Attrape-moi si tu peux

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Souillure infernale
Le sermon, elle n'en avait pas écouter le moindre mot. Le visage blafard de l'inquisiteur n'inspirait aucun respect, seulement du mépris... la foule elle, s'excitait déjà de la sentence qu'il avait prononcé alors que la pauvre femme attaché à son bûcher gémissait d'angoisse, sanglotait une énième supplique pour que l'on épargne sa vie. Et pourtant... Alors les tortures pour lui arracher un aveu, cette mort aurait dû lui sembler salutaire. Mais il n'en est rien. Elle s'accroche à la vie, elle encore si jeune, si belle malgré les lésions sur son visage qui trahissent les coups reçu, les hématomes sur ses épaules nus, les vêtements souillés et déchiré. Que lui avaient-ils fait, à cette pauvre enfant, pour qu'elle finisse par avouer un crime qui n'était pas le sien.

Sorcière ! Sorcière !

Hurle la foule. C'est du délire, aucune d'entre eux ne cherche à savoir, ne cherche à comprendre. On a désigné la gueuse de Belzébuth du doigt, on lui crache son méprit au visage alors que déjà, la torche enflamme le bois. Le bourreau lui, ne fait que son devoir. Le feu prend vite, prend fort alors qu'une épaisse fumée sombre s'en dégage et à travers le crépitement des flammes, c'est les cris de l'innocente qui résonne. Bien vite, la chair brûlée vient à piquer le nez de la Belkhan qui, cachée dans la foule, observe la scène avec écœurement. On les dit mauvais, eux les maudits de sa lignée... Pourtant lorsqu'elle voit ce genre de spectacle, elle ne comprend pas. Le mal, il est là, dans ceux qui bafoue la vie des hommes, des femmes, des enfants. Tout cela au nom d'une croyance absurde. Mais Dieu n'est-il pas paix et amour ? Alors pourquoi tant de cruauté ? C'est le Diable qui guide la main de ces hommes là, pas Dieu. Le Diable, il est là n'est-ce pas ? A travers l'odeur de la fumée et celle de la chair calcinée, elle sent sa présence. Presque son odeur nauséabonde. Aleera aurait dû le prévoir, qu'à travers cette foule les Drake seraient de la fête.

Alors que les cris de l'accusé on cessé lorsque la mort l'a emporté, la foule déjà, à commencer à se dissoudre. Le spectacle est terminé, ils sont repus de mort et de terreur et n'inspire maintenant, qu'à retourner à leur petite vie médiocre. Ils sont laids, ils sont tordus... Mais ce n'est pas ce qui inquiète la gitane dont le regard passe et repasse sur les gens, qu'elle se frais un chemin entre les citoyens, en poussant certains pour se faire une place. Elle l'a vu, n'est-ce pas ? Cette chevelure d'ébène, ce regard d'insondable noirceur... C'est un Drake et la seule chose qu'elle espère, c'est le voir mourir agonisant de sa main. C'est la fureur qui guide les pas de la jeune femme qui tente de suivre sa proie à travers les sombres ruelles de la colonie. Elle attend le moment propice, celui où plus personne ne sera là pour les voir, l'instant où elle refermerait ses mains sur sa gorge et qu'elle n'envoie son âme à la place qui lui revient : en Enfer.
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le 20.01.17 21:07
Adam regardait la scène le visage blême. Il ne pouvait rien pour la pauvre jeune fille, qui hurlait de douleur pendant que les flammes la brulait. Il ne pouvait rien pour la pauvre jeune fille, qui se démenait comme un diable poussée par l’instinct de survie, et le moindre signe de sympathie envers elle allait être considéré comme du parjure envers l’église. Il ne pouvait rien pour la pauvre jeune fille, qui n’était sans doute même pas une sorcière, si ce n’était prier silencieusement Satan de venir rapidement récupérer l’âme de cet être damné par les émissaire de dieux.

Adam regardait silencieusement l’inquisiteur proférer des absurdités, comme quoi ils protégeaient la ville, que cette fille était la source des meurtres perpétué dans la forêt. Puis vînt la partie préférée d’Adam. Celle où l’inquisiteur déclarait qu’ils sauvaient l’âme de cette femme en la purifiant par les flammes, qu’ils faisaient preuve de miséricorde. La main du jeune homme le démangeait. Pour lui aussi on avait fait preuve de miséricorde quand il pleurait et suppliait qu’on l’épargne, lorsqu’on appliquât sur sa main le fer rouge qui allait le marquer à vie. Clémence mon c**, il était seulement un gosse qui crevait la dalle bordel ! Adam contenait désormais à peine sa rage, il fallait qu’il parte de là avant que le prêtre se mette à flamber en même temps que la prétendue sorcière. Il avait besoin de se calmer. Il partait désormais à grand pas de la scène, passant par de petites ruelles pour éviter au maximum le monde. Il se dirigeait vers la lisière de la forêt, où il allait avoir le loisir d’exprimer sa rage en l’absence de publique.

Arrivé à la forêt il s’enfonça un peu dans cette dernière pour être sûr de ne pas être vu. Au bout d’un quart d’heure à marcher dans les bois, il s’estima assez loin. Sa haine s’était légèrement atténuée, mais était toujours belle et bien présente. Il fallait qu’il s’en débarrassât, et un des meilleurs moyens pour cela était d’utiliser la magie. C’était comme si les sorts se nourrissaient de sa passion et ainsi l’amenuisaient. Adam s’assit sur une souche et se concentra sur le premier buisson qu’il avait sous les yeux. Il le fixa longuement, pour ne pas se tromper de cible. Le visage de l’inquisiteur était encore présent dans son esprit, et même s’il ne risquait pas de lui faire grand mal, le moindre signe de magie que pouvait ressentir se dernier allait renforcer sa croisade. Adam se concentra donc, puis récita une incantation brève et le buisson s’enflamma. Sa haine diminua d’un seul coup, et, bien qu’encore présente, elle était devenue canalisable. Il resta assis là à regarder le buisson flamber telle une cheminée, attendant de se calmer en plein et que le coup de fatigue qui venait toujours avec l’utilisation de ses pouvoirs passe.
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le 20.01.17 22:34

