"D’une lumière à une autre lumière"[PV-Alpheus]

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L'Ombre et la Proie
“Arrête, où cours-tu ?
Le ciel est en toi.
Chercher Dieu ailleurs,
C’est le manquer toujours.”

{Angelus Silesius - la Rose est sans Pourquoi }




La ville.
Sons et odeurs se mêlent en cacophonies libertines. Non pas que la vie sauvage bruisse avec moins de clarté, elle s'engage simplement à plus de subtilités. Les citadins sont bruyants, ils vous crachent leurs existences aux narines et tambourinent leur hégémonie aux tympans;  " Nous sommes ici ! Jamais vous ne pourrez nous déloger !" semblent haranguer les habitants de Warwick Bay. Les sabots claquent sur la terre humide. Les rires fusent aux quatre vents. On parle fort, le timbre haut, la morgue de l'arrogance en bandoulière. Les événements funestes ne sont que poussière que l'on balaie au seuil de sa porte, déjà oubliés. La mort ne se combat qu'en vivant avec pertes et fracas.

Dans ce flot d'impénitents, Isaac se sent perdu. Chiot sans laisse, sans main paternelle pour lui désigner le but à atteindre, il ne lui reste que Dieu à qui confier son destin et sa liberté toute neuve. Maintenant que le corps de son père repose en terre, il peut s'offrir le luxe du chagrin. Après s'être tant retenu, il ne sait plus comment pleurer. Ses mains fouissent les reliques de ses poches. Le papier froissé d'une certaine lettre se rappelle à lui. Le Seigneur lui murmure encore une fois, quel chemin il doit prendre.
Isaac lève la tête et cherche la pointe du clocher salvateur. "Inutile de gravir une montagne pour savoir si elle est élevée.” sermonnait le Père Figtree. Figtree Fils ignore quel sera le sommet qu'il aura à affronter. Il lui faut un guide. Ses pieds se mettent en branle vers le lieu sacré, en quête de collines. L'endroit est vétuste, et les bancs de bois s'alignent en rangs serrés, disciplinés. La lumière baigne l'autel et les particules reflètent le divin de son touché. Lorsque le jeune homme pénètre en son sein, le couvre-chef sur le coeur, le plancher pousse une plainte qui trahit sa présence. Ohanzee déglutit puis s'avance pour se signer. Il se glisse entre les bancs pour s'y asseoir, les yeux clos par le recueillement. Les mains jointes, sont front rencontre ses phalanges recroquevillées.

-  Seigneur,
Tends-moi la main, Je n'y vois goutte.
Indique la route à l'éternel vagabond.
Tes mains pétrissent mon cœur brisé.
En fils prodigue, je me tourne vers ta Voix,
Puisque tu as rappelé mon père à toi.
Je l'ai laissé derrière moi,
Je suis sorti des bois par choix
L'abri m'a certes donné de l'ombre
Mais dans l'obscurité je perd mon nom.
J'apprendrai, Ô Seigneur
A aimer le ciel sous lequel je me trouve.
J'apprendrais, si tu me laisse le voir de nouveau...
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