[EVENT] L'heure est aux négociations

[Page 1 sur 1]


_________________
avatar
Le marteau des sorcières
L'heure est aux négociations

Résumé de l'event - Les nouvelles se sont fait entendre à travers la clameur de haine et mécontentement. Katerine, l’aînée des enfants disparus a été retrouvée. Ou plutôt son cadavre. Massacré, déchiqueté, démembré... Son corps pourrissant a été découvert par la tribu indienne. Le corps a été rendu à la colonie, non sans soulever l'indignation de la population. Voilà des semaines, des mois même que les colons attendent de voir cette bête empalée, rien ne vient et l'impatience soulève les cœurs autant que la peur et l'incompréhension. Face au soulèvement qui se propage rapidement à travers les habitants, le conseil se décide finalement à agir. La décision est prise, on demande à des volontaires, peu importe leur rang et milieu, de se joindre à une expédition pour négocier auprès des Indiens. Les accusations risquent de mettre en péril la paix fragile entre les puritains et les Kanienkehaka bien que les pertes soient recensées des deux côtés. La diplomatie est donc de rigueur pour cette fois, cruciale et vitale dans ces moments de troubles. N'oubliez pas, la bête est toujours introuvable et il sera de votre devoir de la dénicher, de savoir ce qu'elle est ou qui elle est pour pouvoir en venir à bout.

◈◈◈

On traîne un brancard grossier fait de bois et de fourrure. Un corps... c'est une femme ou plutôt ce qu'il en reste... Un bras arraché, les viscères à l'air et à moitié dévoré. Lorsque vous arrivez, cette vision d'horreur est la première chose qui vous frappe alors même que les Mohawk passent à côté de vous, sans même un regard pour votre groupe. Vous comprenez bien vite que votre présence ici est accompagnée d'un très mauvais timing. Pas besoin d'être un éminent scientifique pour comprendre que la bête n'épargne personne. Vous comprenez mieux à présent, l'urgence de la situation. Les rumeurs entendues n'ont soudainement plus d'importance, les Indiens aussi, sont victimes de la chose qui arpente librement les bois une fois la nuit tombée. Face à cela, un frisson vous parcourt l'échine, probablement.

Bien vite c'est une femme, jeune et trapue, bien en chair qui vos accueille avec la mine pâle et fatiguée. Ici personne n'est d'humeur à rire, on prépare déjà le rite funéraire pour la victime du jour, au loin vous entendez les pleurs, les cris de désespoir d'un enfant dans les bras de son père éploré face au massacre de ce qui était probablement une épouse. Chaque seconde qui passe n'est pas fait pour vous mettre à l'aise, les négociations n'ont pas encore commencé que l'ambiance est déjà lourde dans le village Mohawk. Pourtant l'on vous guide néanmoins jusqu'à une tente. Plus grande que les autres, une fumée s'en échappe et lorsque le pan est tiré et que l'on vous laisse y pénétrer, c'est l'intense chaleur du lieu qui vous prend à la gorge. La différence de température avec l'extérieur est prenante, saisissante, presque étouffante. Plus encore que l'odeur des plantes qui s'échappe dans des volutes de fumée qui dessinent des arabesques hypnotisantes dans l'air.

« Asseyez-vous. »

Grince la voix de la hoyaneh. À votre grande surprise probablement, vous découvrez que le guide spirituel n'est pas un homme mais une femme. Entre ses lèvres est coincé le bois d'une longue pipe. C'est donc de là que vient l'odeur des plantes qui vous pique le nez et engourdit vos sens ? La vieille femme vous observe un instant, ses yeux sombres se posant sur chacun d'entre vous. Elle juge en silence, vous laisse prendre place autour du feu qui réchauffe lourdement la tente. Voyez le bon côté des choses, au moins vous n'avez plus à supporter la vision horrifique de ce cadavre à l'extérieur.

« Le conseil de votre... tribu, nous a demandé de l'aide. Comme vous l'avez vu en arrivant, vous n'êtes pas la seule victime de la créature qui sévit dans nos bois. »

À votre grande surprise, son anglais est impeccable. Presque, si l'on oublie cet accent haché à chacun des mots soufflés. La femme abaisse sa pipe, crache un épais nuage de fumée qui entoure vos visages et stagne dans toute la tente alors qu'elle reprend la parole.

« Et c'est donc vous, que vos chefs envoient … ? Bien, émissaires... Libre à vous de poser les questions qui vous brûlent les lèvres. Je tâcherai d'être aussi claire que possible, pour vous. »

Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Invité
Invité
A la lourde tresse rousse sur son épaules se mêle un ruban de velours vert, écho à ses yeux luisant de curiosité. Sans qu'elle ne sache vraiment pourquoi, Elizabeth a tenu à s'apprêter au mieux pour leur entrevue avec le guide spirituel des natifs. Enfin, avec la guide spirituelle. Assise aussi confortablement que possible dans le cercle formé par ses compatriotes, elle ne peut détacher son regard de la vieille femme, fascinée. Que penserait l'Eglise si parmi les bons citoyens de la colonie se trouvait une femme de cet âge, fumant la pipe, et dotée d'une telle importance ? Elle n'est même pas sûre d'avoir déjà vu un être humain aussi vieux. Si son cœur s'est soulevé en voyant le cadavre au-dehors, elle l'a aussi senti battre plus fort, de peur, d'excitation, d'impatience. Enfin l'occasion se présentait d'en savoir plus, et ce n'est pas une, mais des centaines de questions qui s'agitent dans son crâne : de quoi s'agit-il vraiment, est-ce intelligent, d'où cela vient-il, pourquoi est-ce là, est-ce contrôlable, ou bien cela agit-il de sa propre volonté ? De plus, elle tient encore les maigres indices dispensés par Aleera Belkhan lors de leur entrevue. En cela, la sorcière ressent une once de fierté, comme si elle avait déjà une longueur d'avance sur les autres, comme si tout cela n'était qu'une sorte de jeu grotesque, dont elle brûle de connaître et maîtriser les règles. Alors, sans attendre, elle élève la voix et demande :

- Cette chose là dehors, elle tue pour le plaisir, pas pour sa simple survie... Ce n'est pas juste un animal, n'est-ce pas ?


Spoiler:
Impatiente d'en savoir plus, Betty demande à savoir si la bête est plus qu'un simple animal, sous-entendant qu'elle pourrait avoir quelque chose d'humain.
Sonja avait décidé de se joindre à la congrégation d'émissaire envoyé chez les indiens pour régler l'histoire des meurtres. Elle n'y allait pas de gaieté de cœur, mais le faisait pour le bien des rares personnes qu'elle appréciait. Elle vit la tristesse de la tribu via le brancard où se trouvait le corps déchiqueté d'une indienne qu'elle avait autrefois connue. Elle n'afficha aucun dégout, elle s'intéressa uniquement aux corps. Qu'importe l'odeur qui s'en dégageait, elle devait l'examiner pour voir de quoi cette CHOSE est capable.