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Souillure infernale
La solitude pouvait frapper n'importe qui, n'importe où, n'importe quand. C'était un besoin que certains avaient bien du mal à refréner. Une sensation qu'Aleera ne connaissait que trop bien. Dans la plus grande discrétion, elle se faufile, suit son inconnu jusqu'à ce que l'odeur de la chair calcinée ne soit remplacée par l'air frais de la nature. Il était bon de pouvoir enfin respirer, prendre une goulée d'air sans avoir peur de ne jamais avoir à se débarrasser de cette odeur de cendre qui imprégnait actuellement la place du village. D'ailleurs, pourquoi partait-il si loin ? Caché aux yeux des autres, le sombre sorcier s'était faufilé jusqu'à une clairière avant de prendre place une souche et de laisser éclater sa magie. Et elle, la gitane, s'était caché derrière un arbre, l'observait avec cette lueur surnaturelle dans les yeux. En silence, elle observait ce feu auquel elle était condamnée par sa faute à lui et sa maudite lignée... Elle inspire, la sorcière, canalise sa haine pour ne pas la laisser éclater, se contente d'observer l'homme qui semble à deux doigts de craquer. Il semble fragile, fébrile pour un Drake digne de ce nom... Et plus elle l'observe, plus elle sent que quelque chose ne va pas. Il n'est pas suffisamment bien vêtu pour un noble, il a l'air dévasté par ses émotions qui nourrissent une magie au potentiel incroyable mais si peu exploité.

« Ce n'est pas comme cela que tu parviendras à gérer ta haine. »

Enfin, sa voix s'était élevé et la gitane sort de sa cachette. Elle s'approche doucement, démarche féline et nonchalante alors que ses yeux d'un gris orageux sont à nouveau parcourus de cette lumière ambrée qui disparaît aussi vite qu'elle est apparu. L'homme n'a pas fait preuve de prudence. Il laisse sa magie ainsi le gangrené alors même qu'il en encore bien proche de la colonie et de ses éternels bûchers. N'a-t-il pas compris le message lancé par l'inquisiteur ? La femme esquisse un sourire cynique, le fixe comme un prédateur observerait une proie et finit par lâcher de plus belle.

« Et dire que je t'aie pris pour un Drake... cette méprise de ma part est presque aussi pathétique que ta maîtrise de la magie. »


Elle se gausse, pouffe discrètement sans la moindre honte. Qu'elle est vile, la jolie gitane à la crinière sauvage. Malgré son amusement déplacé, elle n'en oublie pas la ressemble entre cet homme et ses ennemis jurés. L'empreinte-même laissée par son aura avait ce goût amer et piquant comme le souffre de l'enfer. En avait-il seulement conscience ? Sa magie était brute mais avec de l’entraînement et de la patience, cet homme avait la possibilité de faire de grandes choses, restaient à savoir s'ils étaient prêts à cela. Ou non. 

« C'est la vue du bûcher qui t'a remué ? Ou bien son odeur ? Peut-être un peu les deux... On finit vite par s'y faire si l'on trouve la force de ne pas s'imaginer à la place de la victime... »

Souffle-t-elle avec détachement, comme si cela ne l'avait pas touché le moins du monde. Et pourtant, c'était tout l'inverse. Mais Alera aimait ce jeu, elle aimait ce masque de garce insensible qu'elle offrait à qui bon s'en contentait. Et au fond, c'était ce qu'elle est. Elle s'approche doucement, s'arrête à tout juste un mètre du pauvre sorcier esseulé et penche la tête sur le côté, l'observe de son regard perçant avant que ses lèvres ne se tordent en un nouveau sourire malsain.

« J'ai presque failli te tuer tu sais... Tu es bien chanceux, mon ami. »

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le 28.01.17 22:11
Adam fit un bon de surprise quand il entendit le son de la voix d’Aleera. Lui qui se sentait seul, c’était rater. Son cœur manqua un battement, il avait été imprudent, un véritable idiot ! Puis il réfléchit. Il n’avait pas été aussi imprudent que ça, il avait fait attention à ce qu’il n’y ait personne aux alentours. Pas si bien que cela, certes, mais s’il n’avait pas vu La Gitane, c’est parce qu’elle s’était intentionnellement cachée. S’enfoncer plus dans la forêt n’eut servi à rien, si elle était au bûché et qu’elle était là à présent, c’est qu’elle l’avait suivi, mais le pourquoi échappait à Adam.

Il observa la femme qui l’avait surpris en plein crime hérétique. Elle était… magnifique.  Le genre de beauté fatale dont on ne s’approche pas sans se brûler les ailes. Adam analysa dans sa tête les paroles de la jeune femme. Avait-elle affirmé l’avoir confondu avec un Drake ? Mais quel lien avait-il avec les Drake pour qu’on le confonde ? C’était une famille de nobliaux pédants, sous-nobles ne sachant pas où étaient leur place et qui passaient leurs temps à se pavaner comme des gens respectables tout en étalant de tout leur dédain les richesses dont ils sont si fiers. Des hommes et femmes vaillants en apparence, et beaucoup s’y laissaient prendre, mais des familles comme celle-là, Adam en avait vu à la pelle durant son enfance et avait appris à les reconnaitre. Dans leurs paroles se tenait le miel, mais dans leurs actes se cachaient la ciguë. Bref, ces gens se sentaient nobles et s’habillaient en tant que tel. Tandis qu’Adam… ses habits de servant était tellement rapiécés que même les gitans dont faisait partie la demoiselle en face de lui paraissaient élégants en comparaison. Et elle, quels liens entretenait-elle avec les Drake ? Était-ce pour l’avoir confondu ainsi qu’elle avait eu soit disant l’intention de le tuer ? Là encore ces questions allaient devoir attendre puisqu’il ne pouvait les posé de but en blanc.

