Le goût amer de l'honneur

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Fin février 1690 • Aleera Belkhan


La situation lui déplaisait au plus haut point, mais elle n'avait plus le choix maintenant. Si elle faisait demi-tour maintenant, elle serait humiliée au plus profond de sa chair. La plupart des gitans avaient cessé leurs activités pour toiser d'un air curieux ce brin de femme au teint de lait et à la chevelure de feu, vêtue d'une simple robe de servante. Elle se serait bien passée de leurs regards inquisiteurs, mais pour trouver la personne dont elle avait besoin, elle était forcée de traverser le campement. En effet, lorsqu'elle avait demandé à une vieille femme où elle pourrait trouver la fratrie Belkhan, son interlocutrice s'était grâcieusement employée à cracher à terre avant de lui désigner la bâtisse qu'occupait la famille. Au moins cela donnait le ton.

Les jupes relevées au-dessus des chevilles afin de ne pas les salir dans la terre boueuse, Elizabeth traversa le campement d'un pas mesuré. Elle aurait souhaité être plus rapide, mais la crainte de glisser ralentissait son allure, mais surtout, l'insupportable idée que les gitans puissent croire qu'elle avait peur de ce milieu inconnu.

Lorsqu'elle parvint finalement à destination, elle s'arrêta sur le pas de la porte. Elle pouvait ressentir le pouvoir qui pulsait dans les occupants de la demeure. Sa nuque se hérissa de chair de poule, de crainte, mais aussi d'excitation. Etait-ce vraiment une bonne idée, finalement ? Elle avait dû ravaler l'équivalent d'un énorme tonneau mental de fierté avant de se décider à aller trouver les Belkhan, mais maintenant elle hésitait. L'hésitation était une chose rare pour elle, et la sensation était des plus désagréables. Alors, pour couper court aux questionnements qui tournaient à l'intérieur de son crâne, elle leva le poing et frappa fermement trois coups contre le panneau de la porte
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La lueur ambrée passe dans le gris de ses yeux. À travers le reflet du miroir, la gitane observe l’aberration dans son regard, son lien avec la mort, celui avec l'enfer. Elles sont froides, ses prunelles. Le regard n'est-il pas la fenêtre sur l'âme ? Une part d'elle dont on l'avait privé à l'instant même où elle avait été conçu. Ses doigts fins glissent sur sa joue et tirent délicatement sa paupière inférieure avant de la relâcher tendit qu'elle observe l'or dans ses yeux qui rougeoient comme une braise malsaine avant de disparaître. Tiré de ses pensées par le bruit qui résonne contre le bois de la porte, Aleera se fige. Durant un instant, elle se questionne, savoir qui ose venir ici, frapper à la porte des Belkhan. Personne ne le fait jamais, ils ont trop peur et ceux qui ne sont pas trop effrayés pour le faire, sont seulement répugné et se contentent de garder leur distance. Une fois encore, ses frères ne sont pas là... Dimitri doit sans doute traîné quelque part dans la forêt, Duncan peut-être à la mise au point d'un de ses plans perfide. Et comme à son habitude, Aleera reste dans l'ombre du chalet familial, à l'abri des regards. À l'abri de tout et tous.

En douceur, elle repose le miroir sur le guéridon puis se lève lentement. La gitane à une étrange allure dans sa robe, avec ses nombreux bijoux et grigris en tous genres autour de ses poignets et même de ses hanches. Elle n'inspire pas vraiment confiance, à dire vrai... Alors qu'elle s'approche de la porte, sa main se pose sur la poignée qu'elle tourne doucement avant d'entrouvrir la porte dans un grincement sinistre. Si ses yeux avaient auparavant cette teinte dorée, il n'en était plus rien. Il aurait été impossible de déceler une quelconque malédiction tant ses prunelles claires semblaient excessivement... banale. Face à elle, c'est une jeune femme rousse qui se tient sur le perron de la maison. Curieuse, la sorcière la dévisage un instant, cherchant dans sa mémoire où a-t-elle put voir ce visage. Mais elle a beau réfléchir, cela ne lui dit rien. Non vraiment, elles ne se connaissent pas... Alors que fait cette étrangère ici ? Visiblement sans peur. La gitane esquisse un rictus mauvais, s'appuyant contre le chambranle de la porte avec une posture nonchalante et lève le bras au-dessus de sa tête. Le tissu s'étire, dévoile son ventre plat avec une indécence toute particulière que la société coloniale aurait jugée avec sévérité. Mais personne n'était là pour voir cela, personne n'était là pour la pointer du doigt, elle et ses mœurs de dépravé.

« C'est pour quoi ? »

Souffle la gitane d'une voix mielleuse avant de glisser sa main libre dans ses longues boucles châtaines et mal entretenues. Ses yeux passent et repassent sur la silhouette de la sublime créature qui lui fait face alors que son sourire s'étire un peu plus. Souillé, libidineux. Il n'est pas difficile de savoir quel genre de pensée viennent en ce moment même triturer ses méninges... D'un geste, elle agite le doigt dans la direction de l'inconnu, inspirant longuement tout en plissant les yeux.

« Gillian ? Maurine... ? Ce n'est pas toi la catin que Duncan aime sauvagement sauter contre les murs... ? J'ai déjà oublié le nom de cette morue. »

L'insulte est crachée sans la moindre once de gentillesse alors qu'un rire amer passe ses lèvres. Elle est mauvaise la gitane. Elle se mord la lèvre, amusé par sa propre monstruosité avant de retrouver une posture plus adéquate, dardant ses yeux glaciaux dans ceux de la femme présente pour une bien obscure raison.

