, profond comme on les aime, ce Whisper sort totalement du lot et je m'en suis délecté à chaque seconde de lecture! C'est donc officiel, te voilà validé! Je suis très fière de pouvoir l'annoncer après l'attente de cette fiche et n'en suis pas le moins déçu! Je te souhaite un excellent jeu cher co-admin, que tes aventures soient bonnes :3

Maintenant que tu es validé, nous t'encourageons à te rendre sur les liens suivant pour effectuer mes premiers pas sur le forum et commencer à rp! ♥

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