Dans le sang et les larmes [pv Duncan & Dimitri]

[Page 1 sur 1]


_________________
avatar
Souillure infernale
Dans un fracas assourdissant, la porte s'ouvre à la volée sous la pression de la magie. Le bois s'en fissure tant la force et la détermination de la sorcière sont grandes mais plus encore l'angoisse qui l'étreint avec une violence rare. Elle entre, soutenant un homme à la carrure imposante qui l'écrase à moitié sous son poids. Dimitri est mal en point et sa sœur œuvre tant bien que mal pour l'aider à marcher, un bras autour de ses hanches alors que lui-même se repose sur les épaules de sa cadette.

« DUNCAN !!! »

S'égosille la gitane, affolée, sanglotante. Elle traîne difficilement la carcasse de son frère jusqu'à la cheminée et le laisse tomber lourdement sur un des siège, lui provoquant sans doute plus de douleur que de soulagement. Aleera se laisse à son tour tomber à genoux, pressant sur le ventre de son frère, son châle imbibé de sang. Lentement elle le retire et le flot sanguin s'écoule de plus belle, intensément alors que la jeune femme geint face à l'horreur. Ses grands yeux clairs brouillés de larmes, elle plaque et presque plus fort le tissus sur l'immense plaie sur l'abdomen de son aîné, soufflant, la voix brisée.

« Seigneur... »

Aleera a rarement perdu son calme comme à cet instant, plus rarement encore fait preuve d'un tel désarroi. Dimitri est dans un état critique et elle sait au fond d'elle qu'il pourrait ne pas tenir la nuit. Pleurant à chaude larme, la gitane essuie son visage humide d'un revers de main, étalant sur son derme pâle, le sang de son frère alors que le second fait enfin son arrivée, sortit dont ne sait où. Aleera étouffe un sanglot, fixant Duncan avant de s'écrier.

« La bête ! C'était la bête ! Oh mon dieu, Duncan... Il faut faire quelque chose, il va mourir !!! »

Cette bête dont personne ne savait rien et qui massacrait sans gêne chaque humain et animaux à sa portée. Pourtant il y a bien une chose auquel Aleera n'aurait pas cru, c'est avoir la malchance à ce point, pour tomber sur elle. Elle se remémore, entre deux sillons de larmes, l'atroce silhouette noiratre de la créature, son souffle fétide et ses ramures qui perçait le ciel sombre de la nuit. Dimitri qui se jette sur elle pour la protéger et elle ensuite, qui attaque par le feu pour repousser la chose, in extremis et tirer son frère loin de la sinistre bête.

« Je l'ai vu... je l'au vu... »

Pleurs Aleera, se remettant difficile du choc dont elle a été victime. Et il en fallait pourtant beaucoup pour la chamboulé. Alors qu'elle presse toujours son châle contre la plaie, elle souffle à Dimitri, sourire forcé aux lèvres, dans un murmure doux qui se veut rassurant.

« Tout vas bien allez... On va s'occuper de toi... »
Elle pivote le visage, son sourire se fane. « Duncan, prends la place, je vais chercher de quoi nettoyer la plaie et le recoudre. »

Voir le profil de l'utilisateur
le 27.06.17 15:01

_________________
avatar
27 ans. C'est donc trois ans avant même de vraiment mourir que je vais y passer. La bête ne m'a pas loupé. Pas du tout. Je crois que j'ai totalement perdu la notion du temps entre le moment où je me suis jeté dessus et le moment où Aleera a usé de la magie pour le repousser.
Je crois que c'est à ce seul moment que j'ai commencé à ressentir une vive douleur me broyer la cage thoracique. Autant dire que j'aurai peut-être dû m'en rendre compte avant.
Aleera m'a levé et tout mon poids, je l'ai simplement reposé sur elle. Pour une fois que je me repose sur elle, c'est une question de vie ou de mort, cette fois ci.
La porte s'ouvre dans un fracas sans nom, au vus de la carrure d'Aleera, inutile de préciser qu'elle n'a pas fait ça de ses propres mains.
Je marche, un pas lourd après l'autre. Aleera s'égosille mais je n'ai même pas la force de lui dire de baisser le volume. Tout m’insupporte. Même le son de sa voix à ce moment précis. Mon visage a considérablement blanchit alors que je laisse plusieurs traînées d'hémoglobine dans la maison. Difficile à nettoyer tout ça...
Elle me laisse tomber sur le fauteuil et je ne peux empêcher une plainte de douleur de franchir mes pulpes. Elle le fait exprès ou quoi ? Je me redresse difficilement pour ne pas aggraver l'afflux de sang mais putain, j'aurai envie de péter un plomb.