« Qui es-tu... ? J'exige une réponse rapide et claire avant d'éparpiller tes entrailles sur le perron de ma maison et de mettre tes yeux dans un bocal. »
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Betty s'était attendue à avoir affaire à l'un des frères, et ne pu réprimer une moue surprise en voyant une jeune femme de son âge lui ouvrir la porte. Les breloques brillantes qui décoraient ses poignets et sa taille indiquaient qu'il ne s'agissait pas d'une servante. Les gitans n'ont pas de servants voyons réalisa la domestique, et cette pensée accentua sa confusion naissante. Pendant ce court laps de temps, son interlocutrice - qu'elle identifiait maintenant comme étant la soeur cadette de la famille - avait adopté une posture alanguie dans l'encadrement de la porte, et la détaillait avec un sourire mauvais. Betty frissonna. En prenant la décision d'aller quémander l'aide de la lignée maudite, elle s'était promis de rester ferme et maîtresse d'elle-même. Mais déjà elle se sentait vaciller. Elle avait toujours su apprécier la beauté des femmes, bien plus que celle des hommes quelquefois, et la beauté de cette femme-là la mettait en déroute. À moins qu'il ne s'agisse simplement de l'aura maléfique et enivrante qui semblait se dégager d'elle ? C'était le même genre d'attirance qu'elle avait ressenti si longtemps pour Gaëlle Clarick, le manifeste implacable d'une puissance qui la dépassait, mais pour laquelle elle aurait été prête à vendre son corps et son âme. La sensation s'apparentait à une foule de papillons battant de leurs ailes de feu au creux de son estomac - et entre eux s'insinuait parfois le serpent glacé de la jalousie.

Tu n'es pas digne de cette puissance.

Elle se trouve cependant brutalement arrachée à sa rêverie par l'insulte et les menaces de la gitane. Afin de retrouver contenance, elle croise les bras comme pour se protéger, et marquer la limite entre elles.

- Si j'étais la catin de votre frère, il aurait crié mon nom si fort qu'il ne vous serait plus possible de vous le sortir de la tête.

Elle a envie de se mordre la langue en réalisant qu'elle l'a vouvoyée. Hormis Caoimhe et les autres domestiques, elle n'a personne avec qui se comporter de manière familière, et ce vouvoiement automatique entache sa répartie, comme si elle s'était d'elle-même agenouillée devant la gitane. Bah, tant pis. Elle n'était et ne serait sûrement pas à ça près.

- Je m'appelle Elizabeth, je viens du village. J'aurais une requête à formuler auprès du chef de votre famille.


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Si j'étais la catin de votre frère, il aurait crié mon nom si fort qu'il ne vous serait plus possible de vous le sortir de la tête
« Encore aurait-il fallu qu'il retienne ton nom... ce dont je doute fortement. »

Avait rétorqué Aleera la moindre hésitation. Son sourire s'était figé, croisement entre amusement et dégoût alors que ses yeux glissait sans vergogne sur la silhouette sylphide de la joli rousse en face d'elle. Oh oui, Duncan ne serait certainement pas encombré d'en savoir plus sur elle, se contentant de la culbuter dans un coin./ Le fourbe serait même partit sans payer, à bien y penser. Lui aimait prendre les choses sans rien avoir à donner en retour, il avait toujours été comme ça, agissant comme un roi. Aleera lâche un rire bref, détournant le regard furtivement alors qu'elle secoue doucement la tête, faisant onduler son épaisse crinière. Duncan était vil, il était monstrueux et même bien plus qu'elle. La sombre gitane laissa planer le silence un instant, se perdant dans ses pensées jusqu'à que la petite inconnu ne se présente et ne réclame à parler au chef de la famille.

« Oh mais bien sûr... Tu retourne sur tes pas, tu traverse le campement et tu le trouveras là-bas,avec le reste de sa petite troupe de décérébré. »

Cette fois, la femme ne sourit plus alors qu'un geste de la main accompagne sa parole. Cette maudite femme n'a vraiment aucune idée de l'endroit où elle a fichu les pieds, n'est-ce pas ? Mécontente, Aleera fait un pas dans sa direction, quittant l'ombre de sa maison pour se glisser sur le perron. Ses yeux clairs se darde sur la belle Elizabeth, la dévisage outrageusement avant de finalement murmurer à son encontre.

« Renseignes-toi un peu avant de venir toquer à ma porte... Mes frères et moi n'avons aucun chef... Et nous ne sommes pas en contacte avec le reste de notre famille. »

Un pâle sourire vient ourler les lèvres de la gitane qui, dans un tintement de gris-gris et bijoux discret, vient caresser la joue de son interlocutrice du revers de la main, laissant ses fines jointures dessiner le contour de sa mâchoire. Elle n'a aucune décence, se permet de la toucher, continue de la fixer comme si cette pauvre Elizabeth n'était qu'un vulgaire morceau de viande. C'est irrespectueux et son regard en dit l'on sur les mauvaises pensées qui tirailles sont esprits. Qu'avait-elle dit, déjà , Mettre ses yeux dans un bocal... Oui, un joli bocal de verre qu'elle poserait probablement sur la bibliothèque du salon. Comme une démente, elle rit faiblement,  avant d'abaisser sa main et de pivoter sur elle-même pour s'éloigner et retourner dans la maison qu'elle partageait avec ses frères.