Par la suite, elle suivit l'assemblée de la colonie, se diriger vers la guide spirituelle du village. D'après ce qu'elle entend, les deux peuples veulent s'entraider pour chasser le coupable. C'est une idée qui peut être bonne, mais peuvent-ils s'entendre ? Une femme pose une question. Elle n'a pas dû observer le corps totalement. "Vous avez vu le corps non ? Cette chose tue, certes pour le plaisir, mais elle nous dévore également. Soit cette chose n'est qu'un vulgaire cannibale, soit c'est bien plus qu'un humain avide de chair humaine !" Elle doute qu'on l'écoute vu son statut d'ancienne esclave, mais elle sans fiche, les indiens l'écouteront eux !
Spoiler:
-Sonja participe à l'assemblé
-Elle répond à Elizabeth. Après avoir observé le cadavre, elle juge que la chose ne tue pas que pour le plaisir, mais aussi pour manger.
Voir le profil de l'utilisateur

_________________
avatar

    Les pleurs de l'enfant glacent son sang. À peine tourne-t-elle la tête pour suivre des yeux les deux hommes ramenant leur défunte au camp qu'elle voit le petit garçon, si jeune et empoté, se ruer à leur suite, mains tendues vers l'avant, hurlant toute la douleur et la haine d'une telle perte. Caoimhe déglutit, se force à dévier le regard pour ne pas affronter ce spectacle plus longtemps. Oh, jeune enfant, si tu savais comme elle te comprend. Chaque cri qu'il pousse lui rappelle les siens, il y a de ça presque dix ans maintenant. D'une autre part, elle ne peut supporter la vue de la carne à vif, à l'air, et des mouches qui la suivent. Ca aurait pu être elle. Cette indienne et Katerine auraient pu être elle.
    Quand Elizabeth s'est portée volontaire pour rejoindre le camp Mohawk, Caoimhe a vu là l'occasion de concrétiser leur petite conversation, l'autre nuit dans la chambre de Betty. La nuit où la jeune bourgeoise a appris l'existence de pouvoirs magiques chez sa servante. Aller voir les indiens est la meilleure solution pour obtenir réponses à leurs questions ; c'est pourquoi Cherry a tenu à amener avec elle Adam. Les deux jeunes de la maison Perkins ayant fait directement face à la Bête, ça ne pouvait en être autrement.

    Elle aussi, sa tresse pend sur son épaule, mèches blondes s'en échappant çà et là, chevelure trop douce et fougueuse pour être contenue en une simple coiffure. Un ruban bleu s'accordant à ses prunelles brunes. Ce bleu est un affront, une revanche sur la Bête. Le bleu symbolise la vie, apaise et aide à trouver une sérénité intérieure. Ce que la Bête a tenté de lui enlever. Elle espère, en venant ici, découvrir ce qui la taraude à son sujet. Pas savoir pourquoi cette créature est là, ni ce qu'elle est, mais qu'a-t-elle ressenti lors de leur poursuite, pourquoi l'a-t-elle ressenti.
    A ses côtés, Adam. Avant de rentrer dans la tente, elle jette un regard inquiet à son égard. Ses bouclettes pourtant si bien coiffées ce matin n'en font qu'à leur tête, un peu comme leur porteur, et ça l'agace un peu plus ; suffisamment tendue pour s'infliger plus de frustration, elle rentre à la suite d'Elizabeth qui ne prend même pas soin de saluer la vieille dame. L'air étouffe les émissaires, la chaleur est parfaitement insupportable, et ces odeurs d'herbes... De la sauge, au moins, et de l'herbe à bisons. La guide spirituelle, n'est-ce pas... ? Betty est la première à ouvrir la bouche, suivie d'une... Négresse, dont Caoimhe ignore presque tout, si ce n'est qu'elle est à Warwicky Bay. La bourgeoise s'assied sur ses jambes, prenant soin de ne pas froisser sa robe.

    Pour l'instant, elle se tait. Refusant d'abord de dévoiler sa mésaventure avec cette Bête, elle veut surtout se faire oublier, rester en retrait pour observer la scène de ses yeux méfiants. Elle regarde le décor, la vieille dame... Puis les autres émissaires.


Spoiler:
Pardon pour la longueur, c'est le début c:

- Caoimhe arrive, accompagnée d'Adam et Elizabeth qu'elle laisse rentrer la première.
- Elle se pose entre ses deux servants et se contente d'observer, pour le moment.
- Elle ne souhaite pas en savoir plus que ça sur la Bête, mais voudrait comprendre les sentiments étranges éprouvés lors de la chasse.
Voir le profil de l'utilisateur
En voyant le cadavre de la jeune femme, qui ressemblait désormais plus à de la charpie humaine qu'à un corps, Adam vit naître le désir d'être n'importe où plutôt qu'ici. Enfin, à condition que ce n'importe où fût à plusieurs lieux de la bête. Pourtant il avait voulu venir ici même s'il n'en avait pas fait la demande à haute voix. La curiosité le rongeais, il voulait savoir ce qu'était cette créature. Dès qu'il l'avait pu, le jeune homme avait consulté son grimoire, qui contenait un bestiaire, pour voir s'il y trouvait le monstre. Mais rien de ce qu'il n'avait vu lui ressemblait. Il en était venu à la conclusion qu'une des raisons expliquant l’absence d'information était que la bête pouvait être une créature locale. Lorsqu'il entendit parler d'une expédition pour parler aux peuples indigènes, il avait souhaiter y participer car eux savaient peut-être ce qu'elle était,  mais il voyait mal comment déroger à ces obligations de servant pour cela.

Adam n'eut pas à s'en soucier au final puisque, à sa grande surprise, sa maîtresse avait décidé d'y aller. Et fort évidemment il fut "convié" à venir également. Il ne comprenait pas ce que Caoimhe venait faire ici. Il pensait qu'elle voulait se tenir le plus loin possible de toute cette histoire. Mais ce qui l'interrogeait encore plus était la présence d’Elizabeth. Pourquoi diable les accompagnait-elle ? Quelle était son lien avec cette histoire ?  Toujours était-il que sans plus de formalité ni respect envers la sage, c'est elle qui pris la parole la première. Et elle semble en savoir beaucoup sur la bête. Et Adam espérait que ses connaissances ne venait pas de Caoimhe. Après les remontrance qu'il avait reçu pour vouloir en parler, la jeune fille n'aurait quand même pas décidé de confier le secret de leur rencontre dans les bois avec quelqu'un ?
Vint ensuite au tour de Sonja de prendre la parole. Sa présence ici, au contraire ne le surprenait guère. Il avait, en de rares reprises, discuté avec l'esclave affranchi et avait appris qu'elle avait des liens avec les natifs.
Lui, resta silencieux, il préférait voir comment la discussion allait tourner avant de réagir.