« Alee'.. Arrête de hurler ! »

La pauvre, elle doit avoir peur. Autant que moi qui serre la mâchoire pour continuer à ne pas la traumatisé d'autant plus. Le châle qu'elle presse contre la blessure est nécessaire mais ne fait qu'augmenter un peu plus le niveau de douleur que je peux ressentir. Mais quand elle l'ôte, que le tissus s’arrachent à ma peau meurtrie, je n'ose même pas baisser les yeux. Non, à en juger par son visage, je ne préfère même pas.
L'aura de la jeune femme, plus noir qu'au départ se teinte rapidement d'un turquoise foncé. Elle a peur et je peux la comprendre.
Mais même maintenant, même au moment où je me vide comme un animal, je pense encore à eux deux. Elle pleure, est en larme. Et enfin, alors qu'Aleera s’époumone, Duncan débarque.

« La bête ! C'était la bête ! Oh mon dieu, Duncan... Il faut faire quelque chose, il va mourir !!! »

Elle frise l'hystérie alors que je suis calme malgré les grimaces qui sont tout de même visible sur mon visage. Ca fait bien longtemps que ma nonchalance a installé un masque sur mon visage. Et même là, je n'en démords pas. Il n'y a que le sang, la plaie béante, mes grimaces et l'hystérie d'Aleera qui montre qu'il y a bien un problème.

« Je mourrais pas tout de suite, ça va aller. »

Ca va aller, ouais. Même si je suis persuadé que je vais y rester. Elle essaye de me réconforter, de me dire que tout ira bien. Forcément. Si elle me dit que je n'ai pas une chance, que je vais rapidement tourner l'arme à gauche, autant dire que je me sentirais d'autant plus mal. Je pince mes lèvres, levant ma main du bras du fauteuil pour frotter lentement mon visage. Je transpire alors que je ne ressens aucune chaleur.

« Je me fous de ce que vous foutez mais si vous vous maniez pas, je vous garanti que je reviens vous hantez dans vos putains de cauchemars si vous bougez pas votre cul ! Surtout toi Duncan 

Je grogne parce que j'explose simplement. J'ai mal ! L'autre andouille bouge pas ! Aleera m'aide, donc je ne lui en veux pas mais je les met tout les deux dans le même bateau parce que c'est de moins en moins supportable.

« J'ai mal, bordel.. »

Je suis sûr qu'ils s'en doutent et il est rare que je parle pour ne rien dire ou pour donner une information que tout le monde connaît.
Voir le profil de l'utilisateur
le 27.06.17 16:28

_________________
avatar
Seul avec lui-même, Duncan se laisse tomber sur son lit confortable en lâchant un soupir bien heureux. Calé entre deux coussins, il tend le bras et attrape le livre qu'il a jeté sur le bord du lit, juste avant. Aleera et Dimitri ne sont pas rentrés, et le gitan sait que rien ni personne ne va pouvoir déranger sa lecture tranquille. L'horreur qu'il a à être interrompu en plein milieu d'une ligne peut le rendre de mauvaise humeur pour le reste de la semaine, c'est donc le moment idéal pour se livrer à l'exploration de l'ouvrage qu'il tient.

Un long moment plus tard, le craquement terrible de la porte le fait émerger de son demi-sommeil. Il n'a tourné que quelques pages avant de se laisser inconsciemment glisser le long de ses coussins. Incapable de dire avec précision ce qui vient de l'arracher brutalement aux bras de Morphée, il ne cherche même pas à tendre l'oreille, persuadé d'avoir rêvé ce bruit violent.

Il n'a pourtant pas le temps de se rendormir que le hurlement suraigu de sa sœur qui l'appelle lui parvient. Le cri est étouffé par la porte de sa chambre fermée, néanmoins il est poussé avec tant de force que Duncan ne peut pas prétendre de n'avoir rien entendu. Aleera semble avoir mis tout l'air de ses poumons dans cet appel, comme si elle avait cherché à invoquer son frère depuis l'autre bout de la forêt. Entendre la maudite hurler son prénom pour le faire venir n'est pas une situation inconnue au gitan, c'est pourquoi il ne s'inquiète pas tout de suite. Il grogne, désespère de devoir s'arracher à son lit, mais fini par rouler sa lourde carcasse jusqu'au bord pour trouver la force de s'y assoir.

