Neige et farine

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Février 1690 • Alphaeus Vail



Une petite troupe commençait à se former devant l'échoppe du boulanger Aberline. Cet amas de personnes aurait pu porter à croire que la boutique connaissait une subite envolée de popularité, mais pour le plus grand malheur de la famille Aberline, il n'en était rien.

- Comment ça vous avez pas assez d'pain ?! C'pas vot' boulot d'en faire, du pain ?! beugla un grand gaillard.
- J'suis désolé m'sieur, il nous en reste pu' du tout, on a tout vendu... !  marmotta le fils aîné, qui était sorti devant la boutique pour essayer de calmer les esprits.
- Et vous p'vez pas en faire plus là ?! Il est où ton daron qu'j'lui ôte les doigts d'son gros cul, hein ?!

Le gamin laissa échapper un gargouillis étranglé en entendant l'insulte, et ouvrit la bouche pour essayer de trouver quoi répondre, en vain. Lorsque le pas lourd du père Aberline retentit à l'intérieur et que sa silhouette se dessina dans l'encadrement de la porte, son fils poussa un grand soupir soulagé.

- Rentre au chaud fiston, va aider ta mère à préparer mon sac.

Le gosse ne se fit pas prier et quitta le froid de la rue pour se précipiter à l'intérieur de la boutique. Le boulanger prit sa place face à celui qui semblait mener les troupes et leva les mains pour les lui montrer.

- Vous voyez, c'est pas la peine de vous déranger, j'me suis sorti les doigts du troufion tout seul. Malheureusement ça vous donnera pas plus de pain.

Son interlocuteur le considéra un instant sans un mot avant de froncer les sourcils.

- Alors on fait comment pour grailler ?
- Va falloir aller chercher ailleurs pour le moment, moi j'pars racheter de la farine à Harrisburg.

Le silence se fit dans la foule.

- Pourquoi cela, racheter de la farine ? interrogea finalement quelqu'un.

Le père Aberline chercha la personne des yeux, et son regard se durcit instantanément en reconnaissant la tignasse rousse d'Elizabeth. La jeune femme était emmitouflée dans un châle en laine, mais gardait la tête découverte. Les flocons épars semblaient fondre instantanément en touchant le feu de ses cheveux.

- Comme si t'en savais rien, sale putain !! s'exclama le boulanger. C'est toi qu'a bousillé mes stocks, hein !!

Un murmure indigné parcourut l'attroupement, et les personnes les plus proches firent un pas de côté pour s'écarter d'elle. Placide, elle se contenta d'hausser un sourcil :

-"Bousillé" ? Votre stock de farine se serait donc abîmé ? C'est fâcheux. Cela dit, ça ne m'étonne pas qu'elle fût de mauvaise qualité, vu les sortes de pain que vous me vendiez.

Le boulanger serra les poings. Il s'était toujours débrouillé pour lui refiler le pain rassis ou brûlé lorsqu'elle se présentait à la boutique, et plusieurs fois les transactions s'étaient achevées sur des insultes.

- Ce n'est pas de farine dont vous auriez besoin à Harrisburg, si vous voulez mon avis, plutôt d'un assistant connaissant vraiment le métier.

La tête légèrement penchée sur le côté, le bout des doigts appuyés contre sa joue, elle considérait Aberline avec un air pensif, qui contrastait avec le cynisme de ses paroles. Le boulanger commençait à devenir rouge de colère, et entreprit de s'avancer vers elle. La fureur faisait frémir sa moustache. La foule retenait son souffle, curieuse de voir si le boulanger allait frapper la domestique des Perkins ou si, mieux encore, elle dévoilerait sa nature de sorcière pour le foudroyer d'un sort.

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“Les esprits mobiles ne sont pas garantis contre les idées fixes.”
- Aymond d’Alost.

Le voile grisâtre de l’hiver drapait le village de Warwick Bay depuis plusieurs semaines déjà, habillant la colonie d’une humeur maussade que le froid et le vent - qui semblaient s’entendre comme larrons en foire -, étaient si propice à amplifier en cette période. Tandis que l’ambiance hivernale engourdissait plus encore les âmes indolentes, d’autres s’échauffaient paradoxalement, bouillonnant de l’inactivité forcée qu’apportait parfois les déluges cotonneux. Les échos rieurs des enfants jouant dans la neige contrastait inévitablement avec l'agressivité ascendante des adultes, et l’on attendait impatiemment l’arrivée de jours meilleurs pour le commerce. Du point de vue d’Alphaeus, il était cependant un commerce qui florissait à cette saison. Potions, charmes et sortilèges  se révélaient être tout à fait efficace pour soigner un mauvais rhume, donner la force aux plantations agricoles de survivre à l’hiver, ou - infiniment plus rentable comme service - donnait l’occasion de faire disparaître un concurrent direct sous couvert de grippe. Plus que jamais, l’homme de Dieu était sur le qui-vive, soupçonnant manège maléfique à chaque coin de rue, et l’animation inhabituelle devant la boutique du boulanger Aberline n’y dérogeait évidemment pas.
Discret, l’inquisiteur observa de loin le manège, car l’expérience lui avait appris que les souris sont bien plus promptes à disparaître lorsque le chat pointe le bout de son nez. S’il devait découvrir quoi que ce soit ici, mieux valait rester en retrait et glaner des informations d’une autre manière. Confiant en ses acolytes, il savait qu’au moins l’un de ses informateurs s’était dissimulé dans la foule et ne tarderait pas à lui faire un rapport sur ce qui provoquait tant d’agitation chez les citoyens de la bourgade.