Elle jouait avec lui et en cela, elle lui rappelait Caoimhe. C’était d’ailleurs bien le seul point commun qu’il aurait pu leur trouver. L’avantage c’est que grâce à l’entrainement intensif qu’il avait eu avec sa maitresse, il était habitué à la situation. Elle cherchait à le déstabiliser, et si ça avait marché, il ne fallait pas le laisser paraître. Toujours assit, Adam détourna son regard pour observer de nouveau calmement le feu. Ce geste était dans un premier temps un moyen de marquer sa confiance puisqu’il n’observait pas la personne qui s’était clairement présenté comme une ennemie. Dans un second temps, c’était pour éviter les yeux de la gitane. Si elle voulait le troubler, elle n’avait en réalité même pas besoin de parler, son simple regard déstabilisait le jeune homme plus que de raison. Heureusement, Adam avait un talent naturel pour cacher ses émotions et jouer la comédie. Son regard dans les flammes, il déclara d’un ton légèrement cynique :

« On s’habitue hein ? Et bien si s’habituer implique de devenir une folle qui suit les gens dans les bois pour les assassiner sous prétexte d’une quelconque affiliation à une lignée, je préfère encore ne pas m’habituer, et m’énerver à chaque tribunal inquisitorial. »
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le 30.01.17 17:12

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Souillure infernale
Un rire sournois passe les lèvres de la gitane qui s'amuse de la réaction de son interlocuteur. Offusqué ? Il a toutes les raison du monde de l'être vu le peu de considération dont elle a fait preuve envers lui. Impolis, sans la moindre once de délicatesse, la femme l'a jugé, menacé et même presque humilié. Mais c'est tout Aleera ça, elle rivalise de loin avec Duncan. Elle n'hésite pas à cracher son venin, à laisser serpenter son esprit malsain pou venir gangrené le cœur et les âmes de ceux qui en possède encore une. Mauvaise comme la peste, odieuse comme la pire des mégère. Ô Aleera, ignoble Aleera.

« Estimes-toi heureux, en générale il m'en faut moins que cela pour arracher le cœur et les entrailles de mes victimes. »

Souffle t-elle avec un sourire qui en dit long sur ce qu'elle est. Un monstre horrible caché sous les traits délicat d'une jeune femme aux traits doux et délicat. Doux ? Non, son regard la trahit, sans humanité, froid, mué d'une lueur mystérieuse et de très mauvaise augure. On ne croise pas les yeux avec elle, comme certain n'oserait pas croisé le fer avec un soldat. Lentement, elle s'approche, féline dans sa démarche lente, nonchalante alors qu'elle ajuste sa laine sur ses épaules pour se couvrir du froid et du léger rideau de neige qui tombe sur la clairière. Durant un instant, elle observe le buisson en feu qui crépitement chaleureusement comme un bon feu de cheminée. Il compte laisser la chose ainsi ? Aleera pivote le buste, regarde à droite puis à gauche, semble chercher quelqu'un ou quelque chose du regard puis elle murmure sur ce ton moqueur qui sait si bien taper sur les nerfs d'autrui et les agacer au plus haut plus haut point.

« Je serais toi, j'éteindrais vite ce feu avant qu'il ne brûle toute la forêt... »

Où pire encore, qu'il ne désigne leur présence et que l'acte de sorcellerie fait avec si peu de vigilance ne vienne à leur apporter des ennuis. La gitane se rapproche encore, tend la main et glisse ses doigts sous le menton du jeune homme sans la moindre forme d'hésitation. Elle brise la barrière qui les sépare, le force à lever le visage et plonge ses yeux cruels dans les siens pour soutenir ses deux puits ténébreux dont il est doté. Un bien joli regard, plein de tristesse et d'amertume. Un nouveau sourire vient ourler les lèvres de la femme qui le fixe sans sourciller avant de laisser ses paroles machiavélique glisser entres ses lèvres épaisse comme un serpent tentateur le ferait.

« Ou bien ton impuissance t'en empêche t-il ? Je pourrais le faire pour toi, si tu me le demandais... »

Atroce garce qui parle d'impuissance à un homme qui pourtant, ne doit pas être confronter à ce genre de problème. Car la subtilité est là, parle t-elle de sa magie, ou de ses attribue viriles ? Elle se joue de lui, en rit à nouveau alors que l'écho cristallin de sa voix résonne dans la forêt jusqu'à couvrir le crépitement des flammes. D'un geste sec, elle retire sa main, recule d'un pas. Elle le fixe, hilare. Il n'y a qu'elle que ce jeu fait rire mais l'expression de son comparse l'amuse. Compte t-il se laisser faire ou bien va t-il se décider à jouer le jeu et contrer ses paroles vile et malsaine ?
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le 01.02.17 12:57
Adam commençait sérieusement à se demander si l’image de la femme douce n’était pas que des boniments lancés par l’église pour éviter que les hommes ne se tournassent vers l’homosexualité. Car les rares femmes qu’Adam connaissait étaient bien loin de ces parangons de douceur qu’on avait cessé de lui vendre. Et celle-là était clairement la pire.

Il était hors de question qu’il se laissât marcher sur les pieds par cette femme. Elle lui voulait quoi à la fin ? Il était venu là pour se calmer et il fallait que cette gitane vienne lui chercher des poux ! Il n’avait jamais interagis avec les gitans avant cette confrontation. Il était déjà passé dans les bois près de leurs habitations et les avait rapidement observés, poussé par la curiosité, mais il ne s’était jamais rapproché. Qu’aurait-il fait une fois au milieu d’eux ? Toujours était-il qu’il n’avait pas de mauvaises relations avec eux puisqu’il n’en avait pas. Alors pourquoi l’avait-elle suivi jusqu’ici ? Il n’était qu’un serviteur ici, il était personne, alors pourquoi le cibler lui ?

Enfin, pour le moment, peu importait la raison de sa situation. Il était dedans et il fallait qu’il s’en dépêtrât. Il avait donc décidé de foncer dans le tas plutôt que de fuir, et il espérait désormais qu’elle n’était pas aussi prompte à tuer qu’elle ne voulait bien lui faire croire. Surtout qu’il n’y avait que peu de doute sur le fait qu’elle métrisait la magie, et certainement bien mieux que lui. Il avait conscience que si elle décidait de l’abattre, il n’allait pas pouvoir faire grand-chose pour se défendre. La bonne nouvelle de ce constat était que s’il était toujours vivant c’était qu’elle ne voulait pas vraiment le tuer. Mais cela pouvait changer au cours du temps. Et puisqu’il ne voulait pas reculer, et qu’après tout il n’avait pas la certitude qu’elle le laisse partir, il ne pouvait qu’espérer l’emporter par les mots.

Loin de l’intimider, la main qu’avait posée la gitane sur son visage pour le forcer à la regarder n’avait fait que l’énerver. Lui qui était là pour se détendre on pouvait dire que c’était un échec. Elle voulait jouer ? Très bien ils allaient jouer. Mais il lui fallait faire attention car il était tel un mulot fasse à une vipère.

