Souvenirs d'enfance [PV-Chenoa]

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La vengeance indigène
Automne 1675 Village Mohawk

Wakiza n'était encore un tout jeune homme. A peine échappé de l'enfance et encore baignant dans l'âge de raison. Cette charnière  physique et sociale où l'on est plus Eksa'a  mais pas encore Ronkwe bien qu'il ait  fièrement traversé le rituel de passage à l'âge adulte. ainsi officiellement il était homme mais  les autres chasseurs et guerrier se gardaient bien de lui jeter au visage qu'il était encore un jeunot et qu'ils n'avaient pas encore parfaitement confiance en ces talents de traque et de tir.

Lui  grandissait dans cette estime propre des jeunes hommes nouvellement érigés à l'égal de leurs paires, mettant un point d'honneur à  se montrer assidu et efficace à la chasse. Et ce jeune mohawk s'en sortait même avec brio ce qui ne manquait pas d'éveiller  une certaine forme de jalousie et de médisance bon-enfant chez les autres chasseurs de la tribu qui attribuaient  cette réussite à la "chance du débutant" ... statu erroné puisque Wakiza  ramenait du gibier à son père et sa belle mère depuis quelques mois déjà. Mais c'était ainsi que les plus expérimentés endurcissait les jeunes, leur apprenant l'humilité  par l'abnégation.

Cet après-midi là, le jeune chasseur  revenait une fois encore  les bras glorieusement chargés d'une paire de garennes et d'un gros coq de bruyère qui ballottait mollement à sa hanche. les enfants les plus jeunes qui supposaient innocemment que le jeune chasseur était encore l'un des leurs, accoururent pour  le célébrer et admirer ses prises. A la fois flatté par cet accueil de retour de chasse mais également gêné que cela ne soit que les enfants qui  viennent  le féliciter, Wakiza esquissa un petit sourire maladroit et  joua avec les gamin en faisant mine de les attaquer avec ses deux lapins dans les mains. Les mioches joueurs détalèrent en poussant des cris de joie et des rires hilares. le jeune chasseur les laissa filer entre les teepee et se dirigea vers celui qu'il occupait seul depuis peu. Etant désormais  officiellement un homme, il  pouvait se construire son propre foyer et l'aménager comme bon lui semblait. Loin d'être un artisans hors paire, cette première habitation n'avait rien de grandiose mais c'était bien la sienne et il  n'en était pas peu fière. Mais la saison annonçait  l'approche des jours froid et cette structure  de perches de bouleau et de peau de bison serait alors un protection insuffisante pour passer l'hiver. La construction d'une hutte dans le camp d'hiver  s'avérerait indispensable en temps voulu. Mais Wakiza savait qu'il n'aurait pas a la construire de ses seules mains.  La communauté de ses congénères agirait de concert pour fournir au jeune adulte un gite fiable et chaud.

Ainsi avançait il  avec son gibier en main vers son teeppee en croisant  silencieusement , avec une lueur de fierté dans le regard, les vieilles femmes qui tannaient des peaux. son attitude de jeune coq ne manquant pas de faire rire de leurs mâchoires édentées les vieilles chouettes qui jasèrent et marmonnèrent leurs ragots sans que Wakiza ne s'y intéresse plus que ça.

Mais au moment où il s'apprêtait a rentrer "chez lui", il entendit quelques clameurs qui annonçait le retour d'un autre chasseur. bien vite un attroupement se forma autour du mohawk et Wakiza comprit que celui-ci  ne ramenait pas une proie habituelle ... qu'avait-il donc trouvé pour que cela agite donc autant le village?

quelques peu aigri qu'il n'ait pas lui-même trouvé si enthousiasmante prise, Wakiza jeta ses deux lapin et son coq  à l'intérieur et fila comme tous les autres vers le groupe d'indiens agglutinés autour du chasseur. Comme il était déjà de belle taille pour son âge, il n'eut pas a écarter  grand monde pour voir enfin la raison de cette agitation.

Non ce n'était pas un gibier rare , non ce n'était pas un trésor mystique laissé sur son chemin par le grand esprit. C'était à la fois plus commun mais plus extraordinaire encore.

Une petite fille ... une enfant d'environ cinq ou six ans. Une indienne a n'en point douter aux vues de ses traits et de la noirceur ravissante de sa chevelure. mais son visage différait légèrement de celui des Mohawks. Wakiza comprit aussitôt que cette enfant  n'était pas de leur nation. Mais d'où venait elle alors?

Chacun harcelait de question le vieux chasseur qui l'avait recueillie. Tous voulaient savoir comment il l'avait trouvé, si elle était une enfants des esprits sauvages ou si il y avait prés d'elle les corps de ses parents ... cette arrivée ne manquerait pas d'alimenter les ragots et les fantasmes , ce soir autour des feux de camps.
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le 20.06.17 10:00

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La serpentine
L'odeur.
Celle de la pourriture, elle gonfle le corps étalé dans les feuilles mortes et jaunit de ce début d'automne. Elle a du mal à reconnaître ce visage bouffis, blafard, bleuté par endroit. Et pourtant, malgré tout l'enfant est resté lové contre le cadavre de sa mère, ignorant le sang qui maculait les vêtements et qui renforçait cette odeur de charogne. Une chance que les animaux sauvage ne soient pas encore venu tenter de dévorer ce cadavre. Entre les vrombissement de mouches, les sanglots discret de Chenoa.

◈ ◈ ◈

On l'avait trouvé, on l'avait arraché de force au cadavre de sa mère malgré ses plaintes, ses pleurs, ses supplique. La fillette s'était débattu comme un animal, réclamant après ce tas de chair en bonne voie de décomposition et sans qu'elle n'y puisse rien, on l'avait tirer dans un village pour la mettre à l'abri. Mais à travers ses yeux d'enfant, tout ce qu'elle voulait c'était sa mère, c'était son père. Et tout ce qu'elle avait, c'était la solitude dans ce teepee fait de bois. Alors quand la silhouette d'un jeune homme ait son entrée dans le dit-logement, la petite fille lève le nez, le fixant en silence. Qui était-il, celui là ?

Comme un animal, l'enfant s'accroupit, feule, montre les dents. C'est ridicule mais quelque chose dans cette attitude sonne vrai. Comme une mauvaise habitude. Elle grogne, elle gronde la petite sauvageonne qui porte encore l'odeur nauséabonde du cadavre de sa mère. Quelle puanteur ! Personne n'aurait donc daigner laver cette gamine aux manières plus bestiale qu'humaine ? L'effluve qui s’échappe de chaque pores de sa peau est aussi insoutenable que sa dégaine mal dégrossit. Cheveux en bataille, vêtement abîmé, sale... Il n'y a rien chez cette enfant qui puisse justifier une quelconque fascination. Juste le dégoût. Et c'est à peine si elle ressemble à une enfant, pour ces même raisons.

« Où est ma mère ?! »


S'époumone t-elle soudain. Enfin, la voilà qui s'exprime normalement mais non sans cette colère qui vient briser sa voix. Elle bondit soudainement, fonce droit sur le jeune chasseur pour le frapper de ses petits poings, cherchant à mordre la moindre parcelle de peau à la portée de ses dents. Quel caractère ! Quelle hargne ! Tellement de haine dans un si petit corps...

« Je veux ma maman !!! Ramène-moi à ma maman ! »

Et les cris se brisent, remplacer par des pointes de sanglots. Elle n'est pas chez elle ici, la petite Chenoa. Au travers de sa colère animale, il y la peur, la tristesse. Il y a ces visages à l'extérieur qui n'attendent qu'une chose, observer cette gosse sortit de nulle part. Ils sont comme les mauvais esprits dont sont père lui parlait autrefois ; Et lui aussi, où est-il passé ? Mort, comme sa mère ? L'enfant retombe au sol, assise sur son postérieur et sanglote longuement, accablé de chagrin et d'angoisse. Une trop lourde responsabilité pour être si jeune. Le deuil, triste réalité...

« Les mauvais esprits... je veux pas voir les mauvais esprits dehors... »
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le 23.06.17 12:25

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