Tant que le loup n'y est pas (Sonja)

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Duncan marche de son pas le plus léger possible entre les arbres. Dimitri a besoin de temps pour se remettre de sa blessure, et il est donc hors de question de le laisser aller chasser seul pour l'instant. De fait, pour l'empêcher de trop grogner, Duncan lui a assuré qu'il allait le remplacer le temps qu'il se remette. Lorsque le gitan fait craquer une branche morte sur son passage, il entend déjà le rire gras et moqueur d'Aleera, affirmant qu'une grosse brute comme lui ne ferait jamais un bon chasseur. Il soupire, grogne sa mauvaise humeur pour lui-même, et s'arrête un instant.

Il ne voit rien dans les environs. Il s'applique pourtant, se répétant tous les bons conseils que Dimitri lui a donné avant de partir. Mais à force de tourner en rond au milieu de la verdure, son impatience finit par le gagner. Le fusil pèse sur son épaule, et la perspective de rentrer bredouille commence à l'agacer de plus en plus. Il serait prêt à tirer sur n'importe quoi pour revenir victorieux. Finalement, ses pas le guident jusqu'à la petite clairière dont lui a parlé Dimitri. Plusieurs fois, il a vu des animaux traîner dans ce coin de la forêt. En constatant que l'endroit est désert, Duncan se laisse tomber sur une grosse racine apparente, à l'ombre d'un grand arbre. Il est désormais certain que la forêt a prévenu tous les animaux de son arrivée. Il ne chassera rien aujourd'hui.

Le temps passe alors que Duncan patiente contre le tronc large. Le froid commence à le mordre avec insistance, alors il se décide à rentrer. Seulement, il se fige dans son élan alors qu'il allait se redresser. A l'autre bout de la clairière, il peut voir distinctement un daim mâle s'engager prudemment dans la clairière pour aller grignoter l'écorce d'un jeune arbre. La chance sourit enfin au gitan ! Alors d'un geste d'une infinie lenteur, il se redresse, tend la main vers son fusil, met la proie en joue, inspire, retient l'air dans ses poumons, s'apprête à tirer, et le daim s'enfuit. Quelqu'un a crié.

Duncan voit sa victoire disparaître en un éclair entre deux arbres, et aussitôt il se retourne vers l'origine du bruit avec un air plus outré que jamais. Qui a osé ?! Il est prêt à lui coller une balle entre les deux yeux. D'autant plus que les cris continuent, et les voix se font multiples. Il y a apparemment une dispute non loin de là - probablement des bûcherons ivres. Duncan imagine un instant profiter de leur hache pour leur arracher un bras, le dîner serait ainsi assuré et la punition pour avoir perturbé sa partie de chasse serait exemplaire. L'alternative semble correcte au gitan, même s'il imagine déjà en ricanant le regard affolé de son frère et de sa sœur en le voyant revenir avec un bras humain.

Il marche alors d'un pas rapide, guidé par la dispute, et se rend bientôt compte qu'une voix de femme se mêle au heurt. Duncan imagine alors les théories les plus folles, jusqu'à comprendre en entendant mieux le dialogue qu'il s'agit d'une dispute entre une esclave et deux hommes. Une esclave qui se défend d'ailleurs plutôt bien, et arrache même un sourire à Duncan en l'entendant rugir des insultes féroces. Il n'est plus qu'à quelques pas, lorsqu'il comprend que la jeune femme est affranchie, et que les deux hommes s'en moquent et se montrent violents.

Alors il les interpelle aussitôt, en émergeant de la verdure. "Vos gueules les crevards !" Il rugit avec force et colère, son fusil à la main. "Vous avez fait fuir mon dîner !" Il explique alors que les regards surpris se tournent vers lui. "Qu'est c'qu'on en a à fout' de ton dîner ?" Questionne le plus gros des deux bûcherons avec mépris. Duncan pointe aussitôt son arme vers lui. "Enfoiré ! Et moi qu'est ce que j'en ai à foutre de ta gueule ?" L'envie de presser la gâchette pour lui exploser la tronche est forte. Depuis que Dimitri a frôlé la mort, Duncan est devenu encore plus instable, et ses excès de colère se sont multipliés.