Il laissa passer l’histoire d’impuissance. Si elle voulait virer dans le grivois, il n’avait pas l’intention de la suivre sur ce chemin. Mais il voulait bien aller sur celui de la provocation. Et il avait un autre angle sur laquelle l’attaquer. Il prit un air railleur tant sur son visage que dans sa voix :
« Alors, on a peur d’un petit buisson en flamme ?  Je croyais que tu appréciais la vue d’un bûché ? »
Son cœur battait la chamade. Son corps lui criait de fuir en courant. Mais au contraire il s’avança d’un demi-pas. Sa fierté l’emportait. Il la regardait désormais droit dans les yeux, faisant fi de sa peur et affrontant son regard. Il fallait l’avouer, la partie était d’un tout autre niveau que ses chamailleries avec Caoimhe. C’était également beaucoup plus stimulant.

« Ou bien, crains-tu que ce feu improvisé n’attire les inquisiteurs ? Tu n’as qu’à partir alors, je ne te retiens pas. Adam mit soudainement sa main droite sur son cœur et se mit à surjouer. Ah moins que tu ne t’inquiètes pour moi ? J’en suis touché vraiment, mais tu n’as pas peur que ta réputation de tueuse sanguinaire n’en prenne un coup ? »

Il avait le sentiment de faire une partie d’échecs. Il avait bougé son fou, maintenant c’était à elle de jouer.
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le 02.02.17 16:22

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Souillure infernale
Alors, on a peur d’un petit buisson en flamme ?  Je croyais que tu appréciais la vue d’un bûché ?

Outch. Quelle vilaine répartie ! Aleera esquisse un rictus alors que son regard se fait plus froid, plus dur. Celui-là, il lui plaisait drôlement... La gitane avait toujours préférer les gens avec qui elle pouvait entretenir quelques joutes verbales. C'était appréciable, cependant elle doutait que l'homme en face d'elle puisse en tirer un plaisir similaire.

« Je n'ai jamais dit aimer la vue d'un bûcher, jusque l'on s'y faisait... »


La femme retrouve le silence et observe le jeune homme qui s'approche. Sans peur, hein ? Elle l'appréciait de plus en plus, le sorcier. Furtivement, son regard clair se glisse sur le buisson enflammé, attentivement aux nouvelles paroles de son confrère qui semblait d'humeur joueuse et particulièrement taquine. La gitane lâche un rire sournois, plongeant à nouveau son regard dans le sien. Les inquisiteurs ? Ils n'osaient même pas approcher les gitans, préférant de loin imposer leur dominance inutile sur la petite peuplade de la colonie. Elle ne les avait jamais craint et ne le ferait probablement jamais... Non, c'était plus que de la crainte en réalité, c'était du dégoûté, pure et dur. Il était difficile de faire autrement, même pour elle, monstre inhumain. Elle était sans doute sadique, n'avait aucun mal à arraché une vie mais au moins Aleera était honnête avec elle-même. Si elle devait tuer, elle le faisait pour elle et son propre plaisir malsain sans avoir à user d'un quelconque prétexte comme celui d'un Dieu unique et de ses lois stupides.

« M'inquiéter pour toi ? Te voilà présomptueux... »


Pourquoi s'inquiéterait-elle d'un parfait inconnu. Et puis elle n'oubliait pas sa dérangeante ressemblance avec les Drake... Cela la minait, au fond. Pourtant il était nettement moins ennuyeux, loin d'être accablé par les secrets et la discrétion qu'imposait la haute société de la colonie. Sans être dérangé de cette proximité, c'est avec une indécence toute particulière qu'Aleera lève les mains, laisse ses doigts fins glisser le long du col de son sombre inconnu et d'ajuster d'un geste lent. C'est presque un jeu, tout ça... Comme le chat et la souris. Mais qui était donc le félin, qui était le rongeur ? En voilà une bonne question ! Un sourire étire les lèvres de la femme qui plisse doucement le tissus sur les épaules du colons et murmure.

« Et par quel nom dois-je t'appeler ? Quitte à faire connaissance et éviter un bain de sang, autant commencer par la politesse... »
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le 05.02.17 20:47
Pour le coup, la gitane avait pris le jeune homme par surprise comme elle aurait eu du mal à le faire avec une réponse acerbe. Elle souhaitait échanger des politesses ?! Ça il ne s’y attendait pas. Pas aussi vite en tout cas. Il faut croire qu’elle avait apprécié sa répartie, elle ne parlait (presque) plus de le tuer. Mais cela avait réussi à mettre Adam dans une humeur joueuse. Il recula donc d’un pas pour faire une courbette exagéré, qui était et se voulait décalée par rapport à la situation.

« Adam, il faillit dire Howard mais se ravisa assez tôt pour que son doute ne soit pas perceptible. Quatre ans qu’il avait changé d’identité et il lui prenait toujours quelques hésitations sur son nom de famille parfois. Les habitudes avaient la vie dure. Il continua sur sa lancée. Adam Jonson. Mais vous feriez mieux de m’appeler personne c’est plus représentatif de qui je suis dans cette ville. Il enchaina, puisque nous en sommes à échanger des politesses, puis-je savoir ce qu’une demoiselle telle que vous fait à suivre des gens aux hasards des bosquets ? Si je puis me permettre un conseil, si c’est la frayeur qui motive vos poursuites, les enfants et les bourgeois font de bien meilleurs victimes, bien plus impressionnables. »
Il était bien mesquin de sa part de dire cela sachant la frayeur qu’il avait ressenti à son approche, mais après tout, l’hypocrisie faisait partie du jeu. Faire semblant, convaincre, anticiper la réaction de l’autre, les joutes verbales avaient quelque chose de fort plaisant après tout. Plus qu’un jeu d’échecs, c’était une scène de théâtre avec pour seul publique son adversaire.

Si elle pouvait lui dire pourquoi elle l’avait suivi, cela allait beaucoup l’arranger. Car cette question restait un mystère. Il n’avait que la supposition sans certitude que cela avait un lien avec sa soi-disant ressemblance avec la famille Drake. Mais ça ne lui en disait pas beaucoup. Et lui qui avait pour habitude de n’être personne, lui qui s’efforçait de n’être personne, avait été pris pour cible. Il s’était détaché du lot et il devait apprendre pourquoi.