Ses émissaires le retrouvèrent à l’abri des regards et firent le point. Aberline ne pouvait plus fournir de pain, ce qui suscitait évidemment la colère de la plèbe. Alph’ fronça les sourcils ; Aberline était un brave gaillard, et c’était bien la première fois qu’il le voyait manquer à son travail. Pénurie de farine, qu’ils avaient dit. Mais c’était pas tout, avait grincé l’un des envoyés comme on se prépare à faire la lumière sur la plus sombre enquête  : la Rousse était impliquée, la Rousse avait été accusée par l’artisan. Et lorsqu’il s’agissait de la Rousse, c’était rarement un hasard.
La Rousse, cela désignait évidemment Elizabeth Parris. Plus encore que sa chevelure de feu qui suscitait immédiatement le soupçon chez Alphaeus, c’était son étrange présence à chaque fois que tel ou tel événement inhabituel se produisait, et les motifs évidents qui pesaient en sa défaveur. Mais encore, son appartenance à la famille Perkins, sa servitude pour la petite garce de Cherry. Les chefs d’accusations contre Elizabeth étaient donc nombreux, mais jusqu’ici, il ne trouvait aucune preuve suffisante pour étayer son jugement. Persuadé de la malfaisance qui émanait de cet être grossier.
Une grimace prit place sur le visage torturé de l’inquisiteur, qui à grand pas rejoignit la scène du méfait. Les gens s’écartèrent à son approche, par crainte autant que par respect. Profitant de l’effet de foule pour ralentir et exagérer son entrée, Alphaeus se fit aussi grand qu’il le put et lorgna d’un regard délateur la femme. « Au mauvais endroit au mauvais moment, comme toujours... » il lança à son intention. L’homme de foi coinça ses pouces dans sa ceinture, écartant les pans de sa veste d’obsidienne pour faire jour sur ses armes à feu. « Aberline, elle a une dent contre toi, pas vrai ? » il l’interrogea, sans détourner ses iris de sa cible. Il lui semblait déjà connaître la réponse.
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Un nouveau murmure parcourt la foule tandis qu'un bruit de pas mesuré se fait entendre derrière elle. Les bras croisés dans une posture défensive, Betty se tourne pour affronter le regard de l'inquisiteur Vail, qui la gratifie de son sempiternel commentaire sur sa présence suspecte sur les lieux du crime. La mâchoire de la jeune femme se contracte en l'entendant.

- Le monde est petit, votre sainteté.

Elle vouait une haine farouche à cet homme et à ceux de son espèce, et bien qu'elle avait tendance à s'amuser de son obsession pour prouver son appartenance au peuple sorcier, cela lui rappelait parfois désagréablement l'inquisiteur Shepherd. La seule différence était que le désir de Shepherd à son égard avait été violemment charnel, tandis que Vail souhaitait ardemment la voir brûler sur la place du village. La vue de l'homme en noir lui emprisonnait parfois les tripes dans l'étau glacial d'une crainte qu'elle répugnait à appeler peur.
Aberline, lui, regarde l'homme d'église comme s'il s'agissait du Messie en personne. Derrière sa barbe, ses yeux s'illuminent.

- Oh, monsieur Vail, vous tombez si bien... !

La domestique des Perkins se demande un instant s'il ne va pas se jeter à ses pieds pour couvrir ses bottes de baisers.

- Si cette catin a une dent contre moi ? C'est contre toute la colonie qu'elle a une dent oui !! Elle a fait pourrir toute ma farine pour cet hiver ! Je n'ai plus de pain pour personne tant que je ne serai pas allé me réapprovisionner, et qui sait quand ce sera possible !!

Un grondement approbateur agite l'assemblée, et Betty se campe fermement sur ses pieds en haussant la voix :

- Puisque vous confirmez que j'ai du ressentiment à votre égard, vous savez très certainement pourquoi, n'est-ce pas ? Ou alors vous affirmez que je vous déteste sans raison ?