"Tu ferais mieux de retourner d'où tu viens..." Le préviens le bûcheron face à lui. "Et vous vous feriez mieux de vous en prendre aux arbres plutôt qu'aux femmes qui traversent la forêt." Répond aussitôt le gitan avec la même agressivité que son interlocuteur. C'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase, et aussitôt la situation dégénère. Duncan a à peine le temps de jeter un regard vers l'affranchie que le brute face à lui a déjà levé sa hache. Le gitan n'a pas le temps de tirer, il se sert de son fusil pour parer le coup et repousser le fou avec force. Pour l'aîné des Belkhan, c'est la provocation de trop. Il se jette sur le bûcheron sans se préoccuper de son camarade et de la femme.
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le 03.08.17 17:10
C'était un énième jour comme les autres. Sonja se contentait de quitter la maison pour faire un tour en forêt et ramasser des champignons. Elle avait deux sacs en toile, un noir et un blanc. Comme vous pouvez vous en douter, il y a une raison à cela. Le sac blanc lui servait à y entreposer les champignons empoisonnés, ceux qui ne sont donc pas comestibles. Le noir quant à lui servait pour les champignons que les humains peuvent manger sans risquer de mourir ou de tomber malade. Et si jamais elle trouvait des plantes où des herbes, elle les mettaient dans le sac noir également. Pourquoi choisir le noir pour ce qui est bon, car en général les humains sont idiots. Si on doit la voler, ils auront tendance à prendre le blanc, c'est une couleur tellement plus rassurante et pour certain qui pourraient s'associer à dieu et aux anges. Le noir étant une couleur sombre et ténébreuse, il est rare que les gens s'en préoccupe.

Ainsi, elle marchait dans la forêt, elle connaissait cet endroit parfaitement, elle y venait depuis quelques années maintenant, assez pour ne pas se perdre. Mais il y a une chose qu'elle ne pouvait pas prévoir, ce sont les bucherons et les autres personnes pouvant s'y balader. Alors qu'elle avait déjà récolté pas mal de champignons pour les deux sacs, des voix lointaines se faisaient entendre. Par prudence, la jeune femme se stoppa, ceci pourrait être des chasseurs et elle n'avait pas envie de se prendre une balle parce qu'on l'aurait confondu avec un cerf. Et puis... entre nous, les blancs ne seraient pas contre éliminer une noire. En regardant attentivement, elle remarqua que ce n'était que des bucherons, elle ne risquait donc pas de se prendre une balle perdue. La demoiselle poursuivit donc son chemin, sans se douter que les hommes allaient la voir et la suivre.

Bien qu'elle entendait leurs pas derrière elle, elle ne se retourna pas, avançant avec prudence. Puis, une première voix, grasse et odieuse vient l'interpeller. Devait-elle se retourner ? Devait-elle répondre ? Sincèrement, elle n'avait pas envie de perdre son temps, alors elle continua. Mais, elle fut rattrapée. Les hommes la dépassèrent, lui bloquant le chemin. Un long soupire lui échappa, son regard noir se posa sur eux, mais elle ne dit rien, à quoi bon utiliser sa salive pour eux. "Ou qu'tu vas la négresse ?" demanda le premier, qui visiblement ne connaissait pas la moindre forme de politesse. Le second se contenta de répéter plus ou moins la même chose, comme un véritable débile profond. "Veuillez me laisser passer, j'ai des choses à faire, messieurs !" Sonja y avait mis une certaine forme de respect. C'était à la fois pour se moquer d'eux, mais aussi pour éviter les ennuis. Elle n'a vraiment pas envie de se battre. "Non ! Tu restes avec nous ! Tu sais que les gens dans ton genre devait pas être libre !" Ceci lui fit presque grincer des dents. Il pensait pouvoir parler d'elle et de son peuple de la sorte. Tout ça parce qu'elle est libre. C'était tellement dégueulasse. Ses sourcils se froncèrent, montrant clairement qu'elle désapprouvait les paroles de ce crétin des bois. "Les gens de votre genre seront un jour les esclaves de gens comme moi. Et je peux vous jurer qu'on vous fera payer ce que vous nous avez fait d'une manière bien pire que vous pouvez l'imaginer !" énonça la jeune femme sur un ton rageur. C'était le signal de départ pour lancer les hostilités. Les gaillards commencèrent à s'énerver et elle allait avoir des ennuis.