Enfin, il supposait qu’elle avait raison. Ce feu risquait d’attirer du monde si quelqu’un passait par là, et de toute façon il ne servait plus à rien. En employant de nouveau une courte formule, il dissipa l’énergie qui permettait au buisson de rester ignescent. S’en suivit un léger épuisement, comme il était habituel après usage de la magie, plus fort que pour allumer le feu toutefois. Il lui était toujours plus simple d’allumer un feu que de l’éteindre. Il ignorait si ce principe était dans l’ordre naturel des choses ou s’il était lié aux arcanes sataniques. Qu’importe, il avait au moins montré à l’autre harpie qu’il n’était pas "impuissant".
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le 06.02.17 21:46

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Il se détache de son emprise, met de la distance entre eux pour effectuer une courbette surjouée avant de finalement lâché le nom qui lui incombe. Adam ? Comme le premier homme créé par Dieu... Prenant une posture nonchalante, la gitane l'observe croisant les bras sur sa poitrine avec une moue presque attendrit par le comportement du jeune homme. Presque. Tout cela n'est qu'un jeu de faux-semblant, tout comme qu'il s'est incliné avec la grâce d'un chanteur d'opéra. Aleera se gausse, hilare comme si elle observait un bouffon faire son jeu avant d'applaudir doucement. Elle semble de bonne humeur, amusé par la compagnie de l'homme qui se targue de n'être personne. Rien que parce qu'il l'affirme, elle est persuader du contraire. Seul ceux qui veulent passé inaperçu disent n'être personne et généralement, ces gens sont bien plus qu'ils ne le prétendent. Alors qui est-il, cet homme aux cheveux d'ébène et aux yeux profond comme deux puits sans fond ?

« Une demoiselle tel que moi ? Et quel genre de demoiselle suis-je, au juste ? »

L'oeil pétillant de curiosité, elle l'observe sans en éprouver la moindre gêne. Elle l'aime bien, ce petit menteur... Il la nargue tout comme elle l'a fait avant lui. Il lui rend coup pour coup et s'en amuse. A dire vrai, elle aussi s'en amuse. Les bons divertissements sont rares, ceux qui savent lui tenir tête plus encore. Aleera lâche un ricanement sournois et se penche en avant, bras toujours croisé sur sa poitrine serré dans un bustier étouffant.

« Ne t'ais-je pas dit que je t'ai pris pour un Drake ? Ton aura leur ressemble étrangement... Qui sais, peut-être as-tu un lien de parenté avec eux... Dans quel cas je me ferais un plaisir de répandre tes viscères dans cette forêt. »

La femme le contourne, prend un air hautain et dédaigneux pour observer le buisson en flamme qui commençait à s'affaisser sur lui même et laisser une marque de brûlure sur le sol. Comptait-il éteindre ce stupide feu un jour ? Ou bien essayait-il peut-être de l'intimider ? Pauvre garçon, s'il savait... Comme s'il avait entendu les pensées de la gitane, Adam mit rapidement fin à son maléfice, épargnant les restes du buisson au funeste sort auquel il l'avait condamné. Esquissant un sourire, la femme à la crinière sauvage pivote vivement, posant ses mains sur ses hanches voluptueuses et darde ses yeux clair sur son comparse de fortune et demande.

« Dis-moi... Tu crois en Dieu ? Au Diable ? Et à tout ce blabla évangélique qui impose de mettre les gens comme toi et moi sur un bûcher ? »


Un nouveau rire passe ses lèvres et la femme détourne le regard, observant la clairière, les immense pins qui leur servent de refuge pour les quelques minutes à venir.

« Il y a plusieurs décennies... Les Drake qui sont une lignée de sorcier réputé pour leur adoration de Lucifer... On kidnapper un enfant chez les Belkhan. La lignée des gitans s'est scindé en deux, d'une part celle qui refusait d'agir par peur des représailles et de l'autre, la partie qui voulait sauver l'enfant que les Drake comptaient offrir en sacrifice à leur Diable adoré... »

La sorcière se penche et pose doucement son séant que la souche où Adam s'était assit à son arrivée. A son tour de prendre ses aises, de savourer un peu de repos alors qu'elle reprend son récit, éclairant ainsi les zones d'ombres dans les connaissances de ce monsieur personne.

« Malheureusement... les Belkhan ont échoué. D'une part l'enfant a été sacrifié et a octroyé plus de pouvoir à leur ennemis mais en plus, les Drake ont décidé de leur faire payer pour s'être dressé contre eux. Ils ont jeté une malédiction sur leur famille... Tout enfant qui viendrait à naître, verra son âme vouer à l'enfer et mourra le jour même de son trentième anniversaire. »


La femme ne sourit plus. Elle fixe son interlocuteur froidement avant de se redresser lentement et d'approcher de lui comme un prédateur s'apprêtant à dévorer sa proie. Ses yeux gris sont traversé d'une lueur ambré qui s'éternise, rend son regard irréel et rongé par la magie. Elle est si proche de lui, Aleera. Tellement qu'elle peut sentir le souffle d'Adam sur son visage alors que d'un geste léger, ses doigts effleure sa mâchoire carré.

« Mon nom est Aleera... Je suis une des trois descente des maudits Belkhan. Il est.... fortement conseillé pour toi, de n'avoir aucun lien avec les Drake... Je ne crains fort que cela écourterait grandement ta misérable vie... Personne. »
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le 09.02.17 12:24
Adam fut surpris par le discours d'Aleera. Il ne s'attendait pas vraiment à ce qu'elle lui raconte des détails de sa vie en l'instant. Il écarta la main de la gitane. Décidément, il semblait qu'elle aimait bien lui toucher le visage. Il ne mis pas longtemps à répondre à la menace de la gitane. Si sa réponse fut spontané, s'était tous simplement car il ne s'était pas donné la peine de mentir ni hacher ses mots :