Le boulanger écarquille légèrement les yeux, pris au dépourvu, mais retrouve rapidement contenance.

- Les démons dans ton genre ont pour seul but de nous couvrir de malheur, nous les honnêtes gens !!

Il brandit le poing sous son nez, et la domestique ouvre la bouche pour s'apprêter à répliquer lorsqu'une boule de neige garnie d'une pierre l'atteint violemment à la tempe.

- LA FERME CATIN !! hurle son assaillant.

La jeune femme tourne vivement la tête pour le chercher du regard, une lueur haineuse dans le regard tandis qu'une traînée de sang chaud dégouline le long de son visage. Un instant, elle sent les paumes de ses mains la brûler, mais la présence de l'inquisiteur la rappelle brusquement à l'ordre. Rapidement, elle redirige ses yeux vers lui, chargés d'une colère froide.

- Vous ne pensez pas que ce genre de comportement me donne le droit d'avoir une dent contre eux ?

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« À d’autres, tes minauderies affables, Parris. Garde tes simagrées pour toi, ça nous fera gagner un temps précieux. » Votre sainteté, qu’elle avait dit, alors qu’il n’était qu’un mercenaire zélé qui avait embrassé la sainte cause comme on s’éprend d’un amour éperdu pour la coquette du village. La tragique disparition de Felicity lui avait ouvert les yeux sur l’atroce réalité de ce monde, sur l’abominable existence de ces êtres impies sans foi ni loi. Comment avaient-ils osé lui voler son bonheur, sa raison d’être ? Il en avait conclu que si un faiseur de sorts avait fait preuve de telle cruauté, alors ils l’étaient tous. S’il avait disposé d’une once de raison, il aurait probablement compris l’instabilité de son syllogisme ; car c’était comme d’affirmer que s’il existait un mauvais pêcheur, alors personne ne savait pêcher. Mais son jugement branlant était soutenu par les larges piliers de sa colère, aussi il refusait d’entendre raison. Les sorcières brûleraient. Il délivrerait la cité de cette mauvaise herbe à tout jamais.

Le regard brillant de reconnaissance d’Aberline venait gonfler la vanité d’Alphaeus au même titre que les quelques respectueuses révérences dont s’accomodèrent les plus craintifs du chasseur de sorcières. Sans se départir du pli de satisfaction qui retroussait la commissure de ses lèvres, Al’ hocha la tête avec une compassion feinte à l’égard du boulanger et apposa sa main gantée sur l’épaule de l’homme. Peu lui importait les stocks de farines perdus et la mine déconfite du gros artisan, mais il ne pouvait décemment pas le lui montrer ouvertement. Non, tout ce qu’il souhaitait, c’était coincer la Rousse ; c’était la corder à mât solide, lui dédier un royal bain d’huile pour qu’elle leur offre un flamboyant spectacle !

Pourtant, si une haine sourde brûlait en son sein, il ne fut pas le premier à lever la main. De la foule jaillit une lourde boule de neige qui vint heurter l’accusée en pleine margoulette. Alphaeus se retint de rire à grand peine tant la douleur de la présumée sorcière le ravissait. Prompt à saisir cette opportunité de jouer avec les nerfs de Parris, l’inquisiteur se fendit d’une grimace d’épouvante exagérée à l’encontre de ce manquement. « Allons, allons... Du calme. Je vous en prie. » Il tendit ses mains devant lui et les agita vers le bas. Il se rapprocha de la femme pour ramasser la pierre ensanglantée que l’impact avait révélé. Il brandit le galet devant lui, en évidence pour les autres. « Voyez comme elle est inoffensive. Elle ne saurait se protéger contre  un vulgaire caillou, et vous la craignez ? Les paroles d’un muet et les coups d’un vieillard vous heurteraient probablement plus que les agissement de cette rombière ! » L’allusion souleva quelques rires dans la foule. De son pardessus noir, Alphaeus retira un mouchoir blanc, et, d’une empathie perverse, entreprit de tamponner le tissu contre la tempe abîmée d’Elizabeth. Electrisé par les murmures approbateurs et l’attention sans faille qu’il avait su capter chez la foule, il poussa le vice à soulever quelques mèches bouclées du bout de ses doigts. Il se tourna à nouveau vers ses concitoyens. « Oh, comme je comprends votre dégoût pour cette créature de feu… Mais que diable ! Plutôt que du ressentiment, ayez pitié d’une si pitoyable enchanteresse. » Il parcourut l’assemblée d’un regard implorant.