Même pas deux minutes après, un nouvel intervenant fit son apparition, armé d'une arme et visiblement contre les bucherons. Un blanc qui veut défendre l'ancienne esclave ? Voilà un tableau tout à fait peu commun. Mais elle ne critique pas, elle sait qu'il y a encore de rare personne, comme Edward qui veulent croire en l'égalité de chacun. Son regard se posa brièvement sur lui, il avait l'air fort, le genre d'homme qu'il ne vaut mieux pas énerver et c'était ce que les hommes des bois étaient en train de faire. Après leur échange, l'un des bucherons tente de frapper son "sauveur" de sa hache. Le chasseur parvient à parer les coups et la bataille commence. Sonja ne reste pas à ne rien faire. Elle se baisse pour relever un pan de sa robe et retirer un poignard qui était caché dans sa botte. Rapidement, elle se jette sur le bucheron qui observait son pote se battre. Elle plaça sa lame sous sa jugulaire et s'écrit haut et fort : "Si tu veux pas que je crève ton ami, je te conseille d'arrêter !" Sa voix était assez forte pour être entendu, mais avant d'avoir une réaction de l'autre, celui qu'elle tenait parvint à la faire chavirer. Sa lame eu juste le temps d'entailler un peu la chair de ce dernier sans pour autant trancher sa gorge. Ce n'est pas pour autant qu'elle avait perdu. Ce que le bucheron ignorait, c'est que la lame de Sonja avait été trempé dans un mélange d'herbe puissant provoquant des troubles hallucinatoires. Ceci va mettre plusieurs minutes à faire effet, surtout que la blessure n'est pas très profonde. Mais si elle pourrait parvenir à lui faire une blessure plus conséquente, l'effet désirait pour avoir lieux en moins d'une minute.
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le 03.08.17 22:59

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Alors que le gitan s'est jeté sur le premier bûcheron - celui qui l'a délibérément attaqué, le deuxième fait des siennes aussi, mais s'en prend à la femme. Malheureusement pour lui, elle a de la ressource. Alors qu'elle menace d'une voix forte, Duncan et son adversaire s'immobilisent un instant pour lui jeter un regard surpris. Un sourire moqueur échappe brièvement au sorcier, mais rapidement l'homme au couteau sous la gorge se dégage de la prise de l'affranchie. Et l'affrontement reprend.

Duncan a le sang chaud, ce n'est pas la première fois qu'il se bat. Pourtant il a l'esprit embrouillé depuis que son frère a failli trépasser dans ses bras. Ainsi, même si un bon combat lui permet d'extérioriser toute la rage et la terreur qu'il accumule au fil des jours, il a du mal à se concentrer. Aujourd'hui ne fait pas exception à la règle, et lorsqu'il cogne son adversaire dans la mâchoire il l'imagine assez sonné pour prendre le temps de regarder comme la fille se débrouille. Elle est armée, et ne semble pas inquiète de son sort, comme si elle aussi avait l'habitude de ce genre de situation. C'est une curieuse rencontre, et Duncan aurait aimé en apprendre plus sur elle, mais le bûcheron s'est remis plus vite que prévu de son coup. Avant de laisser le temps au gitan de s'écarter, il lui a jeté un coup de pied sans retenu dans le genou, pour le faire chuter.

L'aîné des Belkhan maudits s'écroule de tout son long. Le temps qu'il se redresse, l'homme en face de lui a remis la main sur sa hache, et l'abat une nouvelle fois sur le gitan avec force. Duncan a beau réagir avec réactivité, sa jambe douloureuse l'empêche d'éviter tout à fait la lame tranchante. Par chance, c'est son manteau qui est le plus à plaindre après avoir pris le coup. Une entaille légère sous l'épaule droite fait grimacer le gitan, mais la souffrance physique à l'avantage d'attiser encore sa haine - soit son moteur principal. Il serre les dents et grogne une insulte, alors qu'il sent la rage faire bouillir son sang.