« Mes viscères sont très bien là où elles sont, merci. Et cesse donc de me comparer à ces idiots veux-tu ? tu commences à être vexante. Ton dégout pour ces gens nous font au moins un point commun, bien que je sois bien loin de ta haine.  Je ne supporte tout simplement pas de voir ces macaques se pavaner de la sorte. Un véritable noble n'a pas besoin de faire des pieds et des mains pour paraitre charismatique. Enfin, au son de ton histoire, ils sont plus dangereux que leurs bouffonneries laisse supposer.  Je te dois au moins cet avertissement je suppose. Il marqua un temps d'arrêt. Il hésitait à lui parler de sa magie car il ne savait pas comment elle allait réagir. Il décida toutefois de lui avouer. Elle avait senti quelque chose après tout, s'il n'était pas honnête à ce sujet, elle aurait toujours des doutes quand à sa parenté, et il la voyait parfaitement du genre à régler la question de manière définitive. Je suis surpris d'apprendre que d'autres personnes pratiquent une magie satanique en ces lieux. Mais le récit que tu m'en fais est bien sombre, ils semblent avoir embrassé le coté noir de cette puissance. Toutefois ne te trompe pas. Lucifer donne ce qu'on lui demande, si leurs pouvoirs sont aussi obscurs, c'est qu'ils l'ont voulu ainsi. Tous ceux ayant trait à Satan ne gagne pas en puissance en égorgeant leurs rivaux. Tu m'as demandé si je croyais en ce Dieu et ce Diable ? Comment te répondre non quand je sais qu'une place m'était réservé en enfer le jour même de ma naissance. »

Il ne lui restait plus qu'à prier pour que son interlocutrice détestât seulement les Drake et pas tout ceux lié à Satan. Mais un autre point des paroles d'Aleera avait attiré son attention. Cette histoire d'aura. C'était ça qui l'avait trahi. Elle avait pu sentir sa magie et c'était inquiétant. Il fallait trouver un moyen de la cacher aux autres pratiquants des arts occultes s'il voulait continuer à être discret. Il n'avait que rarement croisé les Drake mais si ces derniers pouvait ressentir son pouvoir, il était certains qu'ils ne lui feront pas de cadeaux. Petit rituel sacrificiel ou simple visite des inquisiteurs, ils avaient sans doute le moyen de faire l'un comme l'autre. C'était en se fondant dans la masse qu'on restait en vie, et s'il était aussi facile à repérer qu'un phare, il n'allait pas faire de vieux os.

La vie de sorcier n'était pas simple, surtout sans mentor. Il ne possédait qu'un livre, certes plutôt exhaustif mais compliquer à lire. Ce n'était pas un manuel pour débutant en magie. Il était fait pour compléter une formation existante, pas pour partir de zéro. Il fallait donc glaner quelques informations glissées de-ci de là, que les matriarches avait écrites malgré la "trivialité" des propos. Il était possible que cacher sa puissance soit une des connaissances de base. Ou au contraire, que percevoir celle des autres n'était destiné qu'au puissants sorciers. Mais à l'heure actuelle il ne savait rien de tout ça et ça compliquait beaucoup sa vie.
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le 09.02.17 17:04

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A chaque secondes qui passent, Adam se montre plus distant mais un peu plus locale. Elle s'en amuse Aleera, de cet arc-en-ciel d'émotion qui déferle chez son comparse, passant de la nervosité à la colère, de la curiosité à la méfiance. Il est fort distrayant ce jeune homme et surtout... Surtout c'est un vilain menteur. Le mensonge elle en connaissait le goût, le son et savait reconnaître ce péché comme si elle en était la mère. Adam mentait, cela se lisait dans ses yeux... Il cachait quelque chose. Quelque chose d'assez gros pour craindre la réaction de la gitane. Et puis, qu'avait-il dit ? La magie satanique, comme si lui-même s'y pliait sans la moindre forme de honte. Pire encore, il lui faisait la moral, prenait le partie d'une sombre entité qui ne réclamait pas nécessairement des sacrifice. Il n'avait pas tord, les Drake avait leur pouvoir comme ils l'avaient voulu mais ce qui les désignait, c'était le prix qu'il devaient payer pour ce pouvoir. Leur âme était aussi souillé que leurs mains étaient tâchées de sang. Alors quand l'homme lâcha de but en blanc, qu'il était lui même voué à l'enfer depuis sa naissance, cette fois ce fut la gitane qui s'inclina en une courbette exagéré, étirant ses jupons avec une fausse élégance alors qu'un ricanement acerbe passait la barrière de ses lèvres.

« Mais tu prêche une convertie, mon ami. »

Elle se redresse la sombre femme et darde sur lui ses yeux atrocement clair et perçant. Il y avait pourtant une différence entre eux, quelque chose de pourtant cruciale. Aleera ajuste ses fripes puis murmure.

« Ton âme est vouée à l'enfer, mais tu la possède encore... La mienne y est déjà. »

Son sourire amusé se fane alors que son faciès se fige dans une expression de dureté intense. Elle n'a soudain plus le cœur à s'amuser, Aleera. C'était un sujet hautement difficile que d'aborder son absence d'âme, c'était ce pourquoi elle et ses frères luttait si ardemment. C'était ce pourquoi elle pouvait tué sans éprouvé la moindre once de compassion, c'était pourquoi la vie n'avait pas d'importance si ce n'est la sienne. Voilà pourquoi elle était si déshumanisé, la gitane. Parce que âme brûlait déjà en enfer et qu'elle en ressentait les tourments, que son esprit suintait de folie qui lui collait au derme comme un goudron nocif. Elle s'approche à nouveau, plonge ses yeux dans ceux d'Adam alors que le gris de ses prunelles prendre une violente teinte ambré, rougeoyant comme des braises. Ce n'est pas humain, ce regard... C'est infernale, presque démoniaque. Elle n'est rien d'autre que le jouet poupin d'une entité aussi brûlante que sinistre.

« Tu ne sais rien de l'enfer, mon garçon... Tu tire ton pouvoir d'une créature mensongère... je suis peut-être un monstre sanguinaire mais moi au moins, je n'ai pas l'idiotie de me plier à ce jeu macabre auquel tu te vante d'appartenir. Mais fais donc, lorsque tu devras en payer le prix, tu comprendras. »


Finalement, un nouveau sourire étire les lèvres de la femme dont les yeux s'éteigne comme une flamme sur laquelle on souffle. A nouveau de ce gris clair, les yeux se détournent puis sa silhouette en fait de même alors que la gitane s'éloigne d'un pas, puis d'un autre, laissant ses pas marqué la neige, la faisant crissé doucement.