Qu’il était retors dans ses manoeuvres, car il savait la douleur qu’apportait la condescendance d’autrui. Des années durant, bien avant que le phare béni du Seigneur ne vienne illuminer la mer de sa désolation pour le guider vers la foi, il avait subi les regards dédaigneux qu’on réserve aux infirmes, cette miséricorde presque cruelle qu’on adressait aux lamentations de son âme transie de chagrin. Alphaeus acquiesça comme pour lui-même, en écho à ces souvenirs, puis se pencha finalement vers la servante une fois de plus. « Vois comme ils te méprisent… Une sorcière ne se laisserait jamais marcher sur les pieds comme ça, j’ai pas raison ? Si t’avais ne serait-ce qu’une once de pouvoir, ne serait-ce pas légitime que de les faire taire d’un puissant sortilège ? C’est ce que je penserais probablement, à ta place...  » Puis, plus fort. « Tiens, garde le mouchoir. C’est cadeau.  » Qu’elle le garde en souvenir, pour ne pas oublier qu’il remonterait les pistes jusqu’à elle pour la coincer un jour.
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Tandis qu'Alphaeus parade devant l'attroupement, Betty le fixe, une lueur haineuse au fond du regard. La foule gronde d'approbation, galvanisée par les paroles de l'inquisiteur. C'est vrai après tout, pourquoi devaient-ils avoir peur d'elle ? L'Eglise les protégerait...
D'un geste calculé, l'homme entreprend d'essuyer le sang sur sa tempe. Le contact lui fait l'effet d'une décharge, la proximité lui donne envie d'hurler alors qu'il a l'audace de saisir entre ses doigts le ruban d'une boucle rousse. Elle s'imagine la scène vue par une personne extérieure : l'inquisiteur Vail et son immense miséricorde le poussant à prendre pitié de la rouquine, la putain du diable, le Mal incarné... Elle se sent bouillonner de rage, et lorsque l'inquisiteur se penche vers elle pour lui susurrer son poison, elle hésite à lui cracher au visage - la pensée du bûcher retient cependant son geste. La servante peut sentir son souffle chaud près de son visage, formant un nuage de buée blanche dans le froid de l'hiver. Sous le coup de la rage, ses joues s'empourprent, et elle empoigne le mouchoir d'un geste sec avant de siffler entre ses dents :

- Monseigneur est trop aimable, n'a-t'il cependant pas peur que je me serve de cet humble mouchoir pour lui jeter une malédiction ?

Une femme suffisamment proche pour entendre lâche un hoquet de terreur et baisse les yeux sur le morceau de tissu taché de sang comme s'il s'agissait d'un terrible poison. Aberline affiche une expression inquiète, et fait un pas en avant vers les deux adversaires.

- M'sieur Vail, c'est pas la peine d'être aussi bon envers elle, elle le mérite pas vous savez... !

La domestique retrousse les lèvres en un rictus féroce, digne de la plus mauvaise des sorcières, sans lâcher Vail des yeux.

- Il a raison votre Sainteté, vous devriez le reprendre, je ne mérite pas une telle bonté !

Les yeux d'Aberline naviguent avec affolement de l'un à l'autre, alors qu'elle se rapproche de l'homme en noir pour lui tendre son mouchoir et souffler :

- Vous savez, je n'ai jamais compris comment vous pouviez éprouver un tel plaisir à voir des femmes innocentes brûler après ce qui est arrivé à votre pauvre épouse... Vous devez avoir un courage admirable, mon cher !


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Oh, comme il jubilait de voir ses joues se parer d’une splendide teinte coquelicot ! Comme il raffolait de cette exquise expression de hargne qui étirait les traits de son visage charnu ! Comme il savourait ce silence, ce moment de colère intime que seul elle et lui étaient capables de saisir car pièces maîtresses de cette mascarade. Qu’ils sont idiots, ces villageois, de ne point voir que les intentions d’Alphaeus ne sont ont ne peut plus éloignées de ses actes ; que dieu prête miséricorde à leurs esprits ingénus, qu’il prenne en pitié ces doux enfants que la sorcellerie ne saurait corrompre. L’inquisiteur adressa un sourire condescendant à cette foule ignare, et plus particulièrement à Aberline qui s’effrayait presque de tant de gentillesse ; probablement que le gros homme craignait perdre le soutien du plus précieux allié dans la manoeuvre, alors qu’il n’en était rien. D’un geste leste de la main, il intima au boulanger de se taire. Il l’agaçait, lui aussi.

« Ne sais-tu pas que je suis déjà maudit ? » il ricana, imperméable à la menace.