Spoiler:
- Adam voulait venir mais ne se sent pas à l'aise
- il pense que la créature est originaire du nouveau continent
- il est surpris que Caoimhe ait voulu venir
- il est encore plus surpris que Elizabeth soit là et s’interroge sur la provenance de ses connaissances sur la bête
- il reste silencieux préférant écouter pour le moment
Voir le profil de l'utilisateur
Le médecin, un peu en retard, était arrivée pile au moment où l'on apportait le corps, du moins ce qu'il en restait, de la femme qui avait été 'attaqué'.. même si cela ressembler plus à un massacre qu'autre chose. De plus, l'ambiance était des plus insoutenables.. Entre les pleurs de l'enfant et l'aire déplorable du pauvre homme mélangeaient à l'ambiance du village. Même Embry ne semblait pas indifférent à la situation, en apparence.
Tout ceci semblait bien lugubre, et d'une certaine manière semblait combler ses espérence.. Enfi, il pourrait certainement être d'une aide quelconque dans ce genre de situations.

Il crut reconnaître quelques personnes dont Sonja qu'il avait vu il y a quelques temps..

Spoiler:
- Embry arrive un peu en retard, toute fois, il propose son aide si besoin...
- Il ira aussi voir le père et l'enfant pour les conforter...
- Il rejoindra les autres après tout ça...
Voir le profil de l'utilisateur

_________________
avatar
Le marteau des sorcières
L'heure est aux négociations

La politesse n'est pas de mise, les choses ne partent clairement pas sur un bon pied. Où est donc passé cette soi-disant amitié qui unit les deux peuples depuis plus d'un siècle ? Ces gens, là, juste devant la hoyaneh sont aussi chétif que des enfants. Et sans doute moins curieux. Pourtant la vieille femme reste calme, pipe à la bouche, savourant les plantes qui engorge ses poumons d'un doux fumet sans doute un peu trop amer pour ces nouveaux venus. Elle attend, paisiblement. Jusqu'à que la jolie rousse soit la première à enclencher la conversation, si l'on peut nommer cela ainsi.

Cette chose là dehors, elle tue pour le plaisir, pas pour sa simple survie... Ce n'est pas juste un animal, n'est-ce pas ?

«  C'est un animal mais ce n'en est pas un aussi... Ce n'est pas le genre de chose que vous, hommes blancs, puissiez répertorier dans vos livres. Vous croyez en une puissance supérieure que personne n'a jamais vu et pourtant cette chose, comme vous la nommée si bien... Vous ne croyiez pas réellement à son existence. C'est bien la raison de votre venue, non ? Pour vous il s'agit soit d'un animal, soit d'un humain... Et s'il était possible d'être les deux ?»

Elle met le doute, la hoyaneh alors qu'un sourire frêle étire le coin de ses lèvres. Un épais nuage de fumée est alors recraché ne tendit que la pipe est abaissée et à nouveau cette odeur âcre et puissante de tabac et plante mêlé, vient englober toute la tente. Ses yeux sombres et aux paupières ridés se posent sur la rousse, elle la fixe intensément. Cette femme est vivace, un peu trop sans doute. Alors une autre femme prend la parole, plus discrète, effacée. Si elle n'avait pas parlé, sans doute la vieille femme aurait tout juste réalisé sa présence.

Vous avez vu le corps non ? Cette chose tue, certes pour le plaisir, mais elle nous dévore également. Soit cette chose n'est qu'un vulgaire cannibale, soit c'est bien plus qu'un humain avide de chair humaine !

Et le débat commence. Qui des deux est sur la bonne voie ? Un rire amusé passe les lèvres de l'Indienne qui ajuste sa position. Elle agite un doigt vers la femme à la peau noire et répond à ses allégations.

« Nous y voilà... Toi, tu es plus observatrice que ta comparse. En effet, la bête dévore. N'oubliez pas qu'il s'agit d'un être vivant et comme chaque créature dotée de la vie, elle a des besoins. Bouger, manger, dormir et même trouver de quoi... s'accoupler. »

Ses yeux scrutent l'assemblée, elle attend une réaction, elle attend de voir ce qui peut germer dans leurs esprits étriqués de bons chrétiens. Elle pourrait leur dire à présent de quoi il s'agit mais ce serait trop facile... Après tout, les blancs ont pris tout leur temps pour avoir cette négociation, voilà des mois que la bête sévit. Eux et leur ego, tellement écoeuré à l'idée de s'abaisser à tendre la main aux autres. La hoyaneh pivote le visage, observe la jolie blonde, le brin à ses côtés et l'homme plus mûr lui aussi en retrait. C'est qu'ils sont bien silencieux pour des gens venus parler et obtenir des informations. Presque agacée malgré son calme, la vieille femme inspire longuement sur le bout de sa pipe avant de l'abaisser et de reprendre la parole.

« La bête est à la fois un animal et un être humain. Aussi surprenant que cela est, c'est possible. Allons bon ! Vous croyez bien en un homme qui marche sur l'eau et change de l'eau en vin ! Pourquoi pas ça ?! »

Et le rire s'élève, gras, entrecoupé d'une toux grasse. La vieille femme rougit sous sa quinte de toux, secoue le main face à son visage pour chasser la fumée puis reprend.

« Dans votre village, on chasse ce que l'on ne comprend pas. Vous appelez cela la sorcellerie. La magie, elle a bien des formes vous savez, c'est avant tout avoir l'esprit ouvert, savoir maîtriser les énergies. Ces énergies sont partout, même dans le corps des humains. Parfois, il arrive que le corps et l'esprit ne fassent plus qu'un, liés par ces énergies... Alors le corps prend l’apparence de ce que vous appelez le "moi profond". Nous ici, nous appelons ça... totem. »

Elle renifle la vieille femme et s'empare d'un bâton de bois avec lequel elle remue les braises dans le feu. La chaleur dans la tente est toujours intense, combien de temps vont-ils encore tenir.

« Ici les totems ce sont des esprits animaliers, des gardiens, des protecteurs... Chaque vivant possède son totem et en de rares occasions, certains sont capables de communier et de ne faire qu'un avec cet animal en eux. Maintenant réfléchissez bien... Quel est donc le lien avec la bête, hm ? Pourquoi dévore t-il les hommes ?»