« Ou alors... je peux t'apprendre. »

Sournois, elle croise les bras sur sa poitrine et glisse vers lui un regard pétillant de malice. A quoi jouait-elle, au juste ? Un apprentie ? Voilà un parie fort risqué, un choix que Duncan et Dimitri ne saurait approuvé.

« Qu'en dis-tu ? Si je t'apprenais à faire usage de la magie sans passer par le grand cornu... ? »

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le 14.02.17 15:33
La surprise qu'avait eu Adam lorsqu'Aleera lui avait demandé son nom n'était rien en comparaison de celle qu'il éprouvait maintenant. Il resta bien cinq secondes le regard fixe et la bouche très légèrement ouverte, lui donnant des airs d'ahuris. Mais il fallait avouer qu'en l'instant, il n'en avait pas que les airs, les mots qu'il avait parfaitement entendu refusaient de s'assembler ensemble pour former une phrase cohérente.  

« Je... Quoi ? Il commençait à se ressaisir mais il fallait bien un temps d'adaptation. Toi qui est venue dans le but  de m'égorger, tu souhaites désormais devenir mon mentor ?  J'ai du louper quelques étapes dans la conversation, à moins que tu ne blagues ? Et si de la plaisanterie, ta phrase n'en a que les allures, quelle serait ta récompense d'une telle affiliation ? Car si je suis stupide, je ne le suis pas assez pour penser que seul le Malin à un prix pour ses actions. En réalité rares sont les individus charitables et je t'associe bien mal à ce cercle fermé. »

Il avait posé la question sans détour car il ne comprenais réellement pas ce que la Gitane avait à gagner de faire de lui son disciple. Hormis détourner un "fidèle" de Satan de sa voie, mais la rétribution était bien faible face à l'effort. Elle semblait avoir interprété son aveux comme une fierté. Pourtant, Adam était en réalité bien loin d'être dévoué au diable. Il avait reçu sa magie de lui c'était tout. Sans doute qu'un homme pieux aurait rejeté cet héritage, mais Adam ne faisait pas partie de cette catégorie d'individu. Il aurait aussi pu le rejeter par colère, après tout, ce don était la source de la plupart de ses soucis. Il se serait bien passé de visiter le nouveau continent surtout dans ces conditions, mais il jugeait l'idée stupide. Sa magie était là, ses problèmes aussi. Rien ne pouvait changer cela et renier ses aptitudes n'allait pas modifier le passé. En bref, il avait des capacités ésotériques, un guide pour s'en servir, il les utilisaient. Point. Vouer un culte ne faisait pas partie du lot. S'il avait la possibilité d'apprendre une autre forme de magie, il n'allait pas se dérober par adoration.

Seulement, la personne qui lui proposait de le former était loin d'être idéale. Folle serait sans doute un doux pléonasme pour qualifié la gitane. Et de nombreux point venaient ternir le tableau déjà sombre. Qu'irait-elle lui enseigner ? Par quelles méthodes ? Elle était sans l'ombre d'un doute capable de le tuer pour une impulsion de colère, mais en était-elle même capable par ennuie ou désintérêt ? Un coup de poignard dans le cœur était si vite arrivé... En suivant l'hypothèse qu'Aleera était sérieuse, ce qui était déjà un pari conséquent, Il allait devoir choisir quoi écouter entre sa curiosité maladive, et sa méfiance qui lui disait de fuir le plus vite possible.
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le 28.02.17 19:53

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« Que-que-que-quoi ? »

Se moque Aleera sans vergogne en imitant le ton abasourdie et idiot de ce pauvre Adam. Elle lâche un rire soufflé, secouant la tête alors qu'il déverse un flot de parole dont elle se fiche éperdument. Son regard glisse sur les alentours, toujours méfiante quand à la possible présence de la milice qui continuait ses patrouilles et les avait même redoubler depuis cette histoire de meurtres sordide laisser par une bête inconnu.

« Tu peux la fermer ? Juste une seconde. »

Lâche t-elle avait un sourire plus cynique que gentil. Il faut dire que la gentillesse n'était pas vraiment dans ses vertus et son frac-parler avait de quoi faire froid dans le dos. Peu importe sa vulgarité, Aleera allait toujours au fond des choses. Croisant les bras sur sa poitrine, elle darde ses yeux sur le beau brun avant de lâcher, simplement, sans pour autant se défaire de ce ton sarcastique dont elle usait trop fréquemment.

« Tu ne vois juste pas assez loin... réfléchis un instant... ta magie étant proche de celle des Drake, tu pourrais probablement être le mieux placé pour retirer cette malédiction qui nous ronge, mes frères et moi. Il te faut juste apprendre à mieux appréhender la magie et arrêter de faire cramer tout ce qui te tombe sous la main. »

La femme soupir avec ennuie, se détourne de lui, fait quelques pas dans la neige en ajustant le châle qui enserre chaudement ses épaules.

« Et au pire... Si tu n'est pas fichu d'user de magie correctement. Je pourrais toujours te baiser. »

Elle se fige et tourne vers lui son faciès pâle avant qu'un sourire libidineux ne viennent ourler ses lèvres charnues.

« Oh, pardon. T'ais-je choqué ? C'est vrai que là-bas, dans votre misérable colonie, on ne pratique pas la fornication... Quelle tristesse. »

Elle se renfrogne, hausse les épaules avant de le fixer avec un air boudeur surjoué.

« Quoi ? Il faudra bien te trouver une utilité ! Et si ce n'est pas de cette façon, au pire eh bien... je pourrais toujours te tuer, puisque tu semble tenir à cette option. J'accrocherais ton cadavre sur les remparts de la colonie ou bien je peux aussi envoyer ta carcasse aux inquisiteurs ! Quoi qu'il soit, tu es libre de refuser ma proposition... je ne voudrais pas briser ton libre arbitre et influencer ton choix qu'une quelconque façon... »
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le 06.03.17 13:18
Choqué ? Non. Désarçonné ? Indéniablement. Adam n’était pas vraiment surpris que la gitane emploie ce genre de provocations. Mais il restait malgré tout un jeune homme, d’autant plus n’ayant que peu de connaissances sur les jeux de l’amour. La "proposition" d’Aleera le dérouta donc bien plus que de raison. Pourtant, il fit tout son possible pour rien n’en montrer, cela aurait bien trop fait plaisir à son interlocutrice. Il choisit donc volontairement de ne pas rebondir sur la remarque et de détourner le dialogue sur un autre sujet.