Il soutint son regard haineux sans sourciller, indifférent, car c’était volontiers qu’il se désignait comme réceptacle du ressentiment de la noire communauté des jeteurs de sorts. Il ignora tout bonnement son désir de lui rendre son mouchoir, n’ayant cependant aucun désir de poser ses doigts sur ce qu’avait touché l’oeuvre du Malin. Avec assurance - trop, probablement -, Alpha lui adressa un rictus victorieux, brandissant sur son faciès le trophée de son triomphant verbiage.
Pourtant, son sourire se figea bien vite.
Felicity. Elle s’attaquait à Felicity. Comment osait-elle seulement faire allusion à sa défunte épouse ?!

Alors ques les images fugaces de l’incendie et le corps inerte de son épouse s’imposaient à son esprit brisé par le chagrin, son sang ne fit qu’un tour. Oubliée, la maîtrise de soi ; envolé, son flegme face à cette chevelure incandescente. D’un vif mouvement, son bras fendit l’air et l’espace qui les séparait, pour que sa poigne vienne exercer une large prise sur sa gorge nue. La poussant sur le côté, courant presque avec elle il la projeta contre l’échoppe d’Aberline avec toute la violence dont il était capable, sans pour autant défaire son emprise sur son cou. D’une main de fer, il la fit suffoquer, histoire qu’elle son visage vire rouge brique pour de bon et que plus jamais elle n’ait l’impudence d’évoquer Felicity. Il la lorgna d’un regard hystérique, comme guettant le moment où viendrait à s’épuiser ses dernières ressources, puis la lâcha aussi sèchement qu’il l’avait empoignée.

« Évoque encore une seule fois ma femme, et c’en est fini de ta misérable existence. » Il fit volte-face, pour affronter d’une oeillade le pusillanime respect des citoyens. Ce faisant, il secoua sa main qui s’était crispée durant la strangulation. « C’est pareil pour vous autres. » Il conclut d’une voix enrouée par l’émotion, refoulant difficilement sa peine aux souvenirs lancinants de sa conjointe.
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Si elle est hautaine et insolente, Elizabeth n'est cependant pas une femme stupide. Elle sait ce que cela fait de poser le doigt là où ça fait mal, et la violente réaction de l'inquisiteur ne l'étonne pas. Cependant, elle s'était attendue à une gifle, et lorsque la main vient la cueillir au cou, elle ne peut retenir un hoquet de surprise. Alors que son dos heurte le mur de la boutique, elle lâche le mouchoir taché de sang qui vient paresseusement atterrir sur la neige, tel une rose écarlate ayant éclos au cœur de l'hiver, tel la fureur embrasant désormais le visage habituellement placide de l'inquisiteur. Mais elle distingue de moins en moins ses traits au fur et à mesure que le souffle lui échappe. Bientôt, elle ne perçoit Alphaeus plus qu'au travers d'une myriade de points colorés envahissant son champ de vision, et pendant un instant terrible elle craint de perdre connaissance pour de bon. Mais il la lâche au dernier moment, et l'air glacial vient remplir ses poumons tandis qu"elle s'affaisse contre le mur. Vail a l'air immense devant elle, proférant des menaces d'une voix plus coupante encore que la bise hivernale qui s'infiltre sous un vêtement mal ajusté. L'assemblée n'ose plus piper mot, et tous les regards sont dirigés vers l'inquisiteur encore frémissant de colère, droit dans son costume sombre, alors que derrière lui sa féroce ennemie commence déjà à arborer la trace mauve d'un hématome autour du cou.
Au milieu du silence, la porte de la boutique s'ouvre en grinçant légèrement, et le fils aîné d'Aberline, un grand échalas de 16 ans aussi maigre que son père était gros, pointe timidement le bout de son nez au dehors. Son regard est d'abord attiré par la silhouette noire de Vail, puis par la tache de sang à ses pieds. Enfin, du coin de l'œil, il perçoit la chevelure de feu, l'humble robe brune de servante et les mains tremblantes appuyées contre la pierre. Naïvement, il ne voit pas la sorcière, mais rien qu'une jolie jeune femme à l'air mal.

- Tout va bien mademoiselle... ?

Le charme est alors rompu par le père Aberline qui pousse un glapissement de terreur en voyant son fils tendre la main vers Betty. Lui criant de ne pas la toucher, il le saisit par les épaules et le repousse violemment en arrière. Aussitôt, la foule s'agite à nouveau, et la rumeur se remet à gronder. Comme souhaitant oublier l'attitude menaçante de l'inquisieur, tous reviennent à la cible première : la sorcière. Celle-ci, galvanisée par le murmure sourd des passants, chasse de sa tête la peur qu'elle a ressenti un bref instant, et se relève pour pointer un doigt accusateur en direction de Vail. Lorsqu'elle se met à parler, sa voix est rauque, éraillée, et elle se félicite intérieurement de cet effet dramatique supplémentaire.