L'homme a l'air fier de son geste lorsqu'il lance un regard de défi au sorcier, mais son sourire s'efface sans transition lorsque les pupilles du maudit prennent les couleurs de l'enfer. Une chance pour lui, Duncan n'a jamais eu beaucoup de contrôle sur sa magie. Il s'agit plus là d'une manifestation surnaturelle involontaire de son mécontentement que d'une véritable attaque préméditée. Pourtant, la bourrasque qui secoue brièvement les arbres autour d'eux est bien l’œuvre du gitan, resté imperturbable alors que les branches soumises à un vent infernal s'agitent brutalement. Le bûcheron a eu de la chance de ne pas prendre le courant malveillant de plein fouet, et il en prend soudainement conscient lorsqu'il s'écrit avec horreur et dégoût : "Dieu nous protège ! C'est un de ces sales monstres !" Pour un bûcheron, il percute plutôt vite. Duncan s'étonne de ce fait, mais ne se sent nullement blessé par l'insulte que son adversaire a usé pour le qualifier.

Un monstre, il en est un certainement. Sans son âme, l'aîné maudit n'aura aucun scrupule à profiter de la diversion pour se jeter sur son fusil qui traîne encore au sol et à tirer. Et quand il l'aura fait, il se débarrassera des autres témoins avec la même détermination - quoi qu'il reste encore assez curieux face à la combativité inattendue de l'affranchie. La terreur des citoyens face à la sorcellerie est-elle assez grande pour prendre la parole d'une ancienne esclave en compte ? Dans le cas où celle-ci cherche à le dénoncer à l'église en espérant y gagner une quelconque reconnaissance, le gitan se doit d'y réfléchir. Il doute cependant de ce fait, et lui ôter la vie d'une manière aussi peu digne ne lui procurerait de toute façon aucun plaisir. Il la laissera vivre, juste elle.
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le 21.08.17 2:39
Devant faire face à son propre ennemi, la demoiselle n'avait que peu de temps pour observer son mystérieux sauveur agir de son côté. Elle avait perdu son avantage quand l'homme l'avait envoyé à terre. Elle qui pensait avoir le dessus. La prochaine fois, elle ne criera pas d'avertissement, elle tranchera tout simplement la gorge de sa victime, jusqu'à l'os pour être sûr que ce bâtard perdra la vie dans d'horribles souffrances. C'est qu'elle avait été trop bonne sur ce coup-là, mais pas moins maligne. Car, sa lame avait réussi à inciser la chair du bucheron, laissant son "poison" agir lentement. Ceci ne va pas le tuer, juste lui faire voir ce dont il a le plus peur.

L'homme se rapproche d'elle, l'air menaçant, alors qu'elle tient toujours son couteau dans sa main droite. Elle l'empêche d'avancer et brandissant avec de grands gestes la lame droit devant elle. Approche sale porc pensa-t-elle en ayant la furieuse envie de lui ouvrir le ventre et de voir ses entrailles se répandre sur le sol comme si s'était de la merde qui se fera piétiner par les passants par la suite. Mais ses idées noires n'auront pas lieux tout de suite. Tuer de la sorte mènera à une enquête et elle n'a pas envie qu'on la suspecte. Si les soupçons tombent sur elle, on la tuera sur le champ, pendu haut et court ou brulé sur un bucher.

Son compagnon d'infortune s'était retrouvé à terre, elle crut le voir mourir quand la hache tomba à quelques centimètres de lui, blessant sur ses vêtements, du moins c'est ce qu'elle pouvait voir. Le temps qu'elle observe la scène, son propre attaquant l'avait attrapé par derrière. Quel idiot pensa-t-elle, il lui offrait le créneau qu'elle attendait pour le blesser. Sans remords, elle planta sa lame dans la cuisse de cette enflure, la faisant légèrement tourner avant de la retirer en même temps qu'il la poussa tout en hurlant : "Sale pute ! Je vais te buter !" Sonja eut le temps de faire quelques pas en arrière tout en affichant un sourire vainqueur. C'était trop tard pour lui, les hallucinations n'allaient pas tarder. Sa vision devait déjà commencer à se troubler, à se déformer et les bruits allaient devenir un véritable cauchemar.

Quelques secondes après son acte, elle sentit une sorte de bourrasque de vent puissante venir de nulle part, se levant brusquement, comme par magie. De là où elle était, elle ne pouvait pas voir le regard de son sauveur, mais elle voyait clairement l'air terrifié du bucheron qui implorant comme n'importe quel blanc l'aide son fichu dieu. Il traita l'homme de monstre, ne voyant même pas que lui-même en est un en attaquant les gens de la sorte. "Avant de crier aux monstres, tu devrais te regarder avant ! S'attaquer aux femmes comme vous le faite, fait de vous des monstres !" Sonja avait envie de lancer son couteau, mais ce n'était pas un objet fait pour le lancer, il y avait peu de chance que la lame vienne se planter là où il faut. Puis, le cri effrayé de l'autre attira son attention. Ses yeux passaient d'un point à un autre comme s'il y avait quelques choses qui tournaient autour de lui, c'est le début d'une hallucination vraiment effrayante. Au moins, celui-là est hors-jeu, reste à voir ce qu'il va advenir de l'autre.
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le 21.08.17 22:34

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Tandis que le bûcheron qui lui fait face s'inquiète de le voir user de la magie, la jeune affranchie intervient et lui renvoie l'insulte. Duncan ne peut pas s'empêcher de retenir un sourire moqueur. "La dame marque un point." Il commente en ricanant presque, profitant de cette interlude courte pour porter une main à son épaule douloureuse. La blessure n'est pas grave, mais il peut déjà entendre Aleera lui râler dessus parce qu'il s'est encore battu. Seulement, cette fois-ci, c'est pour une bonne cause.

Mais le regard du gitan dévie de son adversaire, lorsque l'autre homme se met à pousser des hurlements à faire froid dans le dos. Duncan s'amuse de le voir s'agiter tout seul. Il a l'air d'un fou harcelé par des fantômes invisibles. Curieuse vision. Le gitan jette un regard intrigué à la jeune femme, mais le bûcheron encore apte ne lui laisse pas le temps de la questionner sur cet étrange tour : il s'affole de voir son camarade plongé dans un tel état, et se jette à corps perdu sur eux en les traitant d'enfants du diable.

Duncan en fait une affaire personnelle. Il ne laissera personne l'assimiler à cette famille tordue que sont les Drake. A coup sûr, ces demeurés auraient pris l'insulte comme un compliment. En ce qui concerne l'aîné des Belkhan cependant, cette comparaison achève de le convaincre à ne témoigner aucune pitié. Lorsque la hache s'abat dans sa direction, il s'approche subitement du bûcheron pour bloquer le coup et frappe à la mâchoire. Sonné, l'homme chute à terre et le gitan ne lui laisse aucun instant de répits. Sans autre forme de procès, il frappe d'un coup de pied violent dans sa tête pour s'assurer que l'abruti ne se relèvera pas - en tout cas pas de sitôt s'il est encore en vie.

Finalement, il échappe un soupir satisfait. "T'as du bol que tu sois trop lourd pour que je te ramène comme dîner." Il déclare à l'homme assommé, avant de récupérer son fusil et de se tourner enfin vers la femme. "Est-ce que ça va ?" Il jette un regard rapide au bûcheron encore debout mais terrifié. "C'est sympa votre petit tour. On n'en croise pas souvent, des femmes qui se battent comme vous." Il ajoute avec un sourire léger. C'est assurément un compliment qu'il n'a pas l'habitue de faire. L'affranchie l'intrigue et le distrait complètement de sa tâche première : la chasse.
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le 29.08.17 2:17
Pour une fois, c'est vraiment fort sympathique d'avoir quelqu'un de son côté. C'est tellement rare pour les gens comme elle de pouvoir trouver du soutien chez les blancs. Il suffit de voir ces deux types-là qui n'auraient surement eu aucun scrupule à la violer. Parce chance, elle échappera à cette expérience qu'elle a déjà vécue par le passé. Son opposant n'était plus en étant de se battre. Son poison hallucinogène faisait effet et cet homme devait voir l'Enfer juste devant lui. C'est dommage qu'elle n'ait pas avec elle la tenue qu'elle avait confectionné la première fois qu'elle avait fait subir le même sort à l'un de ses ennemis. Une tenue assez simple, une longue cape, une capuche et un crâne de loup en guise de masque. Quelqu'un qui subit des hallucinations l'a voit alors comme un monstre bestial. Et il n'y a rien de plus fantastique que de ressentir cette puissance en les voyant prendre peur. Chaque petit bruit, chaque ombre, même les arbres pouvaient s'animer et prendre des formes épouvantables dans ce genre de délire.

L'autre type finit par être assommé par son sauveur, tombant au sol tel un poids mort. La remarque du vainqueur la fit sourire, serait-il un cannibale ? Manger des humains n'est clairement pas le truc de Sonja, mais si c'est un ennemi... pourquoi pas. Elle fut surprise qu'il lui demande si ça allait, les blancs ne demandent que rarement ce genre de choses. "Je suis vivante et entière, j'imagine qu'on peut dire que ça." répond-t-elle en observant l'épaule blessée du grand gaillard. "Vous avez besoin de soin. Je peux m'en occuper si vous voulez !" déclare-t-elle en montrant le sang qui tâche la chemise de l'homme. Il pense que ce qui arrive à l'autre bucheron et un tour, peut-être qu'il imagine que c'est de la sorcellerie, mais ça n'a rien à voir avec tout ça. Quoi que quiconque en ville verrait ça, serait en train de crier que c'est une sorcière. "C'est bien moins impressionnant que ce que vous pouvez penser" De toute sa vie, elle n'a jamais touché la sorcellerie, elle n'est pas certaine de s'intéresser à ça. Sonja a toujours réussi à se débrouiller en connaissant les différentes plantes. A sa manière, les plantes sont sa sorcellerie, bien qu'il n'y ait rien de mystique derrière tout ça. "Il est rare de voir un blanc venir en aide à une négresse... Vous devez être fou... ou bien-pensant ! L'un ou l'autre, vous devez être détesté des autres non ?" A quoi bon parler d'elle, oui elle sait se défendre, mais il le faut pour une femme comme elle, une affranchie qui doit vivre au milieu de tous ces racistes esclavagistes. On ne peut pas survivre libre sans s'être forgé un bon caractère avant.
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le 29.08.17 20:31

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La femme assure que tout va bien, et à la grande surprise de Duncan, lui propose son aide pour soigner sa blessure. Le gitan répond d'abord par un court silence méfiant, mais même s'il avait voulu paraître fort, il n'aurait pas pu nier que son épaule est douloureuse. De l'aide ne serait pas de refus. "Vous êtes médecin ?" Il questionne, entre surprise et scepticisme, et ne peut pas se demander d'où sort cette affranchie forte et éduquée. Elle a du mérite, certainement, et le gitan peut lire dans le regard sombre de la femme ce tempérament de feu, qui reflète si bien le sien. Elle puise probablement sa force dans une colère constante, juste comme lui.

Définitivement curieux d'en savoir plus sur cette rencontre inattendue, il lui fait remarquer combien son attaque est efficace sur le bûcheron terrifié. Pourtant, elle nie qu'il s'agit là de sorcellerie. Étonné, le gitan se sent alors obligé de questionner davantage. "Vraiment ? Quoi que ce soit en tout cas, c'est sacrément efficace." Il commente avec un sourire moqueur en coin tandis que le bûcheron disparaît en semblant fuir un ennemi invisible.

Et puis l'affranchie se met à le questionner à son tour. Duncan s'amuse de la réflexion, et son sourire s'élargit alors qu'elle devine sans le faire exprès que la présence du gitan est peu appréciée. "Je ne suis pas comme tout le monde." Il répond avec un air joueur et mystérieux, parce que la véritable raison de cette haine méfiante qu'on lui voue, c'est par crainte de la malédiction qui pèse sur sa famille - celle qui a jeté son âme en enfer lors de sa première inspiration sur cette Terre. "Mais vous devinez bien, on apprécie peu ma compagnie." Il confesse avec un air pensif, parce qu'au fond, ce sont les gitans qui ont manqué en premier de compassion à l'égard des Belkhan maudits. Eux, ils ont grandi sans comprendre avec la méfiance mauvaise qu'on leur a toujours opposé. "C'est le lot de ceux qui sont jugés trop vite." Il ajoute avec un brin de fatalisme dans la voix.

Et puis comme son sang continue de lui échapper, il presse un peu plus la main contre sa blessure douloureuse. "Au moins entre condamnés, on peut s’entraider." Ce sont des mots que le gitan n'a pas l'habitude de prononcer. L'entraide, c'est un concept qui lui est étranger la plupart du temps. Le grand, le beau, le fort Duncan n'a jamais besoin de personne. Et même quand c'est le cas, il est toujours trop fier pour l'admettre. Il a toujours été et sera toujours un solitaire.

Pourtant, dans cet instant de faiblesse où il sent ses forces lui manquer un peu, il a conscience qu'il ne peut pas refuser l'aide proposée par la femme. Il prend appui contre un arbre, et sachant qu'il ne parviendra pas à rentrer seul au camp gitan dans cet état, il admets : "Je serais pas contre un peu de soins, justement."
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le 09.09.17 20:16
Oui, elle voulait aider cet homme qui s'était battu pour l'aider. C'était normal, non ? Elle n'est déjà pas bien aimée des autres, alors si elle peut s'offrir un allier de plus, elle ne va pas dire non. C'est pour ça, qu'elle propose de l'aider et ainsi le soigner. Contrairement à sa question, elle n'a rien d'un médecin. Ce n'est qu'une négresse, ancienne esclave d'une riche famille qui négligeait les gens de son espèce. Avec les coups qu'elle a reçus, au fil du temps, elle a appris à panser ses blessures. Sa tête se secoua doucement de gauche à droite pour répondre négativement à sa question. "Quel genre de blanc viendrait se faire soigner par une noire ? Et les miens n'ont pas forcément le droit d'être soigné. C'est plus facile et moins cher de nous laisser mourir et d'en acheter un autre pour le remplacer." C'était triste à dire, mais c'était la réalité des choses, la vie que le monde offrait aux personnes ayant sa couleur de peau. "J'ai appris beaucoup de choses et le genre de blessure que vous avez est dans mes cordes !" Sonja avait déjà commencé à fouiller dans son sac à la recherche d'une plante qu'elle avait récoltée un peu avant en la voyant.

L'homme continuait de parler, se demandant ce qu'elle avait fait au bucheron, il pensait sorcellerie, mais n'avait rien à voir avec un quelconque pouvoir où un sort d'une force obscure. La jeune femme ne connait rien à ce monde. Son truc à elle se son les plantes, la nature, elle est assez grande et généreuse pour donner des remèdes, des poisons et même des antidotes. Il faut juste apprendre à la connaitre, à la dompter et le tour est joué. "La sorcellerie n'est pas la seule à pouvoir faire de grandes choses. J'ai mes propres astuces. Mais je suis certaine qu'aux yeux de n'importe qu'elle blanc de la colonie, je serais traitée comme une sorcière alors que ce n'est pas le cas. Je ne fais que me servir de ce que la nature a à offrir."

Dans ce monde d'injustice, l'ancienne esclave n'était pas la seule mal aimée. Cet homme n'était pas non plus apprécié, elle en ignorait la raison et ça ne la regardait pas forcément. Ce n'est pas son genre de porter un jugement sur les gens, pas comme le font les blancs en tout cas. Du coup, elle comprenait les paroles du blessé. Ses mains étaient enfin tombées sur les feuilles qu'elle cherchait. Elles étaient bien vertes et propre. Elle en prit deux dans sa main et les frottant pour les abimer, sa peau commença à prendre une tête verdâtre. "Ceci risque de piquer un peu ! Mais vous êtes costaud, vous devriez pouvoir supporter." Après avoir dit ça, elle applique les feuilles sur la blessure. Si elle aurait tout ce qu'il faut, elle aurait pu en faire une sorte de pâte, mais là, il faudra se contenter de ça. A la fois dans et dessus la blessure, normalement, ça ne devrait pas s'infecter, cette plante à des vertus désinfectantes. "Il faudrait du fil pour vous recoudre, mais je n'en ai pas avoir moi," signale-t-elle. Le sang devrait toutefois arrêter de couler assez rapidement. La jeune affranchie espérait que ça irait pour ce brave homme. Quoi qu'il pensait avoir besoin d'aide pour rentrer chez lui. Vraiment ? De nouveau, elle fouilla dans son espèce de sacoche et sort un torchon humidifié dont elle sort une sorte de racine. "Mâchez ceci ! Mais ne l'avalez pas ! Vous devez juste le mâcher, ça vous redonnera un peu de force." Ceci n'allait pas lui redonner sa force, mais c'était toujours mieux que rien, vu qu'il avait perdu un peu de sang, ça peut être normal qu'il se sente affaiblie et il doit aussi avoir l'effet de l'adrénaline qui s'estompe. "Ou est-ce que vous habitez ? Je veux bien vous raccompagner, je pourrais vous recoudre si vous avez au moins du fil et une aiguille."
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le 09.09.17 21:17
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