« Entre Elizabeth, tu me rends curieuse... Dis moi ce que tu veux aux Belkhan, qui sait, peut-être pourrais-je accéder à ta requête. »

Souffla Aleera d'une voix qui suinte de mystère. La femme désigne l'intérieur de la maison d'un geste de la main, invitant l'intruse à entrer puis lorsque enfin elle se décide à venir imposer sa présence de le chalet, la gitane referme la porte derrière elle dans un grincement sinistre suivit d'un claquement sec. La sombre femme fait quelques pas, s'approche de l'âtre où brûle un feu crépitant puis pose son séant dans l'un des doux fauteuil près de la cheminée et croise les jambes. Postures alanguit et nonchalante, elle offre un rictus à sa comparse, désignant le fauteuil en face du sien.

« Installes-toi donc, Elizabeth... »
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Le bref contact des doigts glacés d'Aleera contre sa joue lui fait l'effet d'une lame de couteau glissant lentement contre l'albâtre de sa peau. Le souffle un instant coupé, Betty se laisse scruter par les yeux gris de son interlocutrice. Des yeux couleur d'acier, des yeux couleur de cendres. Comme les yeux de Gaëlle. La jeune femme fronce légèrement les sourcils, agacée par cette pensée. Pendant une poignée de secondes, elle se demande pourquoi la gitane lui évoque tant son ancien maître, mais cela ne sert à rien de se poser la question alors qu'elle a déjà connaissance de la réponse.
Entretemps, Aleera s'est écartée d'elle, et malgré le mécontentement que la domestique semblait avoir suscité chez la sorcière, elle l'invite à pénétrer dans sa demeure. Betty ne peut retenir un léger rictus en franchissant le pas de la porte. Ironiquement, elle a l'impression d'être une enfant perdue attirée dans la maison de la vilaine magicienne. Cependant elle entre, et jette de petits coups d'oeil curieux au décor de la demeure des Belkhan. Déjà, Aleera s'est installée auprès de la cheminée, et l'invite à faire de même. Elle s'exécute en silence, et ôte son châle de ses épaules pour venir soigneusement le plier sur ses genoux, découvrant la peau blanche de sa gorge et le médaillon doré la décorant. Tout en lissant le carré de tissu du plat de la main, Betty essaye d'ordonner ses pensées du mieux qu'elle le peut. Elle peut sentir le regard inquisiteur de son hôtesse, et lorsqu'elle relève la tête vers elle, le feu de la cheminée jette des reflets d'or dans les yeux gris d'Aleera. Le tableau a un aspect tout aussi séduisant que menaçant. Sagement, la jeune femme rassemble ses mains sur ses genoux, comme si une attitude modérée pouvait l'aider à garder contenance face à la débauche de son interlocutrice. En arborant son air le plus déterminé, elle ouvre la bouche pour commencer à formuler sa requête :

- Comme vous le savez très probablement, une rumeur court en ville, une rumeur sur un monstre qui laisserait les cadavres de ses proies dans un état... déplorable, si je puis dire.

Elle se passe la langue sur les lèvres, repensant un instant à la description effrayante que Caoimhe lui avait fait de la Bête.

- ... Jusque là, je pensais qu'il ne s'agissait que de babillages de bonnes femmes et d'hommes d'église en manque de potins mais... mais maintenant, je n'ai plus le luxe de douter de l'existence d'une telle créature.

Elle détourne le regard pour plonger son regard dans les flammes dansant dans l'âtre, marquant une brève pause, mesurant le poids de ses paroles.

- Je pense... Je pense qu'il faudrait s'en débarrasser. Si l'Eglise décide de s'atteler à cette tâche, il y a fort à parier que la communauté sorcière sera dénoncée comme coupable, et ils trouveront probablement de belles excuses pour pouvoir brûler sans distinction toutes les personnes qui leur déplaisent. Sorcière ou non. Mais cela ne réglera bien évidemment pas le problème, et cela risque de rendre la colonie encore plus vulnérable. De plus, la fin de l'hiver approche, et avec elle la nuit de Walpurgis... Je ne sais pas ce qu'il en est pour vous, mais j'ai pour habitude de la célébrer dans la forêt.

Betty lâche un soupir, visiblement ennuyée. Cette nuit de Walpurgis devait être spéciale pour elle cette année...

- Mais avec ce monstre, je ne peux décidément pas m'y aventurer seule. Alors... J'aurais besoin de votre aide pour venir à bout de cette chose, et ramener la paix aux alentours.


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Blablabla... déjà, Aleera semble ennuyer par les premiers mots de la jolie rousse alors qu'elle tourne le visage pour observer le feu dans la cheminée. Elle ne cherche même pas à cacher cet ennui qui la ronge, libère un soupir qui en dit long sur ses pensées. Oui, la Bête. Elle le sait, elle l'a croisé... Cette ignoble chose a même blessé Dimitri et la gitane a bien cru que son frère allait y rester. Rien que pour cela, elle n'aime pas aborder le sujet et cette femme juste en face d'elle, vient lui décrire la peur qui ronge la colonie. Comme si cela importait, ce que ressente ces gens. La sorcière la fixe à nouveau, faciès fermé, regard dans le vide alors qu'elle joue avec l'un des pans voilé de sa robe, fait tinter les gris-gris et quelques bricoles qui la décor et puis donne un aspect inquiétant. Pourtant elle garde le silence, écoute le discours de la femme qui elle-même n'avait pas cru à l’existence de la chose avant de s'en faire un tout autre avis. S'en débarrasser ? Oh si les choses étaient si facile, voilà longtemps que cela serait fait. Mais qu'attend t-elle, au juste ? Cela n'avait rien à voir avec Aleera ou ses Belkhan.