- Si j'avais ne serait-ce qu'une once des pouvoirs dont tu me crois détentrice, sache que ton corps tiendrait compagnie à celui de ton ancienne conjointe. Mais es-tu sûr de vouloir déjà me livrer au bûcher ? Voyons, je suis persuadée que lorsque tu baises ta nouvelle femme, il te suffit de m'imaginer brûler vive pour être plus performant que jamais !

Et du coin de l'œil, elle peut voir les expressions d'horreur se peindre sur les visages, les femmes se couvrir la bouche pour réprimer un cri, Aberline devenir aussi blanc que sa farine pourrie. Ne reste plus qu'à découvrir la réaction de son adversaire, et à cette pensée, l'hématome sur son cou la tire de manière délicieuse. Une autre de ces manifestations de violence, et qui sait ce que les gens finiront par penser de lui...

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C’était une véritable malédiction que ce désespoir qui sans cesse venait poindre à la porte de sa prétendue indifférence, ces sourds sanglots qui cascadaient dans la noire rivière de son amertume dès lors qu’on évoquait son amour unique. Et, malgré ses efforts acharnés pour dissimuler la brèche dans sa défense, les années n’avait su trouver meilleure réponse à cette faille que la colère, l’inextinguible et farouche hargne qui guidait chacun de ses pas, et dont il irradiait d’un regard ardent la populace de Warwick en cet instant même. Aussi, si parmi l’un d’eux se terrait le responsable de l’assassinat de Felicity, il souhaitait qu’il contemple ce qu’il avait créé, l’arme la plus fidèle et la plus efficace de Grand Architecte, un homme qui vouait son ressentiment à la protection des textes sacrés.

Le silence effarouché fut brisé par le couinement geignard de la porte de l’échoppe. D’une oeillade curieuse jetée à la volée par dessus-sa propre épaule, l’inquisiteur s’enquit de découvrir qui osait ainsi rompre cet instant de souveraineté. La silhouette d’un grand gamin se dessina sur le seuil, et sa question d’une amabilitée que la rousse ne goûtait guère souvent arracha un rictus moqueur à Alphaeus. Non, bien sûr que cela n’allait pas, et il se satisfaisait volontiers d’en être le principal responsable. Il pivota légèrement, s’affichant désormais de profil par rapport au magasin, alors qu’Aberline le dépassait en courant, agitant de façon drolesque son corps boudiné pour venir au secours de sa naïve progéniture. Du coin de ses saphirs, il contempla sa cible, l’observa se relever avec le plus grand dédain. Il était convaincu qu’elle saurait se taire, et que la marque rougeâtre qui décorait sa gorge serait un souvenir qui lui rappelerait de ne plus jamais le provoquer en public. Mais il ne pouvait se tromper plus.

Elle rattaquait de plus belle, cette rouge poufiasse, usant d’un tutoiement qu’il n’autorisait pas, elle s’octroyait le droit de l’insulter une fois de plus,. Une fois de trop. Le visage de la main de Dieu vira cramoisi de ces insinuations scandaleuses. Le sang battait à ses tempêtes, et son palpitant cognait comme un tambour de guerre, sonnant la charge face à cette ménesse sans une once de retenue. Il tremblait de rage, et sa main tomba instinctivement sur la crosse de son calibre. D’un geste lent, comme si son esprit luttait pour combattre la pulsion meurtrière qui résonnait dans tout son épiderme, il saisit son arme à feu et dégaina l’objet hors de sa ceinture. Il pointa un bras tremblant dans la direction d’Elizabeth en réponse au doigt tendu qui avait jeté l’opprobre sur sa personne et sur sa nouvelle fiancée. Amberley, la seule personne à qui il octroyait une once de confiance. Son seul remède en ces temps obscurs.

« Souhaites-tu à ce point mourir ?! » il crache d’une voix discordante, désaccordée par la colère. « Ouvres encore une seule fois ta sale bouche, et on verra si tu sais te protéger des cartouches. » Le canon du revolver oscillait dangereusement bien qu’il désirât le braquer vers le visage de la gorgone. Un mot de plus et il tirerait sans plus d’hésitation. Et les villageois serait témoins de ce qu’il en coûte de lui manquer de respect. De porter atteinte à son honneur.
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Un silence irréel s'abat tel une chape de plomb sur l'assemblée alors que l'inquisiteur braque d'une main tremblante l’œil charbonneux de son arme en direction de la sorcière. Une sueur glaciale lui coule le long de l'échine, et son expression provocatrice laisse place à un visage fermé. Lentement, elle lève les mains devant elle, paumes ouvertes, comme pour montrer à l'homme qu'elle ne représente aucun danger. Elle ne doute absolument pas de ses dires, et n'a pas envie d'encore plus le titiller pour vérifier s'il serait vraiment prêt à lui ficher une balle entre les deux yeux. Pas le genre de mort qui lui fait envie. Les lèvres serrées, elle se contente de fixer le canon de l'arme, sans manifester la moindre émotion. C'est Aberline qui brise le silence le premier.