J’apprécierais que la conversation cesse de tourner autour de prévisions de mort imminente, surtout quand il s’agit de la mienne. Bon, J’ai compris le message, les longs discours ne sont pas pour te plaire, donc je te propose une dernière question avant de te laisser vaquer à tes autres activités de démente en paix. As-tu conscience de ce que signifie enseigner ? car la patience est une vertu nécessaire, et… comment exprimer à quelle point je t’en sens dépourvu ? J’ai reçu plus de menace de mort ces  dix dernières minutes que durant le reste de mon existence. Alors si tu penses être capable de résister à l’envie de m’égorger à chacun de mes échecs, Là, peut-être pourrais-je envisager d’accepter ta proposition.

Sans attendre sa réponse, Adam commença à se retourner pour partir d’ici, tranquillement. D’abord car il n’avait en effet plus grand-chose à dire, ensuite, car c’était également un moyen de provoquer Aleera. Il se demandait si elle allait laisser couler sans rien faire, ou si elle allait le coincer, désirant décider par elle-même quand une conversation était terminée. Il l’imaginait bien du second type, après tout, les dominatrices veulent tout contrôler.

Il ne savait toujours pas comment considérer la proposition d’apprentissage de la gitane. Elle était dangereuse, c’était certain. Il n’avait pas besoin d’une démonstration pour s’en rendre compte. Faire partie de son entourage était mauvais pour l’espérance de vie. Il le savait mais il était prêt à accepter malgré tout. Car sa vie était ennuyante. Lorsqu’il était jeune, il ne se rendait pas compte, faute d’avoir connu autre chose, que la vie de château était plus intéressante que beaucoup d’autres. Car passer son temps à apprendre, même auprès de précepteurs, est bien plus intéressant que de passer son temps à servir. Sa vie était la monotonie incarnée, et il voulait se sortir de là, sans aucunes idées de comment faire. Et si Aleera n’allait certainement pas représenter une porte de sortie, si ce n’était en l’envoyant six pieds sous terre, mais le danger était excitant. Il faisait battre son cœur et lui faisait du bien dans sa morne existence. Un plaisir quelque peu masochiste, il fallait en convenir, mais plus attrayant que les rares distractions qu’il avait l’occasion d’avoir en dehors. Et dans l’hypothèse, certes, peu probable, que cela se passerait bien, il aurait peut-être ensuite la capacité de reprendre sa vie en main. Adam était une marionnette qui était sur le point de s’offrir à de nouvelles mains, en espérant que ces dernières lui donnent les ciseaux pour couper ses fils.
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le 12.03.17 13:54

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Il cause, il menace à son tour. Adam n'a pas perdu et sa langue et Aleera se contente de le fixer avec un pâle sourire sur ses lèvres charnues. Il disait la vérité, combien de temps tiendrait-elle avant de vouloir l'étriper ? Et s'il lui tenait tête ainsi durant son apprentissage, pas sûr que la jeune femme puisse se retenir d'un geste malheureux. La gitane soupir, bascule la tête en arrière, visiblement agacé et ne cherche même pas à s'en cacher.

« Et dire que pour une fois, j'ai tenter de faire un effort. »

Se contente t-elle de lâcher, sans forme de bienséance, observant la neige qui tombe et tourbillonne jusqu'à fondre sur son visage. La femme fini par abaisser son faciès, observe son comparse et dodeline de la tête doucement. Son jeu est étrange, elle n'a pas l'air de prendre la menace au sérieux et pire encore, elle semble s'en ficher éperdument. L'insulte, l'accusation, ne lui donc rien ? Oh que si, c'est son ego auquel Adam s'attaque mais ce qu'il ne sait pas, c'est qu'Aleera lui réserve un petit quelque chose de son cru. Alors qu'il lui tourne le dos, qu'il s'éloigne tranquillement, la jeune femme fait un pas en avant, un large sourire se dessinant sur sa bouche épaisse.

« Oh, Adam, attends ! »

Gémit-elle d'un ton faussement adorable et théâtrale. Alors qu'elle ajuste son châle sur ses épaules et croise les bras sur sa poitrine avant d'ajouter.

« Finalement tu as raison, t'avoir comme apprentie serait désastreux... Par contre, sache une chose, je n'aime pas les menaces ou ce qui y ressemble de près ou de loin... Alors je me disais, et si je faisais parvenir un message aux inquisiteurs, qu'un certain Adam Jonson, est un sorcier ? »

Elle hausse les sourcils, mime la surprise avant de de lâcher un rire gras et amer.

« J'ai entendu dire qu'un certain Alphaeus Vail était redoutable pour dénicher les hérétiques ! Je suis sûr que juste un prénom lui suffirait pour qu'il mette la main sur le sorcier en question ! Cela lui prendrait sans doute quelques jours pour fouiller la ville ta recherche mais... Je suis sûr que le feu de joie qui te sera dédié sera grandiose! »

Lentement mais sûrement, la femme le rattrape, se glissant contre lui, toujours avec ce sourire aux lèvres. Elle rit, gorge déployée. Elle était presque sereine et innocente. Pourtant elle n'en restait pas moins ce monstre qui sur l'instant, le fixait à nouveau avec une lueur ambré et démoniaque dans les yeux. Alors qu'elle ajuste le col d'Adam, elle soupir à son attention.

« Mais... Peut-être vais-je me montrer magnanime et... faire comme si toi, Adam, tu n'existais pas. Peut-être... Vais-je ignoré la forte attention qui me parcours le corps, d'envoyer ce message à cet inquisiteur. »

Elle le libère, elle lui sourit toujours plus avant de reculer doucement et de souffler à nouveau, agitant les doigts dans un signe chaleureux.

« Au revoir Adam, attention où tu laisses traîner tes flammes... »

Un clin d'oeil, à nouveau ce rire malsain et déjà, la femme s'en est aller. Elle le laisse là, l'abandonne dans la forêt, à sa solitude. Mais peut-être vaut-il mieux pour Adam d'être seul quant la compagnie de la terrifiante et immorale gitane.
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le 27.03.17 16:55
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