Voir le profil de l'utilisateur

_________________
avatar
La vengeance indigène
Quand le bruit courra dans le campement Kanienkehaka qu'une femme blanche avait été retrouvée à l'orée de la forêt bordant leurs terres de chasse,  dépecée de la pire manière qui soit, Wakiza haussa les épaules et répondit que ces étrangers n'avaient rien à faire dans la région et que ce qui était arrivé à cette femme n'était au final que justice. La Nature elle-même savait par l'entre-mise de ses animaux sauvages se défendre et se rendre redoutable.

Mais il vit de ses propres yeux l'état dans lequel était le corps de cette jeune colon, il ne put réprimer un froncement de nez qui exprimait autant son dégoût qu'une perplexité inquiète. De toute évidence et il ne pouvait que l'admettre, ce n'était certainement pas une bête sauvage "naturelle" qui avait commis un tel carnage. Mais enfin ... si les blancs mourraient de façon si horrible, ce n'était pas lui qui allait s'en plaindre ... et même si sa curiosité de chasseur et de pisteur le taraudait à propos de la nature réelle de la "chose" qui avait fait ça, il  reporta ses considérations à des constatations ultérieures.

Mais quand les hurlements horrifiés des femmes de la tribu accueillirent le corps délabré et anéantis d'une congénère, le chasseur compris que les blancs n'étaient pas les seules victimes de la sauvagerie macabre de ce mystérieux prédateur. La rage au ventre le chasseur voulut tout d'abord se lancer immédiatement sur la piste de la "bête" mais quand on lui dit qu'une délégation de colons allaient être dépêchée au sein du campement pour obtenir des informations sur le monstres responsable de la tuerie qui les frappait les Membres de sa communauté indigène autant que celle des blancs, alors il remisa  ses envies de traque pour garder un œil  sur ces perfides visiteurs qu'il ne créditait d'aucune confiance ...

C'est d'un air sombre et suspicieux qu'il les vit entrer dans l'enceinte du campement agglutiné, ou peu s'en faut, comme un troupeau malingre d'un cheptel malvenu. C'est d'une inquiétude réprobatrice qu'il les toisa de loin à la suite de l'une des sien qui les guidait vers le Teepee de la chamane.

Il était hors de question qu'il laissa leur vieille sage seule avec ces démons blancs. Car même si l'Hoyaneh était une rusée et qu'elle était capable d'en rouler plus d'un, Elle restait une vieille femme bien fragile face à d'éventuels agresseurs. Ces Blancs ne traînaient que le malheur et la mort dans leur sillage.

Se hâtant alors de rallier la tente de peaux tannées d'où s'échappaient les fumerolles acre du foyer de la voyante, il y pénétra sans attendre, son couteau au poing, espérant d'un air déterminé éventuellement interrompre un comportement agressif de la part des hôtes qui auraient mérité alors qu'il les tue tous sur le champ ...

Mais non, tous semblaient posément écouter l'ancienne et discuter avec elle d'une manière respectueuse et pacifique. Se renfrognant dans un grognement dépité pour venir finalement s'asseoir en tailleur aux cotés de celle-ci, il défigura un à un les visiteurs, les sondant d'un regard d'une froideur ne laissant aucun doute sur l'inimitié qu'il éprouvait à leur égard.

Pour lui rien n'était plus méprisable et dangereux que ces êtres perfides... ces "visages pâles à la langue fourchue".Certes il remarqua néanmoins qu'il y avait parmis eux une femme à la peau noire ... mais elle était vêtue comme eux et parlait la même dialecte ... méfiance donc ...

Ne les lâchant pas de la noirceur inquisitrice de son regard et gardant son poignard à la main, il écouta l'ancienne répondre à des questions qu'il supposa avoir été posées avant qu'il ne fasse irruption aussi subitement. Mais il n'intervint pas. Il les jaugeait, il les jugeait et jugulait la haine farouche qui bouillonnait sourdement en lui.

résumé:


toutes mes excuses pour l'intro à rallonge mais il fallait que je rentre dans l'action apres "un tour " de retard ^^ les prochaines réponses seront plus raisonnables

-Wakiza les voit entrer dans le campement
- Il fait irruption lame à la main dans la tente de l'Hoyaneh
- Il va s'asseoir l'air maussade tout proche d'elle,comme un garde du corps
- Il dévisage les visiteur avec une animosité évidente
Voir le profil de l'utilisateur
Les récits de la vieille femme intéressaient Adam en dehors même des liens qu'ils pouvaient avoir avec la bête. Adam n'avait jamais rencontré d'indiens avant sa venu en ces lieux aujourd'hui, et les histoires les concernant les dépeignaient simplement comme des sauvages. Pourtant, il ne fallait qu'un seul coup d'œil au camp pour se rendre compte que c'était une véritable communauté. Bien différente de celles d’Europe, mais plus éloignée encore des animaux qu'on s'amusait à lui décrire. Ils avaient une culture ancienne qu'Adam désirait comprendre. Surtout que cette dernière semblait liée à la magie. Une magie à mille lieux de la sienne, et c'est en cela qu'elle était vraiment intéressante. Mais ils n'étaient pas là pour ça et il fallait se concentrer sur la bête. La shamane aimait parler par énigmes et ne semblait pas vouloir donner les informations toutes prêtes à être recueillies. Non il fallait aller les chercher, et c'est donc ce qu'il s'apprêtait à faire
Est-il possible de...
Adam s’interrompit soudainement en entendant entrer l'indien. Le voyant l'arme au point, il se demanda si un danger venait de surgir. Il sembla que non, lorsque ce dernier se contenta de se placer au côté de la sage les regardant l'air menaçant. Une fois le nouvel hôte installé, Adam recommença :
Vous dites qu'il est possible de ne former qu'un avec son totem. Mais est-il au contraire possible de se dissocier de lui ? Si le totem représente l'esprit, est-ce que la bête serait le corps d'un homme ayant perdu ou abandonné son esprit ?

Spoiler:
- Adam aimerait connaitre la culture et la magie des indiens
- il demande à la Shamane si la bête est un homme ayant perdu son totem
Voir le profil de l'utilisateur
Embry écoutait la vieille femme d'une oreille attentive, même si personnellement il ne croyait ni en Dieu ni même en toute sorte de magie qui pour lui relève du fantasme humain d'être différence de ce qu'ils sont réellement : des animaux. Mais tout ceci ne relève que du point de vue du quarantenaire, qui comme toujours reste calme et attentif, bien que la fumée lui semblait insuportable.. Il avait toujours eu horreur de ce genre de chose, la fumée, l'alcool, rien de tel pour embourbé l'esprit.