- Monsieur Vail, n'en venez pas à de telles extrémités, cela n'en vaut vraiment pas la peine... !

Le pauvre homme a l'air au bord de la crise cardiaque. Intérieurement, Betty ricane : lui qui espérait que l'inquisiteur règle rapidement cette histoire idiote, le voilà qui menace de repeindre la devanture de sa boutique avec la cervelle de la domestique.

- Le père Aberline a raison monseigneur. Vous brûlez les étapes.

Elle parle prudemment, d'une voix posée, comme lorsque l'on essaye d'approcher un animal apeuré. Voyons, n'aie pas peur, regarde comme je suis inoffensive.

- Et si... Et si vous entriez ? Comme ça, nous pourrons en discuter sérieusement, et vous pourrez trancher... ! Je peux même regarder s'il me reste une miche de pain quelque part, en cherchant bien... !

La perspective d'entrer au chaud dans la boutique et d'échapper à tous ces regards scrutateurs semble soudain délicieuse à Betty. Et puis, elle a obtenu ce qu'elle voulait : ils ont pu voir leur inquisiteur perdre son sang-froid. Maintenant, ils lui sont inutiles, et leur présence l'étouffe.

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L’effroi les rendait silencieux. Tout sembla se figer, tant les sons que les mouvements, dressant un parfait tableau de sa noire folie. Seul le mouvement tremblant de son bras venait perturber cette scène statique, focus pour le moins morbide puisqu’une arme s’agitait au bout de sa main, tressautait entre ses doigts palpitants de haine, traçant des lignes fictives sur la cible qu’était la rousse marâtre. Ce fut le boulanger patapouf qui brisa le silence le premier, horrifié à l’idée que l’on repeigne la devanture de son magasin avec le sang de l’ignominie à la chevelure flamboyante. Que d’hypocrisie, car si Alphaeus avait pointé vers un autre bâtiment ou la nature, jamais l’artisan ne se serait opposé à la mort de cette semeuse de zizanie. L’inquisiteur fulminait. Et Elizabeth de sauter sur l’occasion ; d’en rajouter une couche. D’un autre côté, cette démone n’allait pas dire le contraire. Maintenant qu’elle pouvait lire la féroce résolution dans ses iris, elle craignait pour sa vie. Il ricana.

« Bah quoi, tu m’raille plus ? T’es à court de réparties ou tu pisses juste dans ton froc ? T’es pas bien maline, la rousse. Tu me provoque en duel, et quand je sors l’arme, tu joues les vierges effarouchées. » Il fit tourner l’arme sur son index à la manière d’un homme de l’ouest puis la rangea dans sa ceinture, puis tira la grimace. « Allez, assez plaisanté. Ca m’a donné la fringale. » A pas décontractés bien qu’un peu raides encore, il pénétra dans la boutique comme si tout cela n’avait été qu’une vulgaire mascarade, une rocambole qui s’était joué entre eux deux, une mauvaise farce qu’on oublie aussitôt. Mais il bouillonait véritablement, ses tempes battant d’un sang vengeur.

Elle ne perdait rien pour attendre ; il obtiendrait réparation plus tard, d’une autre manière, et sa punition n’en serait que plus sévère, plus cruelle, bien mieux orchestrée qu’un vulgaire tir. Au final, une balle de revolver, c’était trop propre. Non, pour tuer les infâmies qu’étaient les sourceleuses, il fallait une lente souffrance pour qu’elles expient tout leur péchés. Leur soutirer tout le poison de leurs âmes à grands cris de douleur.

Ils échappaient de fait aux regards globuleux et hagards des pécores, ce qui l’aida à se calmer. Quelques minutes de plus à être ainsi observé par la foule, et il en aurait épinglé un au hasard, juste pour satisfaire ses envies meurtrières. Mais il ne pouvait décemment se résoudre à tuer un innocent ; il combattait pour eux, pour toutes ces personnes faibles, à l’image de sa défunte femme. Aussi il était rentré pour les protéger de sa colère, et il soupira en adressant un dernier regard à la populace.
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Les piques de l'inquisiteur lui arrachent un rictus, mais elle ne répond pas. L'homme est instable, et elle n'est pas complètement folle. Pas encore du moins. D'un geste se voulant décontracté, il joue avec son arme avant de la faire disparaître. Elle s'autorise un discret soupir de soulagement, et laisse retomber ses bras le long de son corps. Sorcière ou pas, elle se sent tout de même plus à l'aise sans pistolet braqué sur son front. Comme si toute la scène avait été une quelconque farce, Vail accepte l'offre d'Aberline sans discuter et disparaît dans l'échoppe. Elle considère cela comme la signification qu'elle peut prendre congé et tourne les talons pour prendre congé, mais le boulanger lui donne une brusque bourrade dans l'épaule pour l'arrêter avant d'aussitôt retirer sa main, de peur de mourir foudroyé sur place en la touchant. La domestique lui lance un regard irrité, sans rien dire.

- Ce n'est pas encore fini. Tu dois dire à l'inquisiteur ce que tu as fait.

- Je n'ai rien fait.

- C'est à lui de trancher.

Elle pousse un soupir agacé tandis que le boulanger lui désigne l'entrée de la boutique. Elle peut voir ses yeux briller de nervosité, ses pupilles naviguer fiévreusement sur son entourage sans savoir où se poser. D'un geste se voulant digne, elle empoigne ses jupes pour les relever légèrement et entrer dans la maison, la tête haute.

La rumeur extérieure cesse alors que la porte se referme derrière elle. Dans la boulangerie, il règne une agréable chaleur causée par l'imposant four à pain. Le long des murs, les étagères sont vides : ne reste qu'une fine couche de farine, comme si les miches de pain avaient laissé là leurs fantômes. La poussant de nouveau dans le dos, Aberline la fait franchir une petite porte menant à la pièce à vivre de la famille. Là, il s'empresse d'aller proposer une chaise à l'inquisiteur avant de sortir une moitié de miche de sous un torchon à carreaux. Le pain n'a pas l'air de première fraîcheur, mais la croûte croustille encore agréablement sous les mains larges du boulanger. Le ventre de la jeune femme gargouille bruyamment, et pour se donner contenance, elle croise les bras et s'adosse au mur près de la porte. Elle n'a bien évidemment pas droit à une chaise. Les lèvres pincées, elle regarde le boulanger, sa prétendue victime, découper une généreuse tranche de pain pour son visiteur avant de se tordre les mains en attendant de pouvoir exposer les faits à l'homme en noir.

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LA MAIN DE DIEU
“Les esprits mobiles ne sont pas garantis contre les idées fixes.”
- Aymond d’Alost.

Dans son sillage il délaissait une foule ébaubie par ses exactions, muselée par son tempérament orageux. Alors lorsqu’il disparut à l’intérieur de l’échoppe, d’aucuns soupirèrent bien qu’ils soient supposément de son camp ; l’on avait craint qu’il cède à un instant de folie, et qu’il déverse une pluie de balles sur le village entier. On relâcha peu à peu les enfants que l’on cachait fébrilement dans son dos, on rompit le silence mortifère et les discussions s’élevèrent peu à peu, reprirent leur cours tout naturellement comme s’il  ne s’était jamais rien passé. Les femmes les plus piaillardes s’emprèsserent de filer pour colporter des vilains ragots à leurs amies jaboteuses, les hommes échangèrent des regards entendus qui en disaient long et les gamins retournèrent lancer des cailloux et jouer à la marelle dans la rue.

Il fut rejoint par la rousse et l’artisan un instant plus tard. Entre temps, l’inquisiteur s’était efforcé de calmer son coeur courroucé à grandes inspirations. Il avait serré ses chapelets dans sa paume, si fort qu’il en avait incrusté les rondeurs des perles sur sa peau. Aberline les conduit plus loin à l’intérieur, dans ses appartements privés qui commençaient là où se terminait la boutique. Sans mot dire, Alphaeus prit place sur la chaise que lui offrait le boulanger et toisa d’un regard ombrageux celle qu’il considérait sorcière alors que cette dernière s’adossait au mur. Elle n’avait pas sa place ici. Elle désirait filer ; il pouvait le voir à son air buté. Probablement qu’elle considérait le risque trop grand, étant donné qu’elle avait failli mourir quelques minutes plus tôt.

Comme son ventre grondait, le pain qu’on lui servit ne fut pas de refus. Il prit la tranche découpée entre ses paluches, croqua dedans goulûment puis biaisa la rousse. Il esquissa soudain un sourire moqueur. « Aberline, soyez bon et coupez lui en un morceau. On dirait qu’elle va mourir de faim. Le Seigneur apprécierait une telle preuve d’humilité. » Mon oeil. Tout ce que désirait l’inquisiteur, c’était marcher sur la fierté de l’autre. A contrecoeur, l’artisan s’exécuta, non sans exécuter une moue de dépit plus qu’évidente. « Si vous le dites alors... » Alphaeus, faisant fi du manque de bonne volonté d’Aberline, mordit à nouveau dans le pain, à plusieurs reprises, jusqu’à ce qu’il ait englouti l’en-cas dans sa totalité puis rengagea la discussion. «Bien. Maintenant, parlez. »
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