Ses traits trahissent l'envie sévère de pourrir sa petite sœur pour ce réveil brutal. Elle a intérêt à avoir une bonne raison de lui hurler dessus si brutalement. Il se traîne jusqu’au salon, et grogne en faisant son entrée : « Qu’est ce que t’- » la dernière syllabe de sa question se perd dans le silence qui le frappe. Le spectacle de sa sœur en sang et de son frère agonisant lui fait l’effet d’une douche froide. Pétrifié par cette vision, il peine à comprendre l’urgence de la situation. L’impression d’être plongé en plein cauchemar se renforce par la lourdeur soudaine de son corps. Il n’ose pas approcher de ces deux protagonistes, comme s’ils allaient soudainement se métamorphoser en ennemis difformes.

Aleera lui hurle à nouveau dessus pourtant, en parlant de la bête. Il ignore de quoi elle parle, mais la panique pressante de sa sœur à le mérite d’être communicative. Ce n’est pas son cerveau qui lui tend un guet-apens en plein sommeil, c’est la dure et terrifiante réalité qui se joue sous ses yeux ! « Quoi ? Quelle bête ? Qu’est ce que vous avez foutu bordel ?! » La nervosité de Duncan monte en flèche, et il tente de comprendre ce désastre. Après toutes ces années de chasse, Dimitri n’est jamais revenu avec une blessure aussi grave. Comment une telle blessure a t-elle été rendue possible. Le gitant sent la panique faire place à l’indignation et à la colère. Quelle que soit la raison de cette agression, elle sera anéantie aussitôt son frère remis sur pieds – l’aîné se promet que vengeance sera faite.

Il s’exécute aussitôt que sa sœur lui cède sa place, et grimace en constatant le flot de sang qui s’écoule. Aleera a raison, il faut refermer cette plaie trop grande le plus vite possible. Dimitri, lui qui ne l’ouvre d’habitude jamais, trouve pour une fois le moyen de râler. « Tais-toi et économise tes forces abruti. » Le gitan rétorque à son frère, sans quitter la méchante blessure des yeux. Il y pose un regard perçant, parce que le tissu imbibé qu’Aleera lui a remis ne sert plus à rien. Duncan a déjà du sang plein les mains, et il a l’impression étouffante qu’il se noiera bientôt dans un océan rouge s’il ne referme pas son frère sur le champ. « Aleera ! » Il appelle une première fois pour presser sa sœur, mais comme son frère se plaint de la douleur – lui qui, on le répète pour l’occasion – ne l’ouvre jamais. « Aleera !! » Il a monté la voix et n’a cette fois pas retenu la panique qui le saisit.

L’angoisse le projette soudainement dans le futur immédiat. Il voit son frère agoniser, alors que ses boyaux tombent aux pieds de l’aîné maudit. Il voit distinctement le regard culpabilisateur que Dimitri lui lance avant de rendre son dernier souffle entre ses mains. Il le fixe comme si c’était lui l’assassin, le responsable de ce carnage. Cette perte serait insupportable. Et puis que dirait-il à Aleera, revenue trop tard ? Elle le fixerait aussi comme si elle savait tout. Comme si la vérité était soudainement claire à ses yeux, et qu’elle savait qu’en plus d’être le matricide, il devenait fratricide et serait la cause ultime de la fin des Belkhan.