« Et toi... Tu aimerais que l'on débarrasse la colonie de ce fléaux ? »

Quelle pensée Idyllique. Un rire vient secouer la gorge de la gitane dont les yeux se font larmoyant d'amusement. Non vraiment, c'était hilarant ! Elle se penche en avant, tentant de réprimer son amusement. Elle est moqueuse, vicieuse et ne s'en cache pas un instant. La femme pose une main sur son ventre, calmant son fou rire avant de s'enfoncer de nouveau dans son siège, reprenant son souffle tout en fixant sa comparse.

« Elizabeth, c'est bien ça... ? Cette bête existe bien, je l'ai vu avec mon frère... Et si l'on pouvait la tuer, entends le bien que cela serait déjà fait. Malheureusement Dimitri a manqué d'y laisser la vie, moi je me suis retrouvé totalement impuissante. Ensuite, si nous devions la tuer, ce ne serait certainement pas pour les pécores de la colonie. Je pense plutôt que sa tête irait rejoindre les trophés de chasse de mon frère. »

D'un geste du doigt, elle désigne les têtes d'animaux empaillé qui décorait la cheminée et les murs qui la soutenait. Il y en avait des tas, allant du petit animal à l'imposante tête d'ours, tout crocs dehors. Dimitri était un chasseur hors du commun et la Bête représentait une cible de choix. La tuer ? Aucunement par compassion pour les nombreux morts laissé dans son sillage mais uniquement pour doré son ego de traqueur. Cette femme n'avait vraiment pas frappé à la bonne porte en espérant avoir de l'aide.

« Tu es trop présomptueuse... Ceci dit j'apprécie ta confiance en nos capacités... Mais nous non plus ne sommes pas de taille. Je crains que les choses ne soient pas aussi facile... premièrement, si tu veux venir à bout de ce monstre, sache à quoi tu t'opposes. Le meilleur moyen de tuer cette créature est de découvrir ce qu'elle ou qui elle est. Deuzio, pense comme elle. Essaye de te mettre à sa place, de voir ce qui l'anime... Tertio... Et si tu laissais ce combat à la milice de la colonie ? »


Quand la nuit de Walpurgis fut mentionné, un éclat ambré passa dans les yeux de la gitane dont les lèvres s'étirèrent en un sourire cynique. Décidément, cette femme avait le don de la faire rire et c'était peu dire ! Aleera libéra un nouveau rire, passant ses doigts sur ses lèvres charnues avant de lâcher sans l'ombre d'une hésitation.

« Nous ne fêtons pas Walpurgis. Pour nous c'est inutile... Nous n'avons aucune Dieu à soutenir et notre pouvoir est lié à notre condition de maudit. Je te conseil d'aller toquer à la porte de l'autre branche Belkhan... Ceci dit je suis sûr et certaine que tu te verras gratifier d'un refus et sans doute moins cordiale que le mien. »

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Betty tique en entendant la réponse de la gitane, et réalise alors qu'elle ne s'était pas préparée à un refus. Elle se mord l'intérieur des joues en maudissant sa naïveté : cela ne lui ressemblait pas. Et puis Aleera a raison, pourquoi voudrait-elle protéger la colonie ? Le visage de la domestique se crispe. Elle se sent désespérée, humiliée, mais elle ne peut pas tolérer l'idée d'abandonner, pas déjà. Elle a besoin d'aide, même si elle n'a pas de raison valable de voler au secours des coloniaux. Elle serre le tissu de son châle entre ses doigts, et relève le menton afin de marquer au mieux le poids de ses paroles.

- Alors c'est ainsi ? Puisque vous n'êtes pas de taille, vous ne faites rien ? Ce n'est pas l'image que je me faisais de vous.

Elle pointe un doigt accusateur vers la gitane, et en faisant ce geste elle sent la colère qui commence à monter en elle.

- Je doute que la milice soit capable de nous protéger, car comme vous l'avez si bien souligné, pour vaincre cette bête il faut savoir ce qu'elle est. Or, avec tout le respect que j'ai pour les mondains et leurs histoires, je doute qu'ils soient capables de l'identifier. Qu'en diront-ils ? Qu'il s'agit d'un démon ? Et pour eux, les responsables d'apparitions démoniaques, c'est nous !!

La main qu'elle tendait vers son interlocutrice est maintenant venue se plaquer contre sa propre gorge, faisant remuer et scintiller son médaillon, afin d'appuyer ses paroles. Elle a l'impression que son cœur s'est embrasé.

- Ils diront que c'est la faute du peuple sorcier, et cela leur fournira de nouvelles excuses pour massacrer nos semblables !

Sa voix chavire un instant. Elle a pensé à Cherry, jeune, innocente. Elle l'imagine livrée à l'Inquisition, ses cheveux blonds et sa peau blanche dévorés par le feu, et à son image se superpose celle d'Anne. Soudain, elle sait pourquoi elle veut protéger la colonie.

- Votre frère a été blessé et vous n'avez rien pu faire. C'est cela votre excuse pour rester cloîtré chez vous et ne rien faire ? Pourquoi ne pas insister, pourquoi ne pas se battre afin que la tête de cette saloperie rejoigne la collection de votre frère ? Vous avez peur, c'est ça ?!