Il écouta donc la suite, il aurait vu juste ? Il n'y connaissait pas grand chose pourtant, mais bon. Peut-être qu'il ne l'avait réellement penser et que ça venait son imagination, qui sait encore. Il fut un peu amusé par sa remarque.. Une homme qui marche sur  l'eau ou change de l'eau en vin, qui croirait ça. Pas lui en tout cas. Enfin, il haussa un sourcil en voyant l'un des villageois rentrée avec une sorte de hache ou il ne sait quoi en main, il le salua simplement d'un petit signe de tête. Même s'il semblait un peu agacé par leurs venu, il n'y pouvait pas grand chose.. En tout cas, il ne semblait pas les prendre à cœur.


Il tapota des doigts en entendent la question de la femme. Bien que c'était rare, l'homme haussa un peu la voix pour qu'on l'entende, elle n'était pas vraiment très forte, mais assez audible pour qu'on l'entende dans toute la tente.


" Donc, vous suggeriez que l'homme  et le 'totem' ne font qu'un.. donc, se serait un homme devenu animal..? Enfin, devenu son totem.. Si j'ai bien compris." Il se demanda un court instant quel genre d'animal il pourrait être, puis sortit cette idée de sa tête. Ni croyant pas vraiment, enfin, certainement tout au fond de lui s'il se pose la question.

Et s'il dévore les hommes..  Il haussa un sourcil. Ca pouvait être toute sorte de raisons. Même si la plus plausible serait celle de la vengeance ou quelque chose comme ça.

Spoiler:
Il salut Wakiza d'un léger signe de tête.
A crontrario de Adam, Embry demande si alors l'homme et le totem deviennent unique.
Il est un peu perturber par les dires de la chamane mais reste stoïque.
Voir le profil de l'utilisateur
Les gens présent n'étaient pas très bavard, bizarre pour des blancs qui d'habitudes aiment s'afficher et montrer leur supériorité. Ce pourrait-il qu'ils soient intimidés par la vieille femme qui leur fait face ? Cette simple idée faisait sourire intérieurement la demoiselle.

La sage se remit à parler, toujours par énigme, mais ça ne dérangeait pas Sonja. Cette histoire d'homme et d'animal pouvant se transformer ne la choquait pas. Il y a des choses qui ne peuvent pas s'expliquer et cela en est une. Visiblement, elle avait mis le doigt sur quelque chose, oui, elle, l'ancienne esclave que les blancs détestent. Elle aurait pu se montrer fière, mais ne montra rien, restant impassible.  

L'entrée de Wakiza ne l'effraya pas non plus, contrairement à certains blancs qui avait l'air bien moins rassuré. C'est qu'ils feraient presque dans leur froc en voyant ce couteau capable de scalper des crânes... Et tout ça, ça veut chasser un monstre... ce n’est pas gagné.
 
"Au final, qu'importe que ce soit une bête ou un homme, non ? Le plus important, c'est déjà de trouver cette chose. Est-ce que quelqu'un a noté à quelle fréquence elle tue ? Ceci pourrait nous donner une indication de quand elle pourrait attaquer. D'ailleurs, sur les lieux des meurtres, y a t-il des empreintes que nous pourrions suivre pour la traquer ?" Elle n'avait pas envie de discuter de ce que pouvait être cette chose, car ça ne fait pas avancer cette histoire. Il faut des choses plus concrète pour la retrouver et la tuer.
Spoiler:
-Sonja ne s'attarde pas trop sur cette histoire de totem et de mi-homme/mi-bête
-Au contraire, elle cherche à savoir s'ils ont un début de piste pour chasser la bête que ce soit des empreintes, ou bien la fréquence des morts pour savoir quand elle attaquera de nouveau
Voir le profil de l'utilisateur

_________________
avatar
    Les yeux de la jeune fille s'écarquillent lorsqu'elle entend parler de ce que veut la bête. Son souffle se coupe, aidé par son corset bien serré, et elle dévisage la vieille sage du village durant tout son récit. Ce Monstre l'a prise en chasse, en cible. Elle devrait en parler. Elle doit en parler. Mais ses lèvres sont scellées par le choc des informations et de l'impact qu'elles ont sur la petite bourgeoise. Le rire gras de la Shamane fait sursauter son petit corps frêle, alors elle agrippe le bras de son amie à ses côtés, la serrant contre elle. Avant de manquer d'air, elle pousse un soupir silencieux et tremblant. Les questions tournoient, se cognent contre sa tête.

    Elle sait quelle apparence a cette chose, et elle sait le sentiment étrange qu'elle a ressenti à son égard. Mais pourquoi ? D'où cela vient-il ? Elle voudrait que tout s'arrête, vraiment, que le monstre disparaisse comme s'il n'avait jamais existé.
    Les autres parlent, posent des questions, un faux débat s'installe. Personne n'en sait suffisamment pour argumenter au sujet des origines de la Créature, si ce n'est...

    Caoimhe retient un cri de souris en voyant l'indien entrer dans la tête. Sa prise sur Elizabeth se resserre alors que sa gorge se noue et qu'elle se tasse sur elle-même. Plus le temps passe dans cet endroit, plus elle se dit que jamais elle n'aurait du mettre les pieds ici. Finalement, l'indien se calme, s'assied comme un protecteur près de la sienne.

    Son attention se reporte alors sur l'homme âgé qui a pris la parole. Arrivé en retard, elle le reconnaît pourtant: médecin du village. L'espace d'un instant, elle se rappelle qu'elle aurait du lui rendre visite au lieu de passer chez l'Apothicaire, sans doute en aurait-elle plus appris.
    C'est au tour de la négresse. Ces histoires de totem... Caoimhe se pince les lèvres. Voilà qu'elle soulève les interrogations que la bourgeoise aurait aimé éviter. Aucune envie de témoigner. Pas maintenant, pas devant tous ces gens. Rapidement, elle jette un œil à Adam. Son regard est perdu et en même temps paniqué. Elle ignore si c'est une bonne chose ou non de raconter leur mésaventure, elle qui voulait la taire à tout le village.
    Une idée lui vient, l'image de la femme indienne déchiquetée aussi. Déglutissant, puis se redressant pour adopter une attitude convenable et fière, elle lève légèrement le nez, comme pour faire mine d'avoir confiance en ses dire. L'odeur âcre du calumet lui pique les yeux, fait monter des larmes qu'elle aurait préféré ne pas voir apparaître.
    ... Les femmes... Sa voix se noue. Trop de fumée, trop d'odeur infecte. Elle ne sent que trop bien la sauge. A son tour, une quinte de toux, entravée par son corset serré. Ce monstre... Semble s'en prendre majoritairement aux femmes... Et aux enfants. Parvient-elle à dire entre deux toux, presque calmée. Nous avons aussi subi des pertes de notre côté ; mais peu d'hommes, par rapport aux femmes et aux enfants. N'avez-vous pas le même sentiment ?
    Ou peut-être ses pensées sont-elles complètement engourdies dans sa situation de femme et de victime de la bête.


    Spoiler:
    - Caoimhe craint les dires de la shamane.
    - Elle sursaute de peur quand Wakiza entre dans la tente.
    - Son attitude effrayée n'est pas celle de quelqu'un qui vient pour en savoir plus et pour régler le problème.
    - Elle émet l'hypothèse que la créature s'en prend à la majorité "faible" de leurs deux camps, soit les femmes et les enfants.
Voir le profil de l'utilisateur
Le médecin qui les avait accompagné semblait plutôt de l'avis inverse à Adam. Il pensait que la créature serait quelqu'un qui ne faisait plus qu'un avec son totem. Adam avait envisager cette possibilité mais l'avait refusé. Elle était peut-être vrai, seulement cela ne collait pas avec la manière dont la shaman avait présenté les choses. S'unifier avec son totem était, d'après ses dires, l'union du corps et de l'âme. Un être étant parvenu à cette état n'était-il pas censé être apaisé, serein ? Cela pouvait-il réellement créer une créature pleine de rage, et affamé, n'étant plus en adéquation ni avec les hommes ni avec les animaux ? Ils allaient sans doute bientôt le savoir, si la vieille femme décidait de les aider.

Adam s'interessa également à ce que Sonja avait à dire, et il était plutôt d'accord avec elle, toutefois un point de son raisonnement le dérangeait et il allait le lui partager :
Je suis d'accord Sonja qu'il est important de retrouver la bête au plus vite car plus le temps passe, plus elle fera de ravages, mais il ne faut pas que nous confondions vitesse et précipitation. Ce que nous faison ici n'est pas inutile. Cette créature n'est pas une simple bête, je pense qu'il nous faut comprendre ce qu'elle est si nous désirons savoir comment la pourfendre.  

Quant à Caoimhe... Il se doutait qu'elle n'aurait pas du venir. S'il ne se sentait pas à l'aise ici, sa maitresse était plusieurs cran au-dessus. Elle s'accrochait à sa domestique comme une huitre s'accrochant à un rocher pour ne pas être emporté par les vagues. Enfin, elle avait assez de caractère pour décider de partir si elle le désirait. Et puis, elle avait amené dans la discussion un fait intéressant, le choix des victimes. Il n'avait pas réfléchi à la question, comment la bête choisissait ses proies ?
résumé :

- Adam désapprouve silencieusement l'hypothèse d'Embry Rice
- Il répond à Sonja qu'il faut comprendre ce qu'est la bête pour pouvoir la tuer
- Il trouve la réflexion de Caoimhe pertinante et s'interroge sur le choix des victimes de la bête
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Invité
Invité
Betty est restée silencieuse, longtemps, attentive aux dires de chacun. Elle sent sa jeune maîtresse se tendre à ses côtés lorsque le natif fait irruption dans la tente, et pose une main rassurante sur la sienne. Ce n'est pas un lieu pour une aussi jeune fille, mais elle comprend qu'après sa mésaventure, il est normal pour elle de souhaiter en savoir plus.

- Voyons... Si cette chose a besoin de se nourrir, il serait logique qu'elle s'en prenne aux membres les plus faibles de notre communauté. De plus, si elle a été humaine auparavant, elle sait donc à qui s'attaquer...

Tout cela est des plus fascinants, et la sorcière semblerait presque s'amuser. Non pas qu'elle ne prenne pas la situation au sérieux, au contraire : c'est très sérieux, c'est vital même, et c'est ce qui rend la chose excitante. Le surnaturel, la magie qui l'avait délaissée, revenait s'inviter dans sa vie, et dans celle des autres, et pour Elizabeth, il n'y a pas de plus beau cadeau.

- Un homme-bête donc... Serait-ce un genre de loup-garou, comme dans les contes ? Non, les lycanthropes ne se transforment que les nuits de pleine lune, ça ne colle pas... Du moins, c'est ce qui se raconte.

Elle appuie le bout de ses doigts contre ses lèvres, perdue dans ses pensées. La piste du loup-garou n'est peut-être pas la bonne, cependant elle lui ouvre de nouvelles pistes. Dont l'une qui lui fait subitement voir l'affaire sous un nouveau jour effrayant.

- ... Est-ce que cette chose est capable de redevenir humaine ? Se pourrait-il que... qu'elle vive parmi nous... ?


Spoiler:
Betty est excitée par l'affaire. Elle déclare que si la bête s'en prend aux femmes et aux enfants, c'est parce qu'elle sait qu'il vaut mieux s'attaquer au plus faible. Aiguillée par la théorie de l'homme-bête, elle demande si la bête serait un genre de loup-garou, et si elle serait capable de redevenir humaine et de se fondre dans la communauté.

_________________
avatar
Le marteau des sorcières
L'heure est aux négociations

L'arrivée de l'Indien força la hoyaneh à faire une pause dans ses récits, ou bien était-ce l'attention qu'elle porta une fois encore sur sa pipe ? La vieille femme se contenta d'un court silence hochant vaguement la tête en guise de salut envers son comparse qui faisait irruption sans doute par méfiance. Elle savait comme Wakiza n'aimait pas les blancs, ce qu'elle espérait juste, c'était qu'il ne fasse pas de vague. Alors elle écoute, les questions continuent d'affluer, la curiosité semble enfin faire chauffer les esprits.

Vous dites qu'il est possible de ne former qu'un avec son totem. Mais est-il au contraire possible de se dissocier de lui ? Si le totem représente l'esprit, est-ce que la bête serait le corps d'un homme ayant perdu ou abandonné son esprit ?

Les lèvres de la femme s'étirent alors qu'un rire amusé et suintant de malice vient briser à nouveau le silence. Elle souffle, libère un épais nuage de fumée et répond simplement, l'oeil pétillant.

« Impossible à dissocier. L'esprit fait partie de l'homme mais il est plus comme un concept qu'un véritable être à part entière. Il ne peut pas dominer l'homme. Seul l'homme peut transcender son totem et le souiller par sa propre noirceur. Non l'inverse. Le Totem est et restera pure tant que l'homme n'en décide pas autrement. »


La femme attend, patiente. Un rapide coup d'oeil est porté vers Wakiza avant qu'elle ne pose une main sur son épaule qu'elle tapote d'un geste affectueux. Qu'il n'imagine pas que le temps qu'elle accorde à ces étrangers lui fasse oublier sa présence. Il est un fils de la tribu, enfant de la nature. Pourtant, alors qu'elle s'apprête à lui offrir un sourire chaleureux, c'est l'homme aux cheveux gris qui prend à nouveau la parole, quémandant l'attention de la hoyaneh.

Donc, vous suggérez que l'homme  et le 'totem' ne font qu'un.. donc, se serait un homme devenu animal..? Enfin, devenu son totem.. Si j'ai bien compris.

Le rire éclate à nouveau et la femme bascule la tête en arrière, crachotant fumée et postillons. L'oeil vive et amusé et visiblement ravie, elle rétorque, le ton un peu abrupt.

« Je l'ai dit, le change-peau devient son totem, il en prend l'apparence... Mais je suppose que toi, l'ancien, tu cherches à savoir si cela peut-être définitif ? En principe oui, cela le peut. La bête est en quelque sorte... concerné par cette stase. Il ou elle, est coincée dans une phase au-delà de la simple transformation. Il n'est pas son totem, mais il n'est pas humain pour autant.»

La hoyaneh se remet à tousser, chassant la fumée qui entoure son visage ridé d'un geste de la main tendit que la femme noire questionne à nouveau.

Au final, qu'importe que ce soit une bête ou un homme, non ? Le plus important, c'est déjà de trouver cette chose. Est-ce que quelqu'un a noté à quelle fréquence elle tue ? Ceci pourrait nous donner une indication de quand elle pourrait attaquer. D'ailleurs, sur les lieux des meurtres, y a t-il des empreintes que nous pourrions suivre pour la traquer ?

« Exacte. Il n'est plus question de savoir ce qu'il est advenu de cette... Créature ? Il n'y a plus rien de bon en lui. Plus rien d'humain, plus rien d'animal non plus... Ce n'est plus qu'un mauvais esprit. Elle tue dès qu'elle le peut, que ce soit par pur sadisme ou bien pour se nourrir dans les cas les plus fréquents. Les empreintes ? La neige les a recouverts jeune fille... ainsi que les pas des blancs qui court et errent dans tous les environs comme des animaux en panique. »
Elle se penche au-dessus du feu, dardant ses yeux sombres vers l'esclave et murmure. « Mais... Nous savons où se trouve son territoire... Là où la forêt est la plus profonde... Là où la noirceur est la plus présente... Là où personne ne va, ou presque. »

Et c'est finalement la petite blonde trop silencieuse qui se perd dans ses réflexions. Perplexe, l'Indienne tourne vers elle son visage abimé par le temps, l'écoute à son tour.

Les femmes... Ce monstre... Semble s'en prendre majoritairement aux femmes... Et aux enfants. Nous avons aussi subi des pertes de notre côté ; mais peu d'hommes, par rapport aux femmes et aux enfants. N'avez-vous pas le même sentiment ?

« Faux. Ici les victimes sont rarement des enfants, hommes et femmes sont tous touchés. Toi là, la fille aux cheveux d'or... Que ne comprends-tu pas dans le fait que la bête chasse ce qui lui tombe sous le nez ? Elle n'a pas le luxe de pouvoir choisir ses proies... Enfant idiote ! »

Rouspète la femme en agitant sa pipe dans la direction de la pauvre fille vêtue comme une princesse. Et les paroles s’enchaînent, le jeune ténébreux en vient à parler de la mort de la bête, la vieille femme s'en perd dans leurs déblatérations qu'il entretient avec la rousse. Elle siffle la vieille femme, lève les mains et réclame si ce n'est, impose même, le silence sous sa tente. Ces blancs qui jacassent quand il ne faut pas pour dire ce qu'il ne faut pas. Elle a beau parler, leurs dires, ils ne comprennent rien. Agacée, elle secoue la tête et râle.

« Rhaaa ! Assez de tous ces mystères, vous engorgez mon esprit de vos idioties ! Je vais vous dire ce qu'il en est une fois pour toutes ! »

Elle inspire sur sa pipe... Mais rien. Le tabac est froid et l'agacement se lit plus fort sur ses traits alors que la femme toise l'assemblée.

« Ce mythe... Celui des change-peaux... On les nomme les skinwalkers. Ces êtres doués de magie sont capables de prendre l'apparence du totem qui leur est liée. C'est la force dont ils disposent mais cela fait d'eux d'excellent gardien ! Par nature un skinwalker est bon, son rôle est de protéger sa tribu à l'aide ses confrères, ceux qui sont comme lui... Mais parfois, en de rares occasions l'équilibre est brisé. Le skinwalker peut se laisser aller à la noirceur car toutes choses possède un sombre côté. Le malheur, le deuil, la haine, le meurtre... Peu importe ce qui souille son âme, cela ronge le totem, ronge l'humain... Il n'y a plus de barrière entre les deux. L'homme faiblis, le totem se gangrène... Le skinwalker change alors et devient ce que l'on nomme un wendigowak. »

L'air grave de la femme aurait de quoi inquiéter n'importe qui sous la tente. Elle jette un regard en biais vers Wakiza puis observe le feu avant de reprendre.

« Le wendigo, dans votre langue, est une créature aussi rare que néfaste. Elle est violente, soumise uniquement à ses bas instincts. La femme rousse n'a pas tort, son existence est relativement proche de celle de vos mythes de la lycanthropie si ce n'est que wendigo n'agit pas sous la force de la lune. Lorsqu'un skinwalker devient un wendigo, c'est pour toujours. Une fois qu'il a goûté à la chair humaine, sa puissance se renforce, nuit après nuit, jour après jours... Quant à la façon de le tuer ? Ne l'espérez pas. On ne tue pas un wendigo, on détourne seulement son attention. Cependant, il a une faiblesse... Le feu. Le feu est la représentation de ce qu'il était avant. C'est la lumière qu'il a perdue... C'est aussi la seule chose capable de passer sa peau. Nulle arme ne peut le faire, aucun métal forgé par l'homme ne le peut. »

La femme s'agite, secoue les bras. Elle agace, elle est en colère. Sa pipe finie sur ses genoux alors qu'elle s'écrie, furibonde.

« Assez de questions ! Vous avez vos réponses ! Sortez à présent, vous empestez l'odeur de la ville bande d'enfants ingrats et ignares ! »

Voir le profil de l'utilisateur

_________________
avatar
La vengeance indigène
Wakiza semblable à lui-même, silencieusement taciturne, toisant  d'un air grave et  maussade les visages pâles depuis la pénombre vacillante dans la lumière du petit feu qui trônait au centre de la tente traditionnelle, il resta là,  dans l'ombre de la chamane et écouta consciencieusement les questions qui furent posées par les visiteurs et les réponses qu'elle y apporta.  Il était en parfait accord avec la vielle sage quand elle siginifiait que ces blancs là n'étaient guère plus lucides ou avisés que des enfants et un méchant petit sourire moqueur irradiait depuis son fort intérieur jusque dans son regard qui allait de l'un a l'autre des intervenants.

Machinalement il faisait tourner sur lui-même son couteau en un geste vif et habile de la pointe de la lame au creux de sa main. Mais quand l'ancienne  aborda le terrible thème des "change-peaux", Wakiza sentit une profonde inquiétude l'envahir et stoppa son mouvement compulsif Et quand elle lâcha enfin le nom de la bête, ce nom qu'il connaissait depuis qu'il était encore un petit garçon, il frémit littéralement et murmura ce mot en écho de la chamane ...

"Wendigowak ...."

Bien qu'il n'en laissa probablement rien paraître, l'espace d'un instant il réentendit les vieilles histoires effrayantes qui furent contées  aux temps de son enfance. Ces légendes mêlaient exagérations et terribles vérités mais chacun dans le village des Mohawks s'accordaient à dire et penser qu'éviter de côtoyer ou même croiser une telle créature "mi-homme mi-bête" valait mieux ... c'était au final une question de vie ou de mort.

Mais alors mener la traque et la chasse de ce monstre s'avérerait d'une dangerosité incroyable. Il le savait et  envisageait déjà que certain de ceux qui se lanceraient dans une si périlleuse entreprise ... n'en reviendraient tout simplement pas.

Mais qu'importe! Il était un chasseur et un guerrier! la mort ne l'effrayait pas! d'autant plus quand il s'agissait d'y succomber pour défendre les siens.
Mais aux dires de la vieille, il allait probablement devoir collaborer avec  les occidentaux ... et ça, ne l'enchantait pas le moins du monde! il voulut s 'opposer a cette nécéssité dans un premier élan de révolte. Mais jugea que le moment de faire des esclandres n'était pas opportun ... son heure viendrait. Il saurait patienter ...

Il attendit que les visiteurs obéissent à l'ordre de la vieille indienne et lui posa enfin une seule et unique question qui le taraudait depuis le début de cette tragédie et qu'il se refusait à formuler devant ces étrangers qui selon lui ne seraient pas capables de l'entendre sans condamner arbitrairement le moindre et tous les porteurs de mocassins un tant soit peu farouche qu'ils croiseraient dans les environs:

"Hoyaneh ... femme de sagesse qui entend les paroles des esprits aux travers des silences du monde ... Sais-tu si Wendigowak est un de nos frères ? ... devra-t-on tuer l'un des nôtres ?"

Une inquiétude sévère se lisait sur son visage et il s'inclina  respectueusement pour recevoir  sinon une réponse, au moins une bénédiction de la part de l'ancienne ... il allait en avoir besoin ...

résumé:

-Il écoute les questions et les réponses en silence
-Il "joue" avec la pointe de son couteau
-Il demande une fois seul avec la chaman si elle sait si le monstre appartient à sa communauté
Voir le profil de l'utilisateur
Des questions, voilà qu'il y en a d'autres dans l'assemblée. Elle ne semble pas vraiment pertinente aux yeux de Sonja. En fait, elle se fiche de savoir si c'est un homme ou un monstre ou bien les deux. Car la finalité de cette histoire, c'est que la créature à tuer et qu'il va falloir l'éliminer. Après tout, c'est bien le but de tout ce cirque, non ? Sinon, pourquoi les blancs seraient venus jusqu'ici pour rencontrer les Indiens ? L'ancienne esclave posa sa question, obtenant une réponse qui au moins était plus intéressante que ce débat pour connaitre l'identité de la "bête". D'après la sage, cette chose vie dans la forêt, dans la profondeur de celle-ci, dans une zone où personne n'ose s'aventurer. C'est peut-être assez pour effrayer les blancs, mais pas elle. La pauvre ne connait rien de plus effrayant que l'homme blanc et son envie de pouvoir et vous réduisant à l'état d'un animal devant obéissance et loyauté.

Une blanche informe que les femmes seraient visées par la créature en priorité, mais la vieille indienne dément immédiatement ces dires. Les explications qui seraient presque une sorte de réprimande à l'encontre de la blonde ferait presque sourire Sonja, mais elle se contente de le faire intérieurement.

Un peu après, la vérité est révélée, c'est un Wendigo qui attaque. Ce nom lui est inconnu, mais ce n'est pas pour autant qu'elle ne croit pas en ça. Son propre peuple à des croyances dans ce genre. Une explication s'en suis et aussi la manière dont il faut tuer la créature. Ceci ne risque pas d'être simple, mais elle en sait suffisamment. A présent, tout le monde est congédié. L'ancienne esclave se lève et adresse un signe de tête à l'indienne en remerciement de ces réponses avant de quitter la tente. Qu'est-ce que la suite réserve ? Est-ce que les blancs vont jouer bande a part pour récolter les lauriers ? Ou faire équipe avec les Indiens ?
Spoiler:
-Sonja écoute les réponses données par l'indienne.
-Elle quitte comme tout le monde la tente, après avoir remercié d'un signe de tête la vieille femme pour son temps et son savoir.
-Elle attend de voir ce qu'il va se passer ensuite.

Voir le profil de l'utilisateur

_________________
avatar
Le marteau des sorcières
L'heure est aux négociations


Alors qu'il quitte la tente un à un pour ne laisser derrière eux que les poussières d'un silence bien mérité, le visage la vieille femme retrouve son sérieux. D'un mouvement, elle brandit la pipe vers les braises, vidant le tabac froid dans le feu alors qu'à ses comme un enfant, Wakiza s'inquiète. Terrible chasseur, cœur taillé dans la pierre, il n'en reste pas moins inquiet. Est-ce de la compassion qu'elle peut lire à travers ses mots ? Il questionne, l'air grave alors que les blancs ne sont déjà plus qu'un souvenir.

« Assurément, c'est un des nôtres. Mais pas de notre tribu Wakiza... »

L'Hoyaneh ajuste le châle sur ses épaules, cherchant le réconfort et la chaleur malgré celle déjà étouffante de la petite tente. Ces vieilles histoires la glaçaient jusqu'aux os, même elle dont le rire avait pourtant fait écho à sa bienveillance toute particulière.

« Rends-moi service... Laisse ta haine de côté pour œuvrer avec les blancs, temporairement. Quoi qu'il advienne, la créature ne doit pas vivre, c'est une aberration qui va contre les lois de la nature. »

Dans un dernier excès de toux, la femme se plonge dans un silence mortuaire. Elle n'oublie pas que ce jour est marqué d'une énième mort qui plonge la tribu dans le deuil...

- FIN -
Voir le profil de l'utilisateur

[Page 1 sur 1]

Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum