À tête reposée

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Roxanna Chester • Mars 1690

Après avoir quitté le village indien, la domestique avait raccompagné sa jeune maîtresse et son serviteur jusqu'à la demeure des Perkins. Tout en abattant ses tâches de la journée, elle réfléchissait longuement à ce qui avait été dit sous le tipi de la chamane. Ses cheveux et sa robe étaient toujours imprégnés de l'odeur piquante de la fumée, de la sauge et de l'herbe à bison. Occupée à étendre le linge, son regard se perdait dans les draps blancs tandis que ses pensées tournaient à pleine vitesse : maintenant qu'elle en savait plus, il était judicieux de passer à l'action. Seulement, comment les choses allaient-elles se dérouler à présent ? Les miliciens allaient-ils organiser une battu dans la forêt ? Avaient-ils seulement une chance ? Et en sourdine palpitait doucement une idée folle. Peut-on contrôler cette bête ?

Une fois son travail achevé, Betty s'empresse d'enfiler son capuchon brun sans prendre la peine de se recoiffer ou de se changer. Sur son épaule, la tresse rousse décorée du ruban vert est lâche, et des mèches flamboyantes s'éparpillent sur sa gorge. D'un pas rapide, elle traverse la colonie, la capuche rabattue sur la tête, et ne tarde pas à sortir de la ville. Le printemps va bientôt pointer le bout de son nez, et elle s'émerveille un instant de la clarté du ciel alors que le soleil entame sa course vers l'horizon. La forêt semble lui tendre les bras, et elle peut humer l'odeur humide des sous-bois, une odeur réconfortante, qui prend désormais des allures inquiétantes : au cœur des bois se tapit la bête - le wendigo. Un frisson lui hérisse l'échine, et elle se remet rapidement en marche. Bien vite, elle aperçoit la maison de Roxanna, et accélère le pas. Elle se sent soudain mal à l'aise, et tente de ne pas s'imaginer le monstre aux yeux creux la guetter dans l'ombre. Non, tout va bien, elle sera bientôt à l'abri auprès de l'une des rares personnes qu'elle peut considérer comme l'une de ses amies. Une fois sur le porche, elle frappe trois petits coups à la porte, et rabat la capuche sur ses épaules. En attendant que sa comparse vienne lui ouvrir, elle jette des regards méfiants autour d'elle, aux aguets...
Mars 1690 - Elizabeth & Roxanna


"Le monstre n'est pas toujours celui que l'on devrait craindre."


Dernièrement, il y avait beaucoup d'agitations au village. Depuis le décès de François, je m'y rendais le moins souvent possible : après tout, j'avais toujours été une ermite dans l'âme, même si j'avais pu me lier d'amitié avec quelques rares villageois - surtout des villageoises à vrai dire. Le fait que nous ayons choisir de vivre en dehors de la ville nous avait catégorisé comme des outsiders, nous étions là sans vraiment faire partie de la vie de Waywick Bay, et c'était tout aussi bien ainsi. Cela nous avait longtemps évité d'être au coeur des ragots, même si dernièrement je savais qu'ils n'étaient pas tendres avec moi : vous rendez-vous compte, une femme vivant seule par elle même, dans une maison pareille, et travaillant en plus ? Comme si la disgrâce de ne pas avoir réussi à avoir d'enfants, la perte du seul fils qu'elle avait jamais eu et de le fait d'être veuve n'étaient pas suffisants à eux seuls ... Au moins les bavards du village avaient du grain à moudre, c'est ce que je tentais vainement de me dire pour me réconforter un peu. De toute façon, j'avais toujours tendance à écouter ce qui se racontait sur moi, pour être sûre : toujours être à l’affût. Les ragots étaient souvent les premières choses qui faisaient tomber les sorcières et les entraînaient vers une fin terrible. Et je n'avais clairement pas envie de faire partie de celles-là. J'avais bien trop à accomplir ! Tous les derniers commérages concernaient surtout les tragiques morts et disparitions du coin. On chuchotait ici et là qu'un monstre rôdait parmi nous, certains accusant la tribu vivant toute proche, d'autres prétendaient que le Malin était à l'oeuvre et venaient pour nos âmes, mais certains ... Certains chuchotaient que des pouvoirs plus humains mais pourtant tout aussi sombres seraient à l'oeuvre. Qui détenait la vérité ? Pas moi, ou du moins, pas encore.

Aujourd'hui serait une journée comme les autres, elle n'y ferait pas exception. Je m'étais occupée de mon jardin et après cette tâche fastidieuse, je m'étais plongée dans le grimoire de ma famille, y cherchant de nouvelles réponses, de nouvelles clés pour mes recherches personnelles. Je ne m'attendais pas à une visite, et pourtant quelqu'un s'en vint toquer à ma porte. Ne prenant pas de risque, je refermais mon livre d'étude et le rangeais à sa place parmi les diverses livres de compte de feu mon époux avant d'aller ouvrir.


" Elizabeth ? Mais que fais-tu ici très chère, je ne m'attendais pas à ta visite ... Entre donc, tu as l'air bouleversée !"


Je m'écartais du passage et fermais la porte derrière elle, après avoir jeté un coup d'oeil rapide aux alentours : qu'est-ce qui avait bien pu la mettre dans un tel état d'inquiétude ?


" Va donc t'installer dans le salon, je vais nous préparer quelque chose de chaud à boire, cela te fera un peu de bien je pense, lui proposais-je, compatissante, tout en la guidant un peu vers la pièce concernée."


Je filais donc en cuisine et préparais une théière de thé blanc, pour ses vertus relaxantes. Le tout posé sur un plateau, je la rejoins dans le salon et lui tendis une tasse.


" Alors, que me vaut l'honneur de ta présence Elizabeth ? demandais-je après avoir siroté un peu la mienne. "
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Son attitude inquiète n'échappe pas à son amie, qui l'entraîne vers le salon de son immense demeure. Tandis que Roxanna part leur chercher des boissons, Betty se laisse aller contre le dossier de son fauteuil tout en laissant son regard errer autour d'elle. La bâtisse lui a toujours semblé bien trop grande pour sa comparse. Si elle n'était pas des plus sociables, elle était pourtant habituée à ce que ce genre d'endroit frémisse de vie, à l'image du manoir des Daucourt, ou encore celui de la famille Perkins. Peut-être Roxanna avait-elle une poignée de domestiques ? Il ne lui semblait pas en avoir déjà croisé. S'occupait-elle seule du ménage dans ce cas ? Pour Betty qui s'était accommodée à la vie de servante, cela paraissait inconcevable.

Le bruit des tasses cliquetant sur le plateau l'arrache à ses pensées, et elle souffle un remerciement après avoir été servie. Les mains réunies autour de la porcelaine, elle savoure la chaleur et l'odeur émanant du breuvage, se détendant peu à peu.

- Je suis allée chez les natifs plus tôt dans la journée, avec les autres émissaires. Je me suis dit qu'il serait judicieux de venir t'en parler.

Elle marque une pause un instant, baissant les yeux sur sa tasse.

- ... Pour être honnête, il faut que j'en parle avec quelqu'un, et tu es la personne la plus appropriée.

Après avoir bu, elle repose sa tasse sur la table basse, et joint les mains sur ses genoux, lissant nerveusement les plis de sa jupe. Elle peut sentir ses doigts trembler légèrement, tiraillée entre peur et excitation.

- C'est complètement fou ce qui a été dit là-bas. Si je n'avais pas vu les cadavres, j'aurais sûrement rit au nez de la vieille chouette. Elle nous a dit le nom de cette chose, et ce que j'ai appris chez les gitans s'est avéré vrai : c'est humain, du moins ça l'a été. Et plus ça mange d'autres humains, plus ça devient puissant.

Elle grimace à cette perspective. Elle aurait voulu poser d'autres questions à la vieille femme, mais celle-ci les avait chassés trop tôt, agacée par leurs interrogations. Est-ce que le wendigo avait encore conscience humaine ? L'avait-il perdue au fur et à mesure ? Le regard perdu dans le vague, elle se demande ce qu'en pense son amie.
Mars 1690 - Elizabeth & Roxanna


"Le monstre n'est pas toujours celui que l'on devrait craindre."


J'étais assez contente de voir Elizabeth, je ne pouvais pas le nier : en effet, à force de vivre ici toute seule, j'avais tendance à être vite sujette à la solitude et mes seuls véritables compagnons étaient les livres dans lesquels je me plongeais sans cesse et les rares animaux qui passaient près de la maison. Cela me faisait étrange de vivre seule ici, dans cette grande maison, et j'étais toujours ravie d'avoir un peu de compagnie, surtout de personnes de confiances comme la servante des Perkins.  Cela comblait un peu le vide de la maison et cela me donnait l'impression que rien n'était arrivé. Et pourtant ... Pourtant le sort avait fait de moi sa victime impuissante et rien ni personne ne pourrait changer ça. En tout cas, pas pour l'instant, pas tant que nous n'avions pas trouver le moyen de contourner le principe du triple retour.

Je me concentrais un peu sur la conversation et souris gentiment en voyant qu'elle semblait un peu revigorée par le thé.


" C'est fort appréciable de ta part, merci. Je dois t'avouer que je ne me serais pas sentie à mon aise parmi tout ce monde. Raconte-moi tout, je veux comprendre ce qui t'as mise dans un état d'inquiétude pareil. "


Je la regardais jouer avec les plis de sa jupe, attendant patiemment qu'elle commence son récit. L'attente me tuerait un jour ! La curiosité était un vilain défaut, mais en tant que sorcière, c'était un atout non négligeable pour mener nos recherches.


" Le ... Le monstre est donc humain ? Intéressant, vraiment. Et il devient puissant en dévorant ses anciens congénères ? On dirait une créature tirée des légendes les plus sombres de ce pays. Penses-tu qu'il est capable de communiquer ? Est-il encore humain au sens conscient du terme, demandais-je en la bombardant de questions."


Cette histoire devenait de plus en plus intéressante ! Cela titillait ma curiosité, peut-être de façon un peu malsaine, mais que voulez-vous, les choses les plus sombres sont souvent celles qui méritent le plus d'être étudiées.


" C'est donc ces découvertes et les informations qui vous ont été révélées qui t'ont inquiétée à ce point ? Ma pauvre amie, cela n'a pas dû être facile à entendre, et de voir les cadavres en prime ... "


Je pris ses mains dans les miennes et les serrais en signe de réconfort.


" Pouvez-vous m'en dire plus sur cette créature ? Est-ce .. Est-ce un phénomène magique lié à l'un des nôtres ou quelque chose de plus .. Primitif ?"


S'il avait clairement été dit que c'était lié à la sorcellerie, nous pouvions nous attendre à plus de surveillances et de paranoïa de la part de nos concitoyens, ce que nous cherchions absolument à éviter bien sûr. Pourvu que ce ne soit pas magique ... J'en avais déjà plus qu'assez de devoir regarder par dessus mon épaule à chaque fois que je vendais mes baumes et mes potions de soins.
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La curiosité dont Roxanna fait preuve ravive l'ardeur de Betty. En parler ainsi, cela prend le goût de la réalité, mais de ces réalités que l'on peut maîtriser, comme lorsqu'elle était encore enfant et que Anne lui montrait comment résoudre des problèmes mathématiques avec des coquillages. Il suffisait de considérer le wendigo comme un coquillage sur la plage, et d'imaginer des solutions à tracer dans le sable. Cette métaphore la rassure, et elle presse doucement les mains de Roxanna.

- Il semblerait que cette chose soit étroitement liée aux Indiens et à leurs croyances. Si ma mémoire ne me trompe pas, la vieille chamane avait parlé d'une sorte de mage, qu'ils surnomment "skinwalker". Il s'agirait d'une personne capable de revêtir l'apparence d'un animal qui leur serait étroitement lié, un peu comme si... un peu comme si je pouvais prendre l'apparence de Belle, tu vois ? Sauf qu'au lieu d'appeler cela familier, ils le surnomment totem.

Faire ce méthodique résumé de la situation renforce son impression d'exposer un simple problème mathématique, ou encore de raconter une histoire. Peut-être avait-ce l'air fou, mais en tant que sorcière elle n'était plus à une folie près.

- En bref, cet animal totem aurait fini par submerger le mage, le condamnant à devenir, eh bien... ce que c'est maintenant. Au début, j'ai cru que cela pourrait être comme une sorte de loup-garou, mais la lycanthropie est ponctuelle alors que là, c'est permanent. Du moins, jusqu'à ce que l'on s'en débarrasse.

La domestique s'arrête un instant pour reprendre son souffle après cette tirade, les yeux baissés sur leurs mains. Elle suit pensivement le contour des phalanges de son amie du bout du pouce, les sourcils légèrement froncés.

- ... Ils veulent s'en débarrasser, mais... J'ai peur que ça ne marche pas. La vieille a dit que la seule faiblesse de la bête était le feu, mais je ne sais pas si c'est suffisant pour en venir à bout. Je crains qu'il n'y ait un massacre, Roxanna...

Le cœur serré dans sa poitrine, elle réalise que cette déclaration sonne comme si elle tenait à la colonie, à ses habitants qui lui lancent des regards mauvais, qui maudissent ses cheveux roux, qui se signent sur son passage, qui n'attendent qu'une chose, la voir brûler une bonne fois pour toute. Sa bouche se tord en un pli amer. Elle ne tient pas à ces gens-là, et pourtant... Mais ce n'est pas la seule chose qui la tiraille. Elle prend une légère inspiration avant de se remettre à parler.

- Et puis, pour être honnête, j'ai peur que ce ne soit du gâchis que de tuer cette bête. Ne te méprends pas, je n'éprouve aucun plaisir à voir des gamins se faire étriper, mais... Mais c'est une chose qui nous est totalement inconnue encore, et je me demandais s'il n'y avait pas moyen de... de... de l'apprivoiser, en quelques sortes.
Mars 1690 - Elizabeth & Roxanna


"Le monstre n'est pas toujours celui que l'on devrait craindre."


Ah, quel sujet passionnant, quelle recherche passionnante que celle-ci ! Presque autant que celle à propos du triple retour ! Enfin au moins, nous pouvions travailler sur ce sujet dès maintenant et nous avions la possibilité de faire des avancées phénoménales dès maintenant, contrairement à notre premier sujet d'étude, qui malheureusement pour nous stagnait au point mort. Nous avions beau tenter de réunir de nombreux grimoires et écrits à ce propos,cela restait une entreprise périlleuse et difficile à accomplir. Alors cette créature représentait une véritable distraction plus que convenable, un nouveau défi que nous pourrions résoudre. Le Crépuscule de Prométhée ne voulait pas entendre parler de ce sujet, contrairement à la thèse du triple retour, qui les captivait plus que tout : ils avaient besoin de nos recherches sur le triple retour pour leurs propres projets.
Ce wendigo ... C'était quelque chose d’exceptionnel, quelque chose de merveilleusement captivant. Dangereux, ça, fort probablement. Les habitants n'étaient pas morts de leurs propres volontés, ils avaient bel et bien passés l'arme à gauche. Elizabeth n'aurait pas pu m'annoncer une meilleure nouvelle. A part si elle avait trouvé le moyen de ramener à la vie mon fils et mon mari ... Ce qui était, à mon grand malheur, impossible pour nous en ces temps troublés : nous nous exposerions à bien trop de représailles, ce type de sort serait bien trop dangereux pour notre propre santé.


" Un skinwalker ... Je crois avoir lu ce mot quelque part dans un des carnets que j'ai glané auprès de certaines connaissances - du Crépuscule de Prométhée en vérité, mais je n'avais encore jamais parlé de mon affiliation à ce groupe à mon amie. La culture indienne ne cessera de m'étonner, elle regorge de surprises plus que liées à la magie. Il faudrait que nous trouvions quelqu'un capable de nous parler plus en détails de ces choses, cela pourrait être extrêmement enrichissants pour nous ! Ce serait donc une sorte de lycanthropie bien plus ... Permanente et drastique. "


Cette légende à propos des totems attisait ma curiosité. C'était vraiment dommage qu'ils n'aient pas pu en apprendre plus de la tribu, mais nous trouverions bien un moyen. Quelqu'un serait bien à même de nous en dire plus, après tout nous n'étions pas sans ressources non plus. Et pourtant ... Pourtant Elizabeth n'avait pas perdu son air soucieux et la suite de ses déclarations expliqua son inquiétude. Et je devais avouer qu'en y réfléchissant, j'étais assez d'accord avec son argumentation. Je lui souris gentiment avant de lui tapoter gentiment la main et de nous resservir un peu de thé.


" C'est le problème des habitants de cette vile malheureusement ... Ils tentent tout d'abord de détruire avant même de comprendre. Et s'ils s'emportent, s'ils perdent leur sang-froid ... Je crains le pire moi aussi, j'ai bien peur que toutes leurs tentatives ne mènent qu'à des échecs retentissants s'ils ne font pas preuve d'un peu plus de patience et de discernement. "

Moi non plus je ne tenais pas forcément beaucoup aux villageois, mais un massacre ne serait la solution. Cela provoquerait notre fin à tous, nous autres pratiquants des arts "obscurs", car ce serait nous que les survivants accuseraient en premier.


" Très chère Elizabeth ... Je n'aurais pas dit mieux. Je préférerais moi aussi l'épargner. Tuer cette créature serait un parfait gâchis, avouais-je à mi-voix, contente de voir qu'elle partageait mon avis. Personne avant nous, à part les Indiens, ne s'est jamais demandé comment ces ... Wendigos pensent, disons. Sais-tu si les habitants ont prévu, enfin plutôt quand ils ont prévu d'aller à la chasse ?  Nous pourrions peut-être ... Enfin ce n'est qu'une proposition ... Nous pourrions peut-être les ralentir, les empêcher de faire du mal à la Bête. Je suis sûre qu'à nous deux, en mettant en commun nos connaissances et nos savoirs, nous pourrions trouver le moyen de communiquer avec le Wendigo. Ce serait tellement merveilleux si nous pouvions trouver le moyen de le faire redevenir plus humain : imagine, être capables d'inverser le processus ! Cela serait un premier pas immense vers des sortilèges de guérison bien plus poussés et effectifs ! "


J'en tremblais déjà d'anticipation. Qui sait quel genre de découvertes nous pourrions faire si nous arrivions à mettre la main sur la Bête, plutôt qu'à la détruire. Cela serait bien plus productif et utile. Ne pouvant contenir réellement ma fièvre, je me relevais et me mis à faire les cents pas dans la pièce, mes jupons balayant le peu de poussières à chacun de mes mouvements. Un juron s'échappa de mes lèvres.


" Bon dieu, mais comment allons-nous donc bien pouvoir les empêcher de commettre la pire erreur de leurs vies ?! S'attaquer à cette bête sans en savoir plus, c'est courir à sa perte tête baissée ... Et si jamais ils parvenaient réellement à l'éliminer, alors nous perdrions un sujet de recherche plus que passionnant ... "
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Bouche bée, elle regarde son amie se relever, ses jupons voletant autour d'elle alors qu'elle évoque l'idée d'empêcher les chasseurs de s'en prendre à la bête. Les yeux de Betty s'agrandissent, tandis qu'une lueur nouvelle semble danser au fond de ses pupilles.

- Oui, tu as parfaitement raison ! Ce qu'ils s'apprêtent à faire n'est pas différent de la cruauté dont ils font preuve en massacrant nos semblables.

Même s'il est avéré que cette chose a bel et bien tué toutes ces personnes.

- Je ne suis pas encore certaine de la date à laquelle les volontaires comptent partir en chasse, mais je te préviendrai dès que j'en saurai plus.

Avec un léger sourire amusé aux lèvres, elle suit sa comparse du regard, plongée dans ses réflexions.

- Voyons... Il faudrait déjà empêcher les chasseurs de parvenir jusqu'au wendigo. Il me semble qu'aucun ne sache à quoi il ressemble vraiment, alors peut-être pourrions-nous... créer un leurre, afin de les éloigner ? De cette façon, nous pourrions les tenir à l'écart, et chercher le vrai monstre de notre côté.

La perspective de cette expédition fait frémir d'excitation la jeune femme, qui joue fébrilement avec une boucle rousse du bout des doigts. Si elle ne possède plus sa force d'antan, elle garde malgré tout les connaissances, et elle sait que Roxanna pourra pallier ses éventuelles faiblesses.

- Et pour ce qui est de la bête, il faudrait pouvoir la piéger sans lui faire de mal.

Ce qui en soi ne devrait pas être trop compliqué étant donné que la bestiole était potentiellement immortelle.

- Si elle craint le feu, nous devrions réfléchir à partir de là...
Mars 1690 - Elizabeth & Roxanna


"Le monstre n'est pas toujours celui que l'on devrait craindre."

Wendigos et sorciers ... Deux créatures mystiques que réprouvaient les villageois de Warwick Bay, deux êtres véritablement dangereux surtout quand on les poussait dans leurs retranchements en tentant de les éliminer de la pire façon possible. Entre les inquisiteurs qui nous menaient la vie dure dernièrement et la masse d'habitants en colère en train de traquer la Bête, je ne savais pas réellement ce qui était le plus mortel au fond. Nous étions plus semblables que nous ne pouvions l'imaginer, nous risquions de mourir pour très peu de choses, pour de simples différences. Qui sait, le Wendigo n'était peut-être pas que la bête sauvage et meurtrière qu'on voulait nous faire croire ? Peut-être qu'il ressentait des sentiments, qu'il était attaché à certaines personnes, bref, qu'il avait encore une part humaine. C'était véritablement fascinant et j'étais ravie de voir qu'Elizabeth semblait partager le même point de vue que moi : je le voyais bien à son sourire, à ses yeux brillants, qu'elle était aussi enthousiaste que moi-même.


" Un leurre oui, quelle bonne idée ! Mais comment en créer un convenable, un qui parviendrait à tromper toute cette bande de joyeux imbéciles, me demandais-je à voix haute, en tapotant doucement mon menton. On pourrait leur indiquer une mauvaise direction, avoir entendu des cris ailleurs ? Mais pour cela il faudrait que nous participions, ce dont je n'ai pas vraiment l'intention ... A moins qu'on envisage de capturer la Bête le même jour ? "


Faire des pièges pour monstres, ce n'était pas vraiment dans mes cordes, ni dans mes habitudes. De ce que j'en savais, Elizabeth n'était pas non plus spécialisé dans ce genre de créature. Bon sang, il nous faudrait vraiment toutes les informations que nous pouvions avoir ...


" Utiliser le feu ça pourrait être une bonne idée oui mais comment en faire un piège fonctionnel ? Il faudrait qu'on réussisse à l'attirer je ne sais comment dans la forêt, qu'on allume des feux ensuite pour le guider vers l'endroit où on le garderait ... Ça risque d'être bien compliqué à mettre en place, mais je nous crois capable d'y arriver, nous ne sommes pas sans ressources ! Il faudrait que l'on commence par trouver un endroit où on pourrait cacher la Bête, une grotte ou une maison abandonnée dans les bois ... "


Commençant à voir un début de plan se former, je fouillais dans la bibliothèque et en sortit une carte grossière que j'étalais ensuite sur la table basse, en face de nos fauteuils.


" Quand on saura quand ils comptent faire une battue, il faudra aussi que l'on se renseigne sur l'endroit précis qu'ils comptent fouiller. Ca serait dommage qu'ils découvrent nos plans, nos intentions cachées, déclarais-je. Dis moi, tu connais un endroit où l'on pourrait cacher notre "camarade" une fois qu'on l'aura piégé ? "
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