Contre sa gorge, son poing se serre, griffant la peau blanche.

- Seule, je ne peux rien faire, et je n'ai pas l'intention d'aller demander de l'aide aux miliciens. Je sais que votre frère est un excellent chasseur, et un sorcier de surcroît. Et puis, qu'avez-vous à y perdre ? Ce n'est pas comme s'il vous restait longtemps à vivre dans tous les cas.

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Quand cette rousse impétueuse cessera t-elle de geindre ? Aleera grimace de dégoût alors que la voix criarde de la jeune femme agresse ses tympans sous un flots de reproches. Elle devrait lui arracher la langue pour lui apprendre à se taire, et encore. La gitane n'était même pas sûr que cela soit suffisant. Sans doute devrait-elle lui briser la nuque , lui assurer une mort rapide et sans douleur pour lui imposer un silence qui serait amplement mérité. Agitant la main devant son visage, la sorcière semble chasser de biens mauvaises pensées alors que l'autre sorcière se plains encore, tente de lui faire lâcher prise en faisant usage d'un chantage affectif. Si elle croit pouvoir la faire culpabilise, c'est peine perdu.

« Encore faudrait-il que je me souci de l'image que tu as de moi... De toi ou de celle des autres, d'ailleurs. »

Nonchalante dans son fauteuil, la gitane penche la tête sur le côté, observe sa comparse allègrement et sans aucune force de gêne. Elle la détaille, la dévisage et la laisse cracher son venin comme un serpent mécontent. Qu'elle se taise donc, elle est bien plus joli quand elle ne beugle pas comme une truie que l'on s'apprête à égorgé.

« Blablabla... »

Susurre Aleera mielleusement, accompagnant sa parole d'un geste de la main, ouvrant et fermant ses doigts comme un bec d'oiseau qui piaille. C'est un peu l'effet que lui fait cette femme, c'est comme écouter une poule dans une basse-coure. La gitane ajuste sa position dans son siège, croise les jambes sous sa large jupe orné de gris-gris et murmure.

« Qu'est-ce que tu crois, au juste ? De toute façon ils trouveront toujours une excuse. Ils l'ont toujours fait... Pourquoi cela changerait-il ? »

Aleera observe la rage et la nervosité de la rousse qui s'empare du collier autour de son cou. Elle fixe ses doigts pâles qui griffent sa peau alors que l'inaction de la gitane la fait bouillir de colère. Alors quand elle parle de son âge, du peu d'années qu'il lui reste encore à vivre, la Belkhan voit rouge. Son sourire s'effrite et lentement, elle se lève de son siège avant d'effectuer un large geste de la main, faisant décollé le corps frêle de la sorcière pour l'envoyer s'écraser contre le mur derrière. Aleera n'attend pas pour autant de la savoir plus calme, elle s'approche vivement et la saisit par les cheveux, basculant son visage en arrière avant d'approcher le sien qui s'est mué en une expression de haine féroce alors que sa voix, presque gutturale, s’échappe, de sa gorge comme un souffle putride infernale.

« Tu ne sais pas de quoi tu parles, gamine... Et je te déconseille vivement de ne pas jouer à ce jeu avec moi. »

Dans les yeux de la gitane, c'est le feu qui appairait, c'est une couleur ambré sauvage qui s'empare de ses prunelles d'un gros orageux alors que sa bouche se tord en une grimace de colère sournoise, ses doigts se resserrant plus fort sur la chevelure flamboyante de la femme.

« Tu oses venir ici, tu oses venir m'imposer ton orgueil, me réclamer de l'aide... Pour ensuite me manquer de respect ? Je devrais t'égorger ici et maintenant et repeindre les murs de ton sang, sale petite putain. »

D'un geste brutale, elle repousse la femme, lâche sa tignasse et se détourne d'elle. Un râle inhumain passe ses lèvres alors que la femme semble exulté d'une haine farouche et sombre qui serpente dans ses veines comme une gangrène purulente. Il lui faire un effort surhumain pour ne pas s'en prendre à la sorcière alors que sa voix s'élève à nouveau, toujours aussi froide.

« Tu m'as demandé si j'avais peur... la réponse est oui ? J'ai croisé cette chose et crois-moi, il y a de quoi frémir en pensant à elle. C'est un miracle que mon frère et moi s'en soyons sortit bien que lui en gardera une marque jusqu'à sa mort.... je ne t'aiderais pas, Elizabeth. Pas de la façon dont tu l'espère parce que tu ne mérite pas que je fasse cet effort pour toi. Tu n'as donner aucune raison de le faire. C'est bien dommage pour toi, les quelques informations que je sais au sujet de la bête, t'aurais sans doute été bien utiles. »

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Son ardeur ennuie la gitane, mais son dernier commentaire fait mouche. En voyant le visage de son interlocutrice se décomposer lentement, Betty ne peut contenir un élan de fierté de l'avoir enfin fait réagir. Sa joie est cependant de courte durée, et elle n'a pas le temps de réagir qu'elle se retrouve violemment épinglée au mur dans son dos. Sa tête heurte la cloison avec violence, et c'est comme si les cloches du beffroi avaient soudain élu domicile à l'intérieur de son crâne. Mollement, la domestique retombe à terre telle une poupée de chiffon, et lorsque la main d'Aleera empoigne ses cheveux pour relever son visage dans sa direction, elle doit lutter contre une foudroyante envie de vomir. Sa vision est floue, et tout ce qu'elle parvient à distinguer de la jeune femme se résume à une tache blanche dans laquelle flamboient deux lueurs dorées. En dessous s'agite le gouffre de sa bouche, qui la gratifie de menaces étouffées par la cacophonie de son mal de tête. Au loin lui parvient un petit bruit sourd et répétitif, et tandis que le sens de la vue lui revient lentement, Betty aperçoit du coin de l’œil Belle au-dehors du chalet qui tape du bec contre la fenêtre. Elle peut sentir l'inquiétude de sa pie, en réaction au choc inattendu.
La gitane lâche finalement sa chevelure pour s'éloigner d'elle, et Betty reprend peu à peu ses esprits. Elle comprend qu'elle a franchi une limite, et plus que la douleur, c'est l'inquiétude et la peur qui viennent s'imposer à elle. Sans encore oser se redresser sur ses jambes, elle relève la tête vers Aleera, et sent brusquement son désir de lui faire payer au prix fort son insolence. Si elle s'était sentie fière de l'avoir fait sortir de ses gonds, il n'en est maintenant plus rien. Hésitante, la sorcière réalise avec horreur qu'il ne lui reste plus désormais qu'à supplier. A cette idée, ses yeux s'embuent de larmes de frustration, et une légère odeur de brûlé monte jusqu'à elle. En écartant une main, elle constate que ses doigts ont laissé des traces noirâtres sur le plancher. Tout ce que tu es capable de faire désormais. D'un geste rageur, elle essuie ses yeux humides du revers de la main, et parvient finalement à pousser les mots hors de sa gorge :

- Bon sang, je vous en prie !! S'il y a quoi que ce soit que vous puissiez faire, quoi que ce soit dont vous aurez connaissance, dites-le moi ! Si... Si je peux vous offrir quelque chose, je le ferai ! Vous et vos frères, vous savez bien ce que c'est, de vouloir se protéger les uns les autres, non ? Je- Je connais des personnes qui pourraient vous aider avec votre malédiction... !

Voilà à quoi elle en est réduite désormais : à supplier comme une chienne, ventre à terre, à invoquer une énième fois l'aide d'Anne et de Gaëlle. Elle se mord l'intérieur des joues pour se retenir de pleurer, et fouille du regard à la recherche des yeux clairs d'Aleera afin de projeter vers elle ce message lancinant

Aide moi. Aide moi. Aide moi. Je t'en supplie.

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Souillure infernale
A genoux, la gourgandine supplie, férocement soumise. Aleera quand à elle est toujours dos tourné, son regard se perdant sur le mobilier de la maison familiale qu'elle partage avec ses frères. C'est étonnant, elle aurait vraiment pensé que cette femme lui tiendrait tête plus que cela mais à l'évidence, non. Ce n'est pas plus mal car aujourd'hui, la gitane n'est pas d'humeur joueuse, pire que cela, elle est agacé, nerveuse. Jouer avec ses nerfs serait la chose la plus idiote à faire, la moins imprudente. Dimitri n'étant pas là pour calmer cette colère farouche auquel sa cadette était si facilement en proie, il lui fallait faire un effort conséquent pour ne pas craquer, ne pas s'abandonner à la violence. Ne pas arracher la langue de cette femme, ne pas la laisser baigner dans son sang. Aleera inspire longuement, presque difficilement alors que ses yeux se ferme. Respirer, se calmer... Mais c'est à ce même moment que la petite sorcière se décide à la supplier plus fort, geignant, en larme. L'aider, il faut l'aider, qu'elle s'écrit... Elle n'a toujours pas compris que la Belkhan n'éprouve pas la moindre compassion à son égard, ou à celle de quiconque. Elle se fiche de ce que peuvent devenir les gens de la colonie. Après tout, là-bas se terre ses pires ennemis. Alors pourquoi devrait-elle faire un effort ?

« Tais-toi, tu me casses les oreilles à geindre comme une truie que l'on égorge. »

Ordonne Aleera dans un sifflement glaciale alors que son corps pivote lentement et que ses yeux froid et austère se pose sur la silhouette recroquevillé de la pauvre femme. Lentement, elle passe son doigt sur ses lèvres, plisse les yeux et l'observe en silence. Elle analyse ses mots et en rirait presque, à dire vrai. Elle a l'air au bord d'un gouffre, usant d'un dernier stratagème dans l'espoir d'obtenir ce qu'elle désir.

« Mes frères et moi ? Nous avons passé notre vie à nous protéger des autres. Y compris des gens comme toi... N'use pas de mes frères comme moyen pour m'attendrir, c'est une perte de temps. »

Elle s'approche, pas lent comme celui d'un prédateur alors que ses pieds nus glisse doucement sur le bois qui grince sous le poids de son corps. La gitane n'est pas d'humeur joueuse et pourtant, elle attend, fait durant l'agonie de la jolie rousse pour son propre plaisir à elle. Lentement elle tend la main, non pas pour la brutaliser mais pour caresser sa joue humide de ses larmes. Cette femme est atrocement désespéré, elle se soumet pour des âmes qui de toute manière, finirons brûler en enfer. Sur la joue d'Elizabeth, la caresse est étrangement douce, comme celle d'une mère alors que la sombre gitane débarrasse sa peau pâle de s sillons salé laissé par ses larmes.

« Je doute sincèrement que tes connaissances puisse nous aider avec notre malédiction. Mais j'apprécie tes efforts... »

Elle se penche puis s’accroupit, saisissant le menton d'Elizabeth entre ses doigts et la force à relever le visage pour plonger son regard dans le sien. Elle a beau essayer, Aleera n'est toujours pas attendrit. Elle ne ressent rien à part son éternel colère qui la ronge comme un poison. Alors elle reste là un moment, dévisageant la petite servante qui est entrer chez elle avec le courage d'une lionne. Rien que pour cet entêtement, elle serait susceptible de lui donner quelques indices.

« La Bête... N'en est pas juste une. Elle est à la fois un monstre mais aussi un Homme. Vous ne la battrez pas en la traquant comme un animal car elle est bien plus que cela. C'est un prédateur par excellence... Son esprit est gangrené par la noirceur, par sa sauvagerie... Tourne toi vers ceux qui ont un pied dans les deux monde, Elizabeth. Cherche ceux qui ont accepter l'animal en eux, ceux qui savent écouter les esprits. Eux connaissent la Bête, ils t'aideront... Beaucoup mieux que moi, sois en sûr. »
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Ainsi acculée tandis que la gitane darde sur elle ses prunelles couleur lame de couteau, Betty a l'impression d'être redevenue une enfant. Toute trace de fierté s'est envolée, et lorsqu'Aleera se dirige lentement vers elle, elle ne peut s'empêcher de se recroqueviller légèrement sur elle-même. Pourtant, la femme se contente d'essuyer ses joues humides. Un sentiment de panique glacial saisit la servante tandis qu'elle s'imagine les longs doigts quitter son visage pour venir s'enrouleur autour de sa gorge en une mortelle caresse, et à cette pensée ses larmes cessent immédiatement. Un hoquet de surprise l'agite alors que sa comparse la force à la regarder. Dans ses yeux l'étrange lueur dorée brille encore, et malgré le feu dans la cheminée, Betty frissonne. Elle s'attend à ce qu'une incantation fatale franchisse ses lèvres, ou pire, une énième insulte pour lui rappeler sa place véritable. Quel serait le pire ? songe-t-elle. Mais ce n'est rien de cela, bien au contraire. Solennellement, Aleera lui livre ses précieux indices. Sous le coup de la surprise, la rouquine écarquille les yeux, la bouche entrouverte. Comment, malgré toute cette scène, elle ne la tue pas ? Cela aurait été si simple pourtant ! N'était-elle pas une pauvre catin provocante qui avait osé insulter sa puissante fratrie ? Le soulagement se déverse si brusquement en elle qu'elle en éclate de rire, faisant monter de nouvelles larmes hystériques au bord de ses cils.

- Oh Aleera, vous êtes bien trop bonne ! Quel dommage que nous ne soyons pas restées assises, j'aurais pu venir vous baiser les pieds pour vous remercier !

Encore secouée par ses rires, Betty se sent enivrée, comme lorsqu'elle avait brièvement perdu la tête face à sa jeune maîtresse, lui révélant du même coup sa véritable identité. Aleera ne va pas la tuer. Aleera l'a aidée, peut-être pas de la manière qu'elle aurait souhaité, mais elle l'a aidée, et cette idée donne à la servante l'illusion d'avoir gagné. Toute à son intense accès d'audace, elle s'empare de la main de la femme lui tenant le menton pour venir en embrasser la paume. Contre sa peau, elle souffle, une flamme folle dans le regard :

- Ou alors peut-être vas-tu laisser la Bête me faire la peau à ta place, et que tu te contentes juste de retarder l'heure de ma mort ? Cela serait certainement bien plus spectaculaire, n'est-ce pas ?


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Oh Aleera, vous êtes bien trop bonne ! Quel dommage que nous ne soyons pas restées assises, j'aurais pu venir vous baiser les pieds pour vous remercier !

Sur le visage de la gitane, le dégoût se peint et la fait blêmir. Cette femme est-elle sérieuse ? Elle joue un jeu qui donne la chair de poule à Aleera. Ecoeurant insecte qui vient souillé sa maison, respirer son oxygène et gangrené son espace vitale avec des mots suintant qu'une sournoiserie à peine dissimuler. La femme la toise, l'observe un instant, toujours accroupis face à la citoyenne de la colonie dont le rire hystérique brise le silence. Aleera n'avait jamais été bonne, la compassion était à ses yeux quelque chose de futile. Des chaînes. Un boulet. De quoi la ralentir et l'empêcher de vivre comme elle le voulait. Alors elle reste là, fixant la petite sorcière à la chevelure de feu qui s'empare de sa main pour en baiser la paume. L'odieuse gitane fronce les sourcils, arrache sa main à l'étreinte d'Elizabeth d'un mouvement rapide et brusque avant de se redresser.

Ou alors peut-être vas-tu laisser la Bête me faire la peau à ta place, et que tu te contentes juste de retarder l'heure de ma mort ? Cela serait certainement bien plus spectaculaire, n'est-ce pas ?

« Je n'ai jamais eu besoin que l'on fasse le boulot à la place. Le jour où je voudrais te tuer, entends bien que je le ferais. »

Aleera recule puis pivote sur elle même, faisant voler les jupons grisonnante de sa robe bouffante et faisant teinté les innombrable breloque qui la décore avant de laisser ses pieds nus glisser sur le sol de nouveau. Elle s'éloigne, doucement. Jusqu'à la porte qu'elle ouvre dans un grincement avant de désigner l'extérieur d'un geste de la main. Elle est étrangement calme au vu de la situation. Elle se contient, fait un effort pour ne pas arracher la tête de cette stupide gourgandine qui essaye de jouer avec ses nerfs.

« Dégage. »

Lâche abruptement Aleera sans la moindre forme de politesse.  Maintenant qu'elle a eu les informations dont elle avait besoin, la rousse n'avait qu'une chose à faire : garder ses minauderies, sa salive et partir hors d'ici. La gitane lui lance un regard noir, lourd de sens et ajoute, cynique.

« Peux-tu virer ton cul de mon plancher et retourner chez tes abrutis de puritains ? J'apprécierais de retrouver la paix et le silence que j'avais avant que tu ne vienne baver à ma porte. »
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L'amère humiliation précédemment subie s'est évaporée dans le plaisir intense que Betty éprouve en contemplant le dégoût se dessinant sur le beau visage d'Aleera. Ses yeux gris la toisent, chargés d'une lueur glaciale, alors que les lèvres de la servante contre sa paume sont brûlantes. Mais elle lui arrache brusquement sa main pour se redresser et s'éloigner d'elle. Betty en fait de même, un bras appuyé contre le mur derrière elle pour ne pas tomber de nouveau lorsque la tête se remet à lui tourner. Elle songe à la bosse qui doit déjà s'être formée sous la masse rousse de sa crinière.
La gitane, elle, a rejoint la porte pour désigner la sortie à son indésirable visiteuse. D'une voix aussi froide que ses yeux, elle lui ordonne de débarrasser le plancher. Un demi sourire continue de flotter sur les lèvres de Betty, qui remet soigneusement ses jupons en ordre, avant de venir se planter devant son hôtesse. D'un geste lent et étudié, elle ramène une jambe derrière elle, pince ses jupes entre ses doigts et se penche en une majestueuse révérence digne d'une reine.

- Vos désirs sont des ordres, ma dame. Loin de moi le désir de vous importuner plus longtemps.

Et de me faire étriper à mains nues par la même occasion. Mais le besoin de se faire remarquer a toujours été plus fort que le bon sens chez Elizabeth Parris. Elle se relève, et ses yeux verts viennent se poser sur les yeux gris. Elle la fixe, longtemps, comme pour être sûre que la gitane n'oubliera jamais son visage, le feu de ses cheveux, et la détermination dans son regard.

- Merci de ton aide. Si je puis faire quoi que ce soit pour te prouver ma reconnaissance, ordonne et je serai tienne.

De nouveau, le coin de ses lèvres se hisse en un rictus narquois :

- Même si pour le moment, ton plus grand désir doit être que je "vire mon cul de ton plancher", comme tu me l'as si gentiment demandé...

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Souillure infernale
Vos désirs sont des ordres, ma dame. Loin de moi le désir de vous importuner plus longtemps.

La révérence arrache une grimace à la gitane qui fixe sa comparse avec un dégout plus prononcé que jamais. Pourquoi s'amuse t-elle à cela ? Cela n'a aucun sens, pire, c'est agaçant. Aleera agite la main comme pour chasser une mauvaise odeur et siffle durement, trahissant sa colère croissante depuis quelques instant déjà.

« Cesse ton petit jeu, tu n'es pas devant une nonne ni même une reine. »

Merci de ton aide. Si je puis faire quoi que ce soit pour te prouver ma reconnaissance, ordonne et je serai tienne.

Pour si peu ? Méfiante et perplexe, Aleera darde ses yeux clair sur la silhouette sylphide d'Elizabeth. A quoi cela pouvait-elle lui servir que de jouer les esclaves ? Non, elle refuse. D'unje parce que même pour elle, cette entreprise est malsaine et de deux, parce qu'elle ne laisserait personne faire irruption ainsi dans sa vie et dans le cercle très sélecte qu'elle formait avec ses frères ; Misérable créature, prête à s'agenouiller devant elle pour quelques paroles dont elle ne comprendrait probablement jamais le sens. Un sourire étire les lèvres de la gitane qui retrouve son assurance et murmure.

« Tu es vraiment sûr que c'est pas toi la putain que baise mon frère ? »

Peut-être le message passerait-il mieux ainsi ? Elle en doutait. Elle ouvre un peu plus la porte, désigne une fois encore l'extérieur froid et gelé sous cet hiver immaculé. Qu'elle parte donc, la misérable ! Alors que la rousse appuie encore sur la façon dont Aleera lui avait cordialement demander de remuer son derrière hors de chez elle, elle ne bouge pas. Parfait, puisqu'elle se refusait à sortir, la gitane le ferait pour elle. Fini ce jeu de cynisme, terminé ce sarcasme étouffant. Elle avait eu sa dose la sinistre sorcière qui déjà, perdait à nouveau patience. D'un larme mouvement du bras, elle éjecte sans merci la jeune femme hors du salon, lui faisant passé la porte et s'écraser sur le perron avant de lui claquer la porte au nez. Pas un mot, pas un au revoir... pas même une insulte ! Non, ce serait lui donner trop d'attention. Aleera soupir longuement, observe le salon puis ses pieds nus glisse doucement sur le bois. Elle s'arrête, observe les traces de paumes brûlées sur le plancher avec force et murmure.

« La bougresse, elle a de la ressource. »

A gardé à l'oeil, cette était un potentiel danger. Un peu plus et elle aurait sans doute mit le feu à toute la maison. Dans un soupir lasse, la gitane descend les escaliers, nonchalante et revient poser son séant sur le tabouretface à son métier à tisser ; Il était temps de se remettre au travail. Après tout, le temps c'est de l'argent et il en fallait pour combler les appétit dévorant de Duncan.

- FIN -
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