Duncan suffoque face à cette vision. La culpabilité l’étouffe, et il s’accroche férocement à son frère, comme s’il allait pouvoir retenir sa chute en enfer. « Allez Dimitri ! Reste avec nous ! » Le sang de l’aîné brûle comme de la lave en fusion. « Je vais pas te laisser crever avant moi ! » Il lui fait cette promesse dans un murmure, comme pour partager un secret, et la seconde suivante, ses pupilles claires prennent la couleur vive de l’enfer. Elles brillent ainsi aussi longtemps que la chair de Dimitri fond pour refermer la plaie malsaine. Duncan n’ignore pas la douleur atroce de son frère, mais il pèse sur lui en lui serrant les épaules aussi longtemps qu’il le faut pour que le feu purificateur fasse son œuvre. Lorsqu’enfin il s’arrête, la cicatrice est nette, et le furieux tsunami rouge a enfin pris fin. Assommé par la fatigue du sort et l’adrénaline qui s’apaise dans son corps, Duncan se laisse tomber à côté de son frère pour prendre un instant et digérer ce qui vient de se passer. Quand Aleera reparaît, peut-être alertée par le bruit qu’ils ont fait, Duncan retrouve son habituel ton grognon, sans ménagement : « Qu’est ce que tu foutais ? Tu le fabriquais ton fil ou quoi ?! »
Voir le profil de l'utilisateur
le 30.06.17 16:59

_________________
avatar
Souillure infernale
Plus l'angoisse la gagnait et plus les deux frères se montraient outrageusement insupportable. Même le blessé avait le culot de lui râler dessus alors même qu'elle savait, que s'il elle se montrait moins inquiète, on lui reprocherait sa froideur. N'y avait-il donc aucun juste milieu dans cette maudite famille ? Et pourtant Aleera savait que Duncan était tout aussi inquiet qu'elle, sans doute était-ce même pour cela qu'il se montrait si intransigeant, si rude. La jeune femme s'était éloigné, montant à l'état pour chercher dans sa chambre, le nécessaire utile pour soigner Dimitri. Elle tremble, elle s'acharne à tout retourner alors même qu'elle ne trouve rien.

Aleera ! Aleera !!

Beugle Duncan à l'étage du dessous alors que la gitane plaque ses mains sur son crane, serrant entre ses doigts ses boucles sombres. La pression est si forte qu'elle se sent faillir. Aider Dimitri, sauver sa vie... Elle reprend ses recherches avant finalement de trouver le nécessaire de suture dans l'un des tiroirs de sa commode. Sans attendre, elle quitte la chambre, dévale les escaliers d'un pas rapide, brutale.

Qu’est ce que tu foutais ? Tu le fabriquais ton fil ou quoi ?!

Aleera se fige, aussi bien pour les paroles difficiles de Duncan à son égard que pour le spectacle qui se déroule devant ses yeux. L'ainé est là, gisant le postérieur au sol alors que la plaie de Dimitri fume encore par la douloureuse et violente magie de Duncan.

« Mais... Qu'as-tu fait ? »

Souffle Aleera, sous le choc. Elle s'approche, déposant le matériel médicale sur la table et viens près de ses frères, posant une main sur le front brûlant de Dimitri. Son état est stable certes mais subir une tel puissance de feu était inimaginable. Sans attendre, la gitane s'approche de Dunca, lève la main et l’abat de toutes ses forces sur la joue de son aîné.

« TU ESSAYE DE LE TUER OU QUOI ?!!! »

Hurle t-elle à pleine poumon. Sa voix résonne contre les murs, fait trembler le bois, la pierre et souffle un vent nocif sur les flammes de la cheminée, les éteignant avec brutalité. La magie de la sorcière a rongé l'air autour d'eux et dans ses yeux brille un rougeoiement mortel.

« Quand cesseras-tu d'agir sans réfléchir aux conséquences ? Si tu voulais le brûler vif, autant l'envoyer directement chez les inquisiteurs ! »

L'air sinistre et austère de la sorcière ne présage rien de bon pour Duncan. Pourtant elle se détourne de lui, la matrone. Elle se détourne, le gratifiant de son mépris et se penche à nouveau sur le blessé, caressant ses cheveux, embrassant son front.

« Dimitri... ? Dimitri... Comment te sens-tu... ? »
Voir le profil de l'utilisateur
le 06.07.17 15:35

_________________
avatar
Tais-toi, tais-toi ! Ils me gueulent dessus quand je l'ouvre pas et là, maintenant que j'ouvre la bouche. Il me dit de la fermer quoi. Non mais non. Je fronce les sourcils et reprend un visage impassible, trahit par mes douleurs. Duncan hurle le prénom d'Alee' alors que je bouge. Peu importe la position que je prends, la douleur n'en ai que plus vive.
Je ne peux m'empêcher de rester silencieux, les dents serrés. Je ne peux que me plaindre, essayer de ne pas poser les yeux sur la plaie béante. Duncan s'accroche à moi et je lâche une énième plainte, les doigts profondément encrés dans le fauteuil. Les jointures de mes paumes blanchissent à cause de la force que je met dessus. Honnêtement, j'ignore comment je fais pour ne pas tomber dans les paumes. J'en ai envie, me laisser aller au sommeil.

« Allez Dimitri ! Reste avec nous ! »

Reste, j'y compte bien. Mais mes yeux forcent pour se fermer et je peine vraiment à garder ceux ci ouvert. Ne pas dormir. Je sais que je ne me réveillerais probablement pas. Non. Je sais que je ne me réveillerais pas. Pas du tout. Mais je n'ai pas le temps de réagir que je remarque le changement dans les pupilles de Duncan. Mais une douleur intense me prend d'un coup et je me tend, essayant de repousser Duncan alors que je lâche des plaintes douloureuses, capable d'être entendu même autour de la battisse. Mes yeux se baignent de larme et même si j'ai pour habitude de ne pas avoir la moindre émotion visible, la douleur est trop vive pour que je me garde totalement fermé.

J'ignore combien de temps ça dure mais c'est une éternité pour moi. Je retombe lourdement sur le fauteuil quand je sens le niveau de douleur se faire moins haut. Moins haut mais tout de même brûlant. Je sens que l'hémoglobine ne coule plus, que la plaie est fermé mais la douleur est encore intense, la brûlure me bousille. Mon torse se soulève avec une rapidité déconcertante mais la chaleur, la brûlure, le choc, la Bête. Tout ça provoque une montée de fièvre. Ah moins que ce ne soit que ma chaleur corporelle provoqué par la brûlure. Aleera hurle sur Duncan et je ne vois que le feu de la cheminée s'éteindre, je suis trop mal pour pouvoir m'occuper de ce qui se dit. La main d'Alee' est plus que fraîche sur mon front et je soupire d'aise.

« Dimitri... ? Dimitri... Comment te sens-tu... ? »

Comment je me sens. Mes yeux se ferment l'espace de quelques secondes. Ce qui me fait un bien fou. Mais je me doute que si je dors maintenant, et comme si je pouvais avec la douleur que je ressens encore sur la cicatrice, je pense que je  l'ai inquiéterais bien trop. Je me sens fatigué, la cicatrice me lance encore. J'aimerai tellement dormir pour quelques heures.

« Fatigué.. La cicatrice me fait mal... mais je pense que tu peux dire que ça va mieux... t'en fais pas.»

J'aurai pu mourir et je vois encore l'inquiétude dans les yeux d'Aleera. Je me redresse difficilement et glisse mes bras autour d'elle pour la serrer contre moi. Je laisse plusieurs centimètres entre la cicatrice et Aleera puisqu'elle est encore douloureuse de mon coté. Je viens me décoller après quelques secondes. Je voulais la serrer, la remercier de m'avoir ramener à la maison.

« Merci Alee" et toi aussi Duncan. »

Dis-je en tapotant le haut de sa tête. Je ne veux et ne peux pas me lever du tout. Et donc, je ne peux pas l'enlacer. Alors, ça suffira.
Voir le profil de l'utilisateur
le 14.07.17 13:06

_________________
avatar
Duncan ne voit pas le coup venir. La colère a à peine remplacé l'air surpris d'Aleera que celle-ci abat violemment sa main sur la joue de son aîné. Le geste furieux et le hurlement qui s'en suit laissent le gitan sans voix. Il vient probablement de sauver la vie à son frère, et c'est tout ce qu'il y gagne ?! Morue ingrate qu'elle est ! Il n'y est peut-être pas allé par quatre chemins, mais si elle s'était dépêchée un peu plus, il n'aurait pas eu à en arriver à un tel extrême.

Boudeur, furieux, il se retient pourtant de tout commentaire pour épargner Dimitri. Oh il n'oubliera pas la violence avec laquelle sa petite sœur l'a traité. Il saura le lui rappeler le moment venu. Mais entendre son frère assurer qu'il se sent mieux apaise son esprit. La douleur de la brûlure ne sera que temporaire. Duncan n'avait pris aucun plaisir à lui faire du mal, mais il valait mieux ça plutôt que de se vider de son sang et mourir.

La crise semble passer quand Dimitri prend Aleera dans ses bras. La petite a eu peur et le geste lui fera sans doute le plus grand bien. L'aîné n'a pas la même sensibilité que son jeune frère, il lève les yeux au ciel pour ne jamais avouer son propre soulagement. Il entend le chasseur le remercier pourtant, et Duncan aurait presque pu lui faire un sourire en s'excusant pour la brûlure brutale. Pourtant, la main que pose Dimitri sur sa tête le dissuade. "Ouais.." Il grogne seulement et se redresse aussitôt, habitué à toujours fuir farouchement ces grands moments d'attendrissement.

Sans un regard pour eux, il se dirige alors d'un pas lent vers la cuisine pour s'emparer d'une bassine d'eau et d'un tissu propre. En l'imbibant du liquide transparent, la sensation de fraîcheur devrait soulager un minimum la douleur de Dimitri. Il se traîne à nouveau jusqu'à eux et leur tend le torchon mouillé. "Tenez les tourtereaux, ça apaisera un peu la chaleur." Il se moque ouvertement d'Aleera collée à son frère, puis retourne auprès du feu pour le rallumer. Les nuits sont encore trop froides pour laisser la cheminée se refroidir.

Lorsque le feu crépite à nouveau, il soupire et se laisse tomber dans un fauteuil. "Alors, qu'est ce que vous foutiez à une heure pareille dans la forêt bordel ?" Duncan questionne sans colère dans sa voix. Pourtant il est bien impatient d'entendre ce qui leur a pris d'être aussi inconscients. Son regard se pose en particulier sur sœur. Dimitri a cette méchante habitude de se promener à pas d'heures, notamment pour chasser. Aleera, en revanche, aurait du se méfier des rumeurs macabres qui se font de plus en plus entendre sur la bête de la forêt. En attendant sa réponse, il s'apprête déjà à la traiter d'idiote imprudente, ne serait-ce que pour se venger de la gifle.
Voir le profil de l'utilisateur
le 19.07.17 14:39

_________________
avatar
Souillure infernale
La cicatrice lui fait mal.Était-ce vraiment nécessaire de le mentionner? Dimitri avait perdu beaucoup de sang et s'était retrouvé brûlé jusqu'à la chair par Duncan. Autant dire qu'il s'agissait d'un miracle qu'il tienne encore debout et arrive à construire des phrases complètes. Pire encore, le Bohémien trouve la force de saisir sa sœur et de la ramener contre lui dans une étreinte pleine de tendresse auquel la jeune femme s'abandonne un instant. Très court instant. Bien vite elle met de la distance quand Duncan qui les taquine, les comparant à un couple.

« Si tu voulais un câlin, tu n'avais qu'à le demander, Duncan. »


Rétorque froidement la jeune femme dont la colère est encore palpable. Elle se lève, ajustant son corsage et les grigris clinquant qui orne sa tenue que beaucoup jugeraient indécente. Elle plisse le tissu, observe le sang qui le macule et soupir longuement. Cette robe sera brûlée, hors de question de garder cela sous les yeux. Ce serait une torture émotionnelle trop intense de se repasser en boucle la vision de Dimitri aux portes de la mort. Aleera soupir longuement, harassé par la frayeur, l'anxiété et la colère alors que Duncan en vient une fois encore à imposer sa mauvaise humeur.

« Peux-tu cesser de râler rien qu'un instant, je te prie? »

Siffle durement Alera en toisant son aîné qu'elle s'est pourtant guidé par l'inquiétude. La gitane secoue la tête avant de pivoter vers la cheminée et frotte sur sa tenue, ses mains tâchées de sang dans un geste nerveux et presque obsessionnel.

« Dimitri n'était toujours pas rentré à la maison, je me suis inquiété et je suis sorti pour le trouver. Je n'ai pas été très prudente... La bête est arrivée et si Dimitri n'avait pas surgi... »

C'est elle qui se serait fait tailler en pièces. Elle aurait fini déchiqueté, démembré, dévoré. L'idée lui arrache un frisson de dégoût, de panique aussi alors que l'image de l'horrible créature s'impose à son esprit.

« C'est ma faute Duncan. Si tu dois en vouloir à quelqu'un, c'est moi. »
Voir le profil de l'utilisateur
le 23.07.17 12:04
Contenu sponsorisé

[Page 1 sur 1